Miles Scotson perd le jaune mais Stefan Küng reste dans le match

Lors de la troisième étape du Tour de la communauté de Valence, escarpée et avec arrivée au sommet, les rouleurs de la Groupama-FDJ s’attendaient à être mis à l’épreuve. Cela bien été le cas, et Miles Scotson a d’ailleurs perdu son maillot jaune, bien que l’ayant admirablement défendu dans les trente derniers kilomètres du jour. Son compère Stefan Küng a en revanche réussi à accrocher le premier groupe jusque dans l’ascension finale, et à limiter les dégâts sur la ligne (9e). À la veille du chrono, son exercice de prédilection, le champion de Suisse pointe ainsi au 7e rang du général, à 51 secondes du nouveau leader Enric Mas.

« Miles s’est bien battu », Thierry Bricaud

En direction de l’Alto de la Reina, le Tour de la communauté de Valence invitait ce vendredi le peloton à affronter l’étape reine de l’épreuve, à travers cinq ascensions, un terrain très casse-pattes et surtout une arrivée au sommet. Pour l’Équipe cycliste Groupama-FDJ, détentrice du maillot jaune depuis le premier jour grâce à Miles Scotson, il s’agissait d’un vrai challenge. L’Australien, mais aussi Stefan Küng, avaient encore toutes leurs chances de réaliser un bon classement général, mais cela passait par une grande performance sur les reliefs valenciens pas réellement à leur avantage. « On s’attendait à une journée très dure, d’autant qu’on avait le maillot », commentait Stefan. « On savait que ça allait être difficile pour nous, on n’était pas les mieux armés, resituait également Thierry Bricaud. L’idée était de laisser une échappée pas trop dangereuse se développer puis voir qui allait prendre la course en main. Dans cette perspective, Antoine Raugel nous a bien soulagé. À chaque fois qu’il y a eu une échappée d’une dizaine d’hommes, il était dedans. Étant donné qu’il était encore placé au général, ça permettait de soulager tout le monde derrière. On a filtré pendant une cinquantaine de kilomètres avec nos sprinteurs, qui n’auraient pas pu jouer dans la deuxième partie d’étape ».

Après un début d’étape survolté, une petite échappée s’est finalement détachée après environ 75 kilomètres de course. « Pour ne pas perdre la course, on était obligés d’accompagner un peu les coups, poursuivait Stefan. Heureusement, on avait Antoine devant et la Movistar s’est mise à rouler. Puis c’était sans cesse des montées/descentes, gauche/droite ». « Il nous restait Miles, Stefan et Alexandre dans le peloton, détaillait Thierry. On a récupéré Antoine en cours de route, qui a laissé beaucoup de cartouches aujourd’hui après avoir déjà bien roulé hier ». Finalement, c’est à une trentaine de kilomètres du but, à l’approche de l’ascension d’Otonel (3,1 km à 6,8%) que la course « a vraiment explosé », dixit Thierry. Le peloton s’est très vite réduit à une trentaine d’unités alors que Stefan Küng et Miles Scotson s’accrochaient au train de la Movistar. « Il fallait rester au maximum au contact, poursuivait Thierry. On savait qu’il n’y avait pas beaucoup de tactique, que ça se ferait à la jambe. Ce ne sont pas des spécialistes de ce type de parcours mais ils sont malgré tout longtemps restés au contact ». Dans cette avant-dernière difficulté, une poignée de coureurs est parvenue à faire la différence mais le champion de Suisse, seulement pointé à dix secondes au sommet, parvenait à revenir dans la descente. À peine plus loin à la bascule, Miles Scotson a également tenté de revenir, mais n’a pu combler l’écart. « Il ne lui manquait pas grand-chose au sommet, disait Thierry. Il s’est bien battu pour son maillot, mais on se doutait que ce serait compliqué ».

« Ça va être un beau match », Thierry Bricaud

Stefan Küng, en grande forme, était lui bel et bien présent parmi les neuf coureurs de tête au moment d’aborder l’ascension finale de l’Alto de la Reina (7,2 km à 5%). Le champion de Suisse s’est accroché jusqu’à mi-pente avant de finir au train. « Ce n’est pas mon terrain de jeu favori, mais je pense que je me suis plutôt bien défendu, disait l’intéressé. Avec la perspective du chrono, les autres équipes, en surnombre, savaient qu’elles n’avaient pas à rouler avec moi. Ils ont essayé de me faire le plus mal possible. J’ai essayé d’accompagner au maximum, puis quand Enric Mas est sorti, c’était à moi de rouler à mon rythme pour limiter la casse ». Au sommet, le champion d’Europe du chrono a finalement pris la neuvième place, à 38 secondes du vainqueur espagnol. En raison des bonifications, il en accuse ce vendredi cinquante-et-une au classement général, dont il occupe la septième position. « Demain, on revient sur mon terrain de jeu préféré, annonçait Stefan. J’ai de bonnes jambes, je me sens bien depuis le début de la semaine. Demain, l’objectif est de gagner le chrono mais aussi de reprendre le plus de secondes possibles sur mes adversaires pour faire le meilleur résultat possible au général ». « 51 secondes, c’est beaucoup, mais ça va être un beau match, concluait Thierry. Ça reste possible, surtout au vu des derniers chronos de Stefan et de sa condition actuelle. Cependant, le contre-la-montre n’est pas super long et Mas est capable de bons chronos. Logiquement, Stefan lui reprendra du temps. Tout ? C’est une autre question. Ça va certainement se resserrer, c’est faisable, mais ça ne sera pas simple ».