La – longue – première semaine du Tour d’Espagne est arrivée à son terme. Sur des profils divers et variés, l’Équipe cycliste Groupama-FDJ United a bien tenté de tirer son épingle ces derniers jours. Guillaume Martin-Guyonnet (14e) et Rudy Molard ont d’abord intégré une échappée concluante vendredi, avant que Bastien Tronchon ne signe une belle septième place, samedi, dans un sprint massif. Clément Berthet, quant à lui, continue de faire preuve de fiabilité en montagne et pointe à la onzième place du classement général à la veille de la première journée de repos.
Au sortir de la sixième étape de la Vuelta, lors de laquelle Tadej Pogacar avait déjà signé son troisième succès, une porte semblait s’ouvrir vendredi en direction d’Aramón Valdelinares. Dans une journée cumulant 3500 mètres de dénivelé et se concluant à près de 2000 mètres d’altitude, les baroudeurs avaient – enfin – la faveur des pronostics. « On se doutait que l’échappée pouvait aller au bout, et ça a d’ailleurs beaucoup bataillé au départ, témoignait Benoît Vaugrenard. Il fallait absolument être présent et il fallait surtout l’un de nos grimpeurs devant ». Après une trentaine de kilomètres de lutte, c’est Guillaume Martin-Guyonnet qui est parvenu à se faire une place dans un groupe de poursuite d’une vingtaine d’unités, en compagnie de son compère Rudy Molard. « C’était une bonne situation pour nous mais il y avait cinq clients devant, dont Van Aert, Leknessund et Johannessen, reprenait Benoît. Ils ont fait un très gros numéro ». Si bien que le groupe de contre n’est jamais parvenu à boucher la minute trente qui le séparait de ce quintet. Dans la montée finale relativement roulante (10 km à 6%), aucun poursuivant n’est même parvenu à leur contester la victoire, finalement cueillie par Andreas Leknessund.
« Le top 10 a fait du bien à Bastien moralement », Benoît Vaugrenard
Guillaume Martin-Guyonnet a lui obtenu la quatorzième place du jour. « Guillaume et Rudy se sont bien battus, et il n’y a aucun regret, assurait Benoît. Il en manquait un petit peu à Guillaume sur la fin, mais il a réussi à être devant et c’est toujours bon pour le moral. Il est aussi remonté treizième au général, juste derrière Clément qui a bien limité les dégâts ». Avant une ultime explication attendue dimanche, les grimpeurs étaient supposés connaître un peu de répit samedi dans une étape promise aux sprinteurs. Une seule difficulté figurait au menu de la journée, et un seul coureur s’est d’ailleurs projeté à l’avant. Pour autant, l’emballage massif a été précédé de nombreuses péripéties, dont l’abandon du maillot rouge Tadej Pogacar. « On pensait que ce serait une journée tranquille, mais étant donné qu’il ne s’est pas passé grand-chose durant l’étape, il y a eu beaucoup de nervosité dans le final, expliquait Benoît. Les coureurs sont entrés dans les vingt dernières bornes avec beaucoup de fraîcheur, et ça a donné une course très rapide, très dangereuse, où ça frottait beaucoup. Il y a eu la chute de Pogacar, et d’autres par la suite. Il fallait être vigilant, passer à travers, et ça s’est bien passé pour nous. Ensuite, on avait l’objectif de faire un beau sprint avec Bastien ».
Resté sur sa faim lors des deux premiers sprints, le Chambérien de 24 ans est cette fois-ci parvenu à jouer la partition quasi-parfaite. « Il a été bien placé par ses coéquipiers, puis il a réussi à rester devant dans les trois derniers kilomètres, ajoutait Benoît. Il était encore bien placé dans le dernier virage. Un petit coup de frein lui a peut-être coûté une ou deux places, mais sans vrai regret ». Bien présent aux côtés des grosses cuisses dans les 200 derniers mètres, Bastien Tronchon a ainsi pu se flanquer d’une jolie septième place. « Il avait la confiance qui lui manquait un peu précédemment, complétait Benoît. Ce top 10 lui a fait du bien moralement ». Conséquence de l’abandon du maillot rouge, Clément Berthet (11e) et Guillaume Martin-Guyonnet (12e) ont quant à eux logiquement grimpé d’un rang au général. En revanche, leurs positions n’étaient en rien figées à l’aube de la dernière étape de la semaine. Près de 5000 mètres de dénivelé positif se dressaient en effet face aux coureurs dimanche vers l’Alto de Aitana (22 km à 6%), avec pléiade de difficultés en chemin. « Malgré l’absence de Pogacar, on n’était pas certain que l’échappée aille au bout, indiquait Benoît. On avait décidé de ne pas trop essayer aujourd’hui, à moins qu’un très large groupe se détache, car l’étape était très difficile. On avait pris le parti de rester dans le peloton, et on a sans doute bien fait au final ».
« C’est encourageant pour la suite », Benoît Vaugrenard
Une vingtaine de coureurs a certes longtemps ouvert la route avec quatre minutes d’avance, mais l’allure infernale dans l’ultime ascension a condamné le dernier fuyard à près de cinq bornes du but, laissant place à une bataille entre les cadors pour la victoire d’étape. Clément Berthet a tenu le tempo du groupe maillot rouge pendant les deux tiers de la montée, avant de terminer à son rythme. « Il a eu un coup de moins bien quand ça a accéléré, on a eu un peu peur quand il a lâché à huit kilomètres du sommet, mais il s’est bien refait, confiait Benoît. Il a quasiment rattrapé le groupe Kuss pour la dixième place ». Au sommet, le Jurassien a coupé la ligne en quatorzième position, à 1’41 du maillot rouge Enric Mas. « Il a vraiment fait une belle montée et c’est encourageant pour la suite, insistait Benoît. On est très satisfait. Il est onzième au général, c’est très bien. On sait qu’un Grand Tour est une course d’élimination. Il va encore se passer beaucoup de choses dans les quinze jours à venir et on espère que la fraîcheur jouera en sa faveur ». Lundi, les coureurs auront d’ailleurs l’occasion de recharger les batteries après neuf jours de course intense, et avant que la course ne reparte de plus belle. « Une échappée risque d’aller au bout mardi, et on va se lancer dans la bataille, ponctuait Benoît. On a coché cette étape, on a plusieurs coureurs qui peuvent s’y illustrer et il ne faudra pas la louper ».