Rudy Molard perd le maillot rouge, l’équipe garde le moral !

La très belle aventure de Rudy Molard avec le maillot rouge de leader du Tour d’Espagne sur le dos a pris fin à 5 kilomètres de l’arrivée de la neuvième étape, gagnée en solitaire par l’Américain Ben King (Dimension Data). C’est mission accomplie pour l’équipe Groupama-FDJ, à la veille de la première journée de repos et avant de se mettre totalement au service de Thibaut Pinot.

Elle était longue et difficile cette étape, avec trois difficultés précédant l’ascension finale vers le sommet de La Covatilla. Treize coureurs se sont échappés et seuls les équipiers de Rudy ont roulé en poursuite avant que d’autres équipes ne viennent collaborer à moins de cinquante kilomètres de l’arrivée. Cette phase de course a rappelé, s’il en était besoin, l’état d’esprit régnant dans ce groupe depuis le départ de Malaga.

« Ils ont démontré beaucoup d’envie et il n’y a pas de regret à avoir. » T.Bricaud

« Je retiens que c’est une belle expérience pour Rudy que d’avoir porté le maillot pendant quatre jours, dit Thierry Bricaud, et ça a permis au collectif de se mettre bien en place, aux gars de comprendre qu’ils ont les mêmes jambes que tout le peloton et qu’il n’y a pas de complexe à faire par rapport aux autres. Ils ont magnifiquement défendu le maillot aujourd’hui encore. Ce sont les sprinteurs qui ont imprimé le tempo dans les premiers cols. Marc Sarreau, Benjamin Thomas et Antoine Duchesne se sont magnifiquement mis au service de l’équipe et d’un copain. Ils ont démontré beaucoup d’envie et il n’y a pas de regret à avoir parce que Rudy, à deux heures de la fin, nous avait dit qu’il n’était pas dans une grande journée.  »

Dans un dernier col battu par le vent, le rythme du peloton a été intense et c’est donc à cinq kilomètres du sommet que Rudy Molard a perdu le contact. Il a fini a plus de trois minutes des costauds.

 « Je suis très fier de mes équipiers » R.Molard

« Je voulais le garder jusqu’à ce dimanche, c’est mission accomplie, assurait-il avec le sourire après l’arrivée. J’en ai bien profité, c’était magique de vivre quatre jours en rouge. Aujourd’hui encore, l’équipe a fait un super boulot, je suis très fier de mes équipiers, notamment de Marc Sarreau et Benjamin Thomas qui ont roulé dans les cols. Pour moi, ce n’est que du positif même si dès le début d’étape, je ne me suis pas senti très bien, je n’ai pas bien digéré le petit déjeuner. Je n’étais pas dans une bonne journée. J’ai tout donné mais il n’y a pas eu de miracle  ».

Au fur et à mesure de l’ascension, le peloton des favoris s’est effiloché et Thibaut Pinot a tenu son rang, même s’il a lâché 25 secondes dans le dernier kilomètre à Quintana (Movistar), Izagirre (Bahrain-Merida), Kelderman (Team Sunweb) ou Simon Yates (Mitchelton-Scott), le successeur de Rudy Molard en tête du classement général. Il a bouclé l’étape en douzième position dans le sillage de Valverde (Movistar) et remonte à la seizième place du général.

« J’ai de bonnes sensations » T.Pinot

« C’était très difficile, il y avait beaucoup de vent, dit-il. On a toujours été en prise. Nous avons fait du mieux possible mais c’est dommage de perdre le maillot. Perso, je ne suis pas si bien que je le pensais, j’espère que c’est la chaleur qui m’empêche de développer ma puissance. J’ai de bonnes sensations mais il m’est impossible de monter dans les tours. Il reste deux semaines, je vais prendre mon mal en patience mais j’y crois. Je ne suis pas top mais je suis quand même là et c’est ce qui est rassurant pour moi.  »

« Thibaut a fait une belle montée sans être à son meilleur niveau, confirme son directeur sportif. Il perd quelques secondes mais avec la deuxième et surtout la troisième semaine très difficile à venir c’est de bon augure ! »

Par Gilles Le Roc’h