« Comme si on ne s’était quittés que 3–4 jours »

La « Conti » reprend du service ! Bien que l’activité ne se soit pas interrompue ces derniers mois, l’équipe continentale Groupama-FDJ s’est enfin retrouvée au complet – ou presque – cette semaine à son quartier général situé à Besançon. Les coureurs ont ainsi pu regagner leur appartement, revoir leurs collègues et re-goûter à un entraînement collectif et intensif. L’un des coachs de l’équipe, Nicolas Boisson, revient pour nous sur ces retrouvailles et les premiers jours de travail.

Nicolas, tous les coureurs de la Conti sont-ils désormais rentrés à Besançon ?

Hormis Sylvain Moniquet, qui est en stage avec l’équipe nationale belge, tout le monde est là depuis le début de la semaine. Hugo [Page] et Paul [Penhoët] étaient déjà revenus depuis un peu plus d’un mois. Clément [Davy] est lui arrivé il y a trois semaines. Les autres sont revenus progressivement au cours du week-end passé, essentiellement en voiture. Il n’y avait pas forcément de préparatifs spécifiques à mettre en place sachant que nous travaillons tous à Besançon, et depuis lundi nous avons plus ou moins repris notre schéma classique de saison cycliste.

« L’idée était de recréer une cohésion d’équipe sur le vélo »

Quel a été le programme de ces premiers jours ?

Lundi, nous avons fait une réunion collective étant donné que nous ne les avions plus vus depuis la mi-mars. Nous avons ensuite procédé à des entretiens individuels avec Joseph [Berlin-Sémon] et Jens [Blatter]. Mardi, nous les avons laissés libres. Ils ont pu faire leurs courses, se réinstaller tranquillement, mais ils sont quand même tous allés rouler sur leur vélo de chrono, qu’ils avaient laissé à Besançon. Ils ont ainsi pu reprendre leurs habitudes. Mercredi, nous avons fait une grande sortie collective de 200 kilomètres jusque dans le Haut-Doubs. Jeudi, nous avons fait du chrono par équipes avec des ‘’runs’’ techniques, tempo et allure course. Ce vendredi, enfin, on a travaillé le sprint avec les trains pour lancer nos deux sprinteurs, à savoir Ziga [Jerman] et Paul [Penhoët]. On boucle une semaine bien chargée et on les laisse donc tranquilles ce week-end. Nous repartirons ensuite sur trois journées très spécifiques la semaine prochaine.

Comment se sont passées les retrouvailles entre tous ?

Ils étaient contents d’être là. Pour ma part, après une heure, j’avais l’impression que je ne les avais perdus que 15 jours. En tant qu’entraîneurs, nous étions en contact avec eux tous les jours sur la plateforme et maximum tous les deux jours au téléphone. C’était surtout agréable de les voir en vrai et non pas derrière un écran ou via des fichiers. Je pense aussi qu’on est une équipe assez bien rodée, et dès notre premier entraînement, mercredi, tout le monde était à l’heure et opérationnel. Comme si on ne s’était quittés que l’espace de 3-4 jours. On n’a pas senti les quatre mois d’interruption. Ceci étant dit, certains coureurs n’avaient plus roulé avec quelqu’un de l’équipe depuis la mi-mars. Alors ils étaient forcément très contents de pouvoir à nouveau sortir en groupe. On a clairement vu et ressenti une vraie équipe jeudi, lorsqu’on a travaillé le contre-la-montre par équipes, et ce vendredi avec l’entraînement sprint. On a senti que les mecs étaient contents d’être revenus.

Ont-ils eu le temps de se retrouver de manière plus posée ?

Ça a tout de même été très chargé pour tout le monde. Les réunions ont duré toute la journée lundi. Mardi ils ont surtout roulé avec leur(s) collègue(s) d’appartement. Mercredi, en revanche, nous avons tout de même passé six heures sur le vélo. Ils ont donc eu l’occasion de bien discuter ensemble. Jeudi et vendredi, les journées étaient plus intensives, et tout le monde est passé au massage, ce qui fait des journées assez chargées au bout du compte. Quoiqu’il en soit, sur cette semaine et la suivante, énormément d’échanges auront déjà eu lieu entre tous.

Quel était l’objectif premier cette « rentrée des classes » ?

L’objectif était avant tout qu’ils puissent rouler ensemble. Tout le monde a été un peu livré à soi-même depuis trois mois. L’idée était donc de recréer une cohésion d’équipe sur le vélo puis de travailler de façon très spécifique, le chrono par équipes et le sprint. Mercredi, on pourra axer l’entraînement sur la montagne avec une sortie dans les Vosges. Vendredi, on effectuera des tests chronos, mais cette fois-ci à titre individuel. Mine de rien, le programme est bien chargé pour nos jeunes.

« Ils sont tous heureux et impatients de reprendre »

Dans quel état physique les avez-vous retrouvés ?

Ils sont tous en bonne condition. On sent aussi que pour la période, ils sont déjà tous bien affutés. On sent qu’ils se sont bien entraînés. Les courses nous diront si on est dans le juste ou non, mais on les a tous fait couper à l’annonce du confinement. Les Français ont ensuite repris sur home trainer tandis que les étrangers avaient le droit de rouler en extérieur. Il y a donc eu des schémas un peu différents. On a quoiqu’il en soit privilégié l’aspect endurance avant de se recentrer sur le spécifique. Nous sommes désormais dans une période de 15 jours hyper spécialisés et l’avantage est qu’ils peuvent réaliser leurs grosses charges d’entraînement en groupe, ce qui permet d’aller un peu plus loin dans l’effort. Lors de la deuxième moitié de juillet, les coureurs pourront récupérer et feront davantage de travail individualisé et spécifique avant les premières courses. Ils sont naturellement tous heureux et impatients de reprendre. Ils savent très bien que la saison ne va durer que trois mois : août, septembre, octobre. Ce seront trois mois importants avec des grosses courses, qu’elles soient avec nous, avec leur sélection ou avec la WorldTeam. Ils vont avoir un programme assez conséquent et uniquement composé d’épreuves de qualité. Ils s’entraînent depuis le mois de décembre, ils sont logiquement impatients.

En parlent-ils déjà avec vous ?

Pas directement, mais on sait que tout le monde est motivé et on le sent surtout par leur implication à l’entraînement et dans la récupération. On a dû les freiner un peu au début, mais de semaine en semaine, ils repassent des caps. Ils se sentent aussi progresser petit à petit et c’est évidemment quelque chose qui doit les booster.

Un stage est-il prévu pour la Conti ?

Plus ou moins… On est tous sur Besançon, on fait donc un mois de stage ici ! Un stage en montagne était envisagé au mois de juillet en Suisse, mais on souhaite limiter les voyages et les contacts avec le monde extérieur. Qui plus est, nous avons tout ce dont nous avons besoin sur Besançon. C’est un gros avantage. Les coureurs peuvent se faire masser, Jacky [Maillot] peut les recevoir. Ils peuvent même participer à des actions organisées par les partenaires, comme Groupama qui est venu jeudi livrer des fruits et des légumes. Ce sont des choses qu’on ne pourrait pas forcément faire si l’on était en stage. L’autre avantage de leur venue à Besançon, c’est qu’ils ont tous reçu leur nouvel AirCode, qui vient d’arriver. C’est une bonne chose car ils ont déjà tous pu le tester et rouler avec, à l’exception de Sylvain. Les retours sont très bons. Les rouleurs et sprinteurs sont très emballés, notamment car il est très aérodynamique, et ils veulent d’ailleurs le garder pour les trois derniers mois de la saison.