Sur les routes belges, l’audace n’a pas été récompensée ce vendredi. Romain Grégoire a en effet été un protagoniste majeur de la Flèche Brabançonne, qu’il a lui-même décantée à trente kilomètres de l’arrivée. Progressivement rejoint par quelques coureurs, le Bisontin a occupé les devants de la course jusque dans le dernier kilomètre, avant le retour in-extremis du peloton. Dans un emballage final à l’arrachée, il a malgré tout trouvé les ressources pour signer une solide, mais naturellement frustrante quatrième place.
À l’approche de la campagne des « Ardennaises », et quelques jours après le terme des « Flandriennes », le peloton s’aventurait ce vendredi sur une épreuve à mi-chemin entre ces deux catégories. Sur la Flèche Brabançonne, un terrain vallonné était ainsi proposé aux coureurs, avec quelques monts pavés sur le circuit final d’Overijse. Celui-ci, à boucler à trois reprises, incluait quatre bosses, dont seulement deux asphaltées, au contraire de l’Hertstraat et de la Moskesstraat. C’est après quasiment cent kilomètres « en ligne » que le peloton a entamé la première boucle autour de la commune d’arrivée, et l’Équipe cycliste Groupama-FDJ United a d’abord couvert les offensives lancées par les formations rivales. Peu avant le second passage sur la ligne, l’échappée matinale a rendu les armes et une nouvelle course a débuté. Romain Grégoire et ses compères ont tâché de l’appréhender du mieux possible, et ont d’abord franchi Hertstraat en bonne position, avant que Lorenzo Germani et Kevin Geniets ne déposent idéalement leur leader au pied de la Moskesstraat (500m à 8%). Le puncheur franc-comtois a dès lors fait parler ses qualités, et s’est détaché seul avant de voir le retour d’un concurrent au sommet. « Avec la distance raccourcie, le nouveau parcours avantage une arrivée au sprint, expliquait Stéphane Goubert. Romain se devait de prendre l’initiative, et il l’a prise, donc bravo à lui ».
« Je suis dégoûté », Romain Grégoire
Face à un peloton encore conséquent pointé à vingt secondes, le coureur de la Groupama-FDJ United a d’abord insisté en duo, avant que Benoît Cosnefroy n’opère la jonction, tout comme trois autres concurrents peu après. À l’entame du dernier tour, un groupe de six menait donc les débats, mais avec seulement une poignée d’avance sur le peloton. Malgré une poursuite active à l’arrière, les hommes de tête ne se sont pas désunis et comptaient encore vingt secondes d’avance à l’issue de la dernière Moskesstraat, à onze kilomètres du but. Dans l’ultime bosse du parcours, l’écart s’est stabilisé, mais restaient alors plus de sept bornes à couvrir pour rejoindre la ligne. L’échappée a maintenu son capital temps durant un moment, mais lors du retour vers Overijse, le peloton s’est dangereusement rapproché. « L’entente était bonne, mais personne ne voulait trop en faire, expliquait Romain. Ce n’était pas un final facile avec cet enchaînement de montées donc on ne pouvait pas se permettre de se livrer totalement sur les relais. Chacun passait son vélo mais on aurait peut-être pu rouler plus fort. Je ne me suis pas trop retourné dans les 2-3 derniers kilomètres, j’étais vraiment focalisé sur la victoire ». « La longue ligne droite vent de face n’a pas aidé dans le final, complétait Stéphane. On pensait qu’Alpecin-Premier Tech sacrifierait l’équipier de Del Grosso, mais ils ne l’ont pas fait. C’est dommage pour nous, et pour eux ».
Car en raison du travail des équipiers encore présents dans le peloton, le groupe de six fuyards a été avalé dans les pentes du dernier kilomètre menant à l’arrivée. D’ultimes attaques sont intervenues, mais tout s’est finalement décidé dans un sprint d’une quarantaine d’hommes. « Romain marchait fort car il a réussi à se remobiliser en très peu de temps pour aller faire le sprint, et jusqu’à dix mètres de la ligne, il était troisième », ajoutait Stéphane. Le puncheur français a finalement coupé la ligne en quatrième position tandis que la victoire est revenue à un homme du peloton, Anders Foldager. « Il n’y a pas trop de regrets car je ne pense pas que j’aurais pu jouer autrement, mais je suis dégoûté, confiait Romain. Je pense avoir bien couru tactiquement. J’ai déclenché la course, je me suis vraiment mis en position de gagner. Mais ce n’est pas le tout d’avoir les jambes, il faut aussi parfois de la réussite pour gagner, et il en a un peu manqué aujourd’hui ». « Cette quatrième place est frustrante car il est clair qu’on venait pour la victoire, affirmait Stéphane. Globalement, les coureurs ont répondu présent dans toutes les phases de course où on leur avait demandé d’être vigilant. Il n’y a rien à leur reprocher, et il faut cultiver cet esprit offensif. Cela ne marchera pas tout le temps, mais ça permet d’emmagasiner de la confiance pour tenter d’autres choses. Il reste désormais les trois principales Classiques, et il faut qu’on garde cet état d’esprit ».