Pas la journée espérée pour David Gaudu

David Gaudu avait à cœur de répondre présent lors de la première arrivée au sommet depuis la reprise, à l’occasion de la troisième étape du Tour de Burgos. Malheureusement, au terme d’une journée animée par les bordures, le grimpeur breton ne s’est pas retrouvé dans les meilleures dispositions dans la montée finale de Picón Blanco, et n’a de fait pas été en mesure de jouer les premiers rôles. Il aura l’opportunité de retenter sa chance aux Lagunas de Neila, samedi. Avant cela, c’est Arnaud Démare qui reprendra le flambeau vendredi pour une nouvelle arrivée au sprint.

Le Tour de Burgos s’ouvrait ce jeudi aux grimpeurs, en direction du désormais traditionnel Picón Blanco, col à la frontière des provinces de Castille-et-Leon et de Cantabrie. Avant de se présenter au pied du juge de paix de la journée, près de 140 kilomètres étaient néanmoins à couvrir, et neuf hommes ont souhaité ouvrir la route devant le peloton dès les premiers instants : Roger Adrià et Kiko Galván (Kern Pharma), Jetse Bol et Juan Felipe Osorio (Burgos-BH), Gordon Martín (Euskaltel-Euskadi), Marton Dina (Kometa Xsta), Joel Nicolau (Caja Rural), Edward Theuns (Trek-Segafredo) et Nikita Stalnov (Astana). Le peloton s’est longtemps désintéressé du groupe de tête, lui laissant jouir d’une avance de dix minutes après une cinquantaine de kilomètres, moment où David Gaudu était pour sa part victime d’un premier incident mécanique. Malheureusement pas le dernier.

« Les gars ont franchement fait un énorme travail », David Gaudu

Cinquante kilomètres plus tard, en effet, les choses tournaient mal pour l’Équipe cycliste Groupama-FDJ alors que d’énormes bourrasques de vent venaient gifler le peloton. « La course s’est mal goupillée pour nous, constatait Frédéric Guesdon. Au moment du gros coup de force et des bordures, David casse sa roue avant. Il a été relégué très très loin. Il a alors fallu faire redescendre tous les autres car c’était notre seule chance pour l’arrivée du jour ». Le jeune Breton raconte lui-même : « Dans une portion un peu dégagée avec du vent, je remontais le peloton très fort avec Miles et Ignatas. Je me sentais vraiment bien, je sentais que j’avais de la force. Puis il y a eu une petite vague, je touche une roue et ça casse la mienne. Je suis obligé d’attendre la voiture, et sachant qu’on était en 18e position dans la file, ça a mis un peu de temps. Je suis reparti très très loin. Jacopo m’a d’abord attendu avec Miles. On a pu remonter groupe par groupe et ensuite toute l’équipe s’est rassemblée autour de moi pour essayer de combler l’écart ».

Repoussée à plus d’une minute du peloton principal à une quarantaine de kilomètres du but, l’équipe a pu compter sur des alliés de circonstances du côté d’Astana pour mener une chasse effrénée et permettre à David Gaudu de défendre ses chances. « Tout le monde s’est mis à bloc pour le ramener et ils ont réussi à le faire, soulevait Frédéric. Ils ont chassé pendant une vingtaine de kilomètres. Il n’y a rien à dire, ils ont fait du bon boulot. Ce n’était pas une situation évidente, il y en avait vraiment de partout. Ils ont prouvé qu’ils savaient ramener leur leader en cas de pépin ». Après le relais d’Arnaud Démare et des membres de son train, Gaudu a lui-même fait le jump dans une bosse de 3e catégorie, à 25 kilomètres de l’arrivée, pour retrouver sa place à l’avant, accompagné par Miles Scotson. « Les gars ont franchement fait un énorme travail, confiait l’intéressé. Je les remercie car sans eux je n’aurais pas été là au pied de la dernière bosse ».

« David a eu un coup de chaud », Frédéric Guesdon

Bien en place aux côtés des favoris avant les 8500 mètres d’ascension à 9% de moyenne, le leader de la Groupama-FDJ a été contraint de lâcher prise à environ cinq kilomètres du sommet, avant la grosse bagarre. « David n’était pas au mieux, confirmait Frédéric. J’étais à côté de lui dans les derniers kilomètres. Je pense qu’il a eu un coup de chaud, c’est ce qu’il m’a dit en tout cas. Il nous a demandé de l’eau froide, on a dû l’arroser à trois reprises. Ceci peut expliquer cela. C’est vrai qu’il a fait chaud toute la journée, toujours autour de 37-38°C. Avec l’enjeu, il a aussi été pris dans la course lors des bordures. Il est sans doute un peu monté en température, il n’a pas trop eu le temps de s’arroser ou de boire, et au moment où il est arrivé au pied de la bosse, il a explosé ». « Je suis désolé pour les gars car ils ont grillé des cartouches en veille de sprint, regrettait David. C’est une journée à oublier. On manque un peu de chance et on espère que ça va tourner »

Avant une nouvelle opportunité samedi, aux Lagunas de Neila, qui devra lui permettre de « gagner en confiance » dixit son directeur sportif, David Gaudu laissera le devant de la scène à Arnaud Démare, demain, du côté de Roa de Duero où un sprint est attendu. « Normalement, oui, c’est un sprint, conclut Frédéric, mais avec les circonstances de course, on ne sait jamais. Il n’y a pas beaucoup d’équipes qui vont vouloir rouler donc il faudra se méfier des échappées. Arnaud et son train ont dépensé de l’énergie, peut-être plus qu’ils ne l’imaginaient aujourd’hui, mais ce sont les circonstances de course et il faut faire avec. Il faut garder le moral et on va tout faire pour que ça arrive au sprint demain. Il faut aussi parfois passer par ce type d’étape pour progresser ».