David Gaudu tient tête aux grands favoris

Sur un mur final aux pentes vertigineuses (3 km à 11%) ce mercredi, David Gaudu a été acteur de l’arrivée de la troisième étape du Tour du Pays Basque. D’abord revenu au forceps sur Tadej Pogacar et Primoz Roglic, le grimpeur breton s’est même aventuré à les attaquer dans le dernier kilomètre. Finalement contré dans les derniers instants, il a hérité de la sixième place du jour, à huit secondes du vainqueur Pogacar. Grâce à sa belle ascension parmi les tous meilleurs, David Gaudu remonte au 13e rang du classement général.

Au lendemain de la belle prestation de David Gaudu du côté de Sestao (4e), l’ensemble de l’Équipe cycliste Groupama-FDJ avait pour consigne de rester auprès du jeune Breton ce mercredi, en prévision d’un final redoutable comprenant trois montées dont le terrifiant mur de Laudio. Au départ, les hommes de Franck Pineau et Yvon Madiot n’ont donc pas pris part à la bagarre pour l’échappée, qui s’est étendue pendant une trentaine de minutes. Mikkel Honoré (Deceuninck-Quick Step), Gotzon Martin (Euskaltel-Euskadi), Roger Adria (Kern-Pharma), Felix Gall (DSM), Daniel Navarro (Burgos BH), Lawrence Warbasse (AG2R-Citroën) et Oier Lazkano (Caja Rural) ont finalement constitué le groupe de tête et se sont vus accorder une avance maximale de sept minutes. Peu après la mi-course, la chasse s’est finalement enclenchée au sein du peloton, et la Groupama-FDJ s’y est jointe par l’intermédiaire de Clément Davy.  « On a un rang à tenir et il faut aussi montrer qu’on est là, exposait Franck le soir venu. C’est aussi et simplement une forme de respect envers David. On voulait que ça rentre, car si on veut gagner des étapes, il faut bien qu’on mette la main à la patte ». Le jeune Mayennais a ainsi assuré des relais en tête de peloton jusqu’à une trentaine de kilomètres du but, puis ses collègues ont parfaitement entouré leur leader à l’approche des trois dernières difficultés du jour.

« J’ai couru pour gagner », David Gaudu

« Il fallait impérativement que David soit placé avant les deux premières côtes du final, indiquait Franck. À chaque fois qu’on a voulu bien le placer, il était là, dans les cinq premiers. C’est une source de satisfaction et c’est un vrai boulot d’équipe. Aujourd’hui, les gars ont encore répondu présent. Quand tu as un leader capable de gagner une étape, il faut aussi que les équipiers soient à la hauteur. Ils l’ont été. C’est aussi en leur donnant ce travail là qu’ils vont prendre confiance ». Après avoir passé sans embûches, et dans les toutes premières positions, ces deux premières montées, David Gaudu s’est retrouvé dans un petit peloton d’une quarantaine d’hommes à l’approche du mur final de Laudio (3km à 11%), dont certaines rampes dépassaient les 20%. « Ça a été une course de côte, résumait le jeune homme. J’ai été gêné avant le pied par la chute de Woods et Kelderman, mais j’ai réussi à remonter. Dans la montée, je ne me suis pas affolé, au contraire de beaucoup de coureurs qui risquaient le coup de boomerang. Grâce à la reconnaissance que l’on avait faite, je savais où la pente était la plus forte et donc où produire mon effort ». Constamment en second rideau dans la première partie de l’ascension, derrière Primoz Roglic et Tadej Pogacar, David Gaudu a finalement accéléré à l’approche de la flamme rouge pour recoller au duo slovène. Puis, il ne s’est pas laissé intimider.

« Dans la dernière partie de la montée, j’ai tenté ma chance en espérant que les gros favoris se regardent, racontait-il. Au final, ça n’a pas été le cas. J’ai couru pour gagner, j’ai tenté crânement ma chance. Je préférais ça à juste essayer de suivre sans avoir la possibilité de lever les bras ». Le Breton a finalement été contré à quelques hectomètres de la ligne et a dû se contenter de la sixième place du jour, à huit secondes du vainqueur Pogacar. « Ce qui m’a plu, reprenait Franck, c’est qu’il tente sa chance. Il ne regarde pas Roglic ou Pogacar, il y va ! À peine rentré, il les contre. Il est dans la bagarre, il n’a pas de complexe et c’est en agissant de la sorte qu’on va y arriver. Il confirme en tout cas, dans un plateau hyper relevé, qu’il fait partie des meilleurs mondiaux en montagne ». Grâce à sa performance du jour, David Gaudu poursuit d’ailleurs sa remontée au classement général, figurant désormais en 13e position, à 1’29 du maillot jaune Primoz Roglic. « Ça va bien depuis deux jours, ajoutait l’intéressé, mais il reste trois étapes et autant de « chantiers » sur ce Tour du Pays Basque. Il va falloir continuer comme ça ».

« Je veux qu’il se fasse plaisir », Franck Pineau

Jeudi, une nouvelle étape très accidentée avec la montée d’Erlaitz (4 km à 10%) à vingt kilomètres du terme attend les coureurs. « S’il doit gagner une étape, ce sera à la pédale, concluait Franck. Il lui faudra tenter, comme il l’a fait aujourd’hui. Je ne veux pas trop entendre parler du général. À force de jouer devant, ça vient de toute façon naturellement. J’aimerais qu’on gagne une étape, mais surtout qu’on joue. Je veux qu’il se fasse plaisir, comme il l’a fait hier et aujourd’hui. Le plus important pour moi, c’est qu’il prenne son pied. Il marche bien et on va continuer à sa battre. On va essayer de remettre en place ce qu’on a fait depuis deux jours. Demain, il y a moyen de se faire plaisir et on tentera de saisir l’opportunité si elle se présente ».