Inarrêtable Arnaud Démare !

Et de sept ! À l’occasion de la deuxième étape du Tour Poitou-Charentes ce vendredi, Arnaud Démare est allé cueillir son septième succès depuis la reprise, donnée il y a seulement un mois. Sur la lancée de son fabuleux mois d’août et au lendemain de sa victoire in-extremis dans l’étape d’ouverture, le sprinteur de l’Équipe cycliste Groupama-FDJ a cette fois nettement dominé l’emballage final. Il consolide par conséquent sa position de leader au classement général à la veille d’une journée capitale, qui proposera une étape en ligne le matin et un contre-la-montre l’après-midi.

Si l’échappée du jour s’est dessinée après seulement cinq minutes, ce vendredi, dans la deuxième étape en direction d’Échiré, le début de course n’a pourtant pas été des plus paisibles. « On craignait beaucoup le vent aujourd’hui, car c’était assez linéaire et il y avait un bon vent de côté pour partir, expliquait Frédéric Guesdon. En fin de compte, il y a eu beaucoup de tension pour rien car ça n’a pas vraiment borduré. Ça a été une course d’usure malgré tout et cela a probablement dû fatiguer les organismes derrière. On avait pour notre part décidé de courir devant, puisqu’on avait le maillot de leader et qu’on voulait l’étape. Il fallait toujours être vigilant et nerveusement ça a parfois été compliqué ». Tandis que Laurens De Vreese (Astana), Alexis Gougeard (AG2R-La Mondiale) et Damien Gaudin (Total-Direct Energie) se construisaient une avance de trois à quatre minutes, c’est donc la Groupama-FDJ par l’intermédiaire d’Hugo Page, et la Deceuninck-Quick Step, qui venaient dicter un tempo soutenu en tête de peloton. « Quand ce n’était pas vent côté, c’était vent de dos, ça a dû donner une belle moyenne », soulignait Frédéric Guesdon.

« On a remis les choses en ordre », Arnaud Démare

Prudent, le peloton est revenu à moins de deux minutes de l’échappée au panneau des cinquante kilomètres, et il s’est même rapproché à une minute lors du premier passage sur la ligne, situé à 33 bornes de l’arrivée. « Il y avait un grand risque de bordures, du coup on est restés bien vigilants, relatait Arnaud Démare. Ça tendait par moments, mais ça ne pétait pas. Il n’y avait pas de collectifs assez forts. Nous, on se réservait plutôt pour le final, mais il n’y avait pas assez de vent pour faire péter. En tout cas, Hugo et Kono ont fait un gros effort pour revenir sur l’échappé qui comprenait de gros rouleurs ». Derniers rescapés de cette fuite, Gaudin et Gougeard ont rendu les armes à un peu plus de dix kilomètres. Comme la veille, la Groupama-FDJ a donc gardé les commandes en vue du sprint, qui s’est bien mieux préparé que la veille. « Ça s’est très bien passé, confirmait Frédéric. Déjà, Ramon était un peu mieux qu’hier. Il n’était pas content de lui après la première étape. Il a passé une bonne nuit et je crois qu’il était beaucoup mieux aujourd’hui. Ça a donc fonctionné comme ils le souhaitaient ».

Le champion de France, ultime wagon de ce train, confirmait l’impression de son directeur sportif. « Dans le final, on a tout remis en ordre, comme il faut, se satisfaisait Arnaud. Ce n’était pas comme hier, où on s’était loupé. Aujourd’hui, on a vraiment réalisé un train parfait. C’était une arrivée un peu scabreuse, donc on a pris le manche à deux bornes avec Benjamin et Miles, qui ont fait un gros boulot. On passait les ronds-points en premières positions, très vite, et on en ressortait déjà avec une petite avance derrière Ramon. Puis, Jacopo me lance dans le dernier virage à 300 mètres, on vire aux deux premières places et il y avait déjà un petit écart. J’ai fait mon sprint et ça a été une nouvelle victoire au bout. C’est parfait ». « On était satisfaits hier, mais les gars étaient quand même déçus de leur travail dans le final, ajoutait Frédéric. Aujourd’hui, tout s’est bien passé alors ils étaient bien plus contents à l’arrivée ».

« Avec la condition que tient Arnaud actuellement… », Frédéric Guesdon

Auteur d’un sans-faute jusque là, Arnaud Démare est à nouveau attendu demain matin pour une probable arrivée au sprint à Jaunay-Marigny, après environ cent kilomètres de course. Cent kilomètres auxquels il faudra ajouter 22,5 en contre-la-montre individuel l’après-midi. « Demain matin, l’étape convient de nouveau à Arnaud, donc si on peut aller la chercher, on va tout faire pour, assure Frédéric. Ensuite, il faudra qu’il sorte un grand chrono, mais avec la condition qu’il tient actuellement, il ne devrait pas être loin quoiqu’il en soit. S’il peut gagner le matin, ça lui donnerait déjà une vingtaine de secondes d’avance sur le second et il ne devrait pas perdre beaucoup de temps sur vingt-deux bornes ». Qui plus est, l’équipe possède un autre homme placé au général en la personne du vice-champion de France du chrono Benjamin Thomas, sixième à 18 secondes. « Benji a aussi gratté quelques secondes par-ci par-là, il est donc aussi en lice pour le général », concluait Arnaud Démare, désormais vainqueur à sept reprises au cours des vingt-trois derniers jours.