À l’occasion de son Grand Départ depuis Monaco, puis de ses deux premières étapes sur le territoire français, le Tour d’Espagne a connu des issues diverses et variées depuis samedi. Le chrono inaugural a couronné Tadej Pogacar d’un rien tandis que Manosque a été le théâtre d’un final intense lors du deuxième acte, où Bastien Tronchon a crânement tenté sa chance. La parenthèse hexagonale s’est refermée ce lundi avec l’annulation, à quinze kilomètres du terme, de la troisième étape vers Font-Romeu en raison d’une importante averse de grêle. Les coureurs pourront toutefois goûter à la montagne dès mardi en Andorre.
Troisième et dernier Grand Tour de la saison, la Vuelta avait donc choisi de prendre ses quartiers dans la principauté de Monaco, samedi dernier, pour inaugurer son édition 2026. Sur le « Rocher », un contre-la-montre individuel de 9,4 kilomètres faisait figure de première étape, sur laquelle l’Équipe Groupama-FDJ United ne nourrissait pas de réelles ambitions. « C’était un chrono très technique et on savait qu’on n’avait pas de spécialistes, synthétisait Benoît Vaugrenard. L’objectif était simplement que Clément perde le moins de temps possible mais surtout qu’on évite les chutes. Les gars l’ont fait sérieusement, et il n’y a pas eu d’incidents à déclarer ». Enzo Paleni a obtenu la 32ème place de l’étape alors que Tadej Pogacar s’est imposé pour moins d’une seconde face à Ethan Hayter. La bataille pour le maillot rouge a d’ailleurs animé le second acte, qui présentait tout de même 3000 mètres de dénivelé positif avant un final exigeant, déjà emprunté sur les routes du Tour de la Provence. Un profil qui intéressait déjà bien plus les hommes de Benoît Vaugrenard : « L’objectif était de courir autour de Bastien et le placer au mieux avant les trois derniers kilomètres, car on savait que c’était très technique. On s’est positionné en tête de peloton assez tôt, et Bastien a pu aborder le final dans de bonnes conditions ».
« Bastien aura d’autres opportunités », Benoît Vaugrenard
Parfaitement en place à l’entame des trois derniers kilomètres, le puncheur de la Groupama-FDJ United est d’ailleurs sorti de sa réserve plus tôt qu’escompté dans le final exigeant à Manosque. « Bastien a réalisé un beau final, disait Benoît. Il a essayé de suivre quand Van Aert a placé sa grosse attaque à deux kilomètres. Il était quatrième en haut de la portion difficile, ce qui était très bien. Malheureusement, cela l’a un peu mis dans le rouge alors que le reste du peloton a temporisé puis est rentré à la flamme rouge. L’effort qu’il a produit lui a été préjudiciable pour le sprint, mais il n’y a pas trop de regrets. C’était un choix. Il fallait tenter ». Finalement vingt-quatrième sur la ligne après un interminable faux-plat, le Savoyard n’a de fait pas été récompensé de ses efforts. « Même s’il lui en manque un peu dans le sprint, cela montre qu’il marche bien, ajoutait Benoît. C’est bon pour la confiance, et la Vuelta est encore longue. Il aura d’autres opportunités ». Dimanche, la parenthèse française du Tour d’Espagne devait en revanche se conclure par une première arrivée au sommet, à Font-Romeu, au terme d’une ascension relativement roulante (10 km à 5%). La première moitié de l’étape, le long de la côte, a d’abord permis à six hommes de se faire la malle, dont Olivier Le Gac.
« Il y avait beaucoup de vent au départ, on ne sait jamais ce qu’il peut se passer, donc c’était bien d’avoir un homme devant, expliquait Benoît. Il y a d’ailleurs des bordures mais tout est rentré dans l’ordre avec le vent de face ». Les coureurs sont alors rentrés dans les terres pour aller chercher l’ascension précédant celle de Font-Romeu, le Col de Mont-Louis, où Olivier Le Gac a été repris, et où une pluie toujours plus soutenue a bientôt laissé placé au chaos. « Une grosse averse de grêle est arrivée subitement, témoignait Benoît. On est passé de 40 à 15 degrés en quelques minutes. C’était assez impressionnant. C’est tombé tellement fort que les coureurs ont cherché à se mettre à l’abri. Il n’était simplement plus possible de continuer. Heureusement, ils ont trouvé un hôtel le long de la route et ont réussi à s’y réfugier. Cela leur a permis de ne pas avoir trop froid ». À une quinzaine de kilomètres de l’arrivée, la course a donc été suspendue, avant d’être bonnement et simplement annulée. « Elle se serait sans doute terminée par un sprint de trente coureurs, donc ça n’avait pas une réelle importance pour nous, ajoutait Benoît. Mais il faut surtout bien récupérer et ne pas tomber malade ».
Car dès demain, un gros morceau se profile en principauté… d’Andorre, cette fois-ci. Près de 3000 mètres de dénivelé seront à arpenter en à peine 100 bornes, avec l’interminable Port de Envalira (23 km à 5%) dès le départ. « Les champions devraient se jouer la gagne, prédisait Benoît. Clément et Guillaume vont essayer de s’accrocher le plus longtemps possible.«