Moins d’une semaine après la fin du Tour de France, Clément Braz Afonso a démontré ce samedi sur la Clasica San Sebastian qu’il ne manquait pas de ressources. Au terme d’une course sélective dans le Pays Basque, le jeune Français a ainsi abordé l’ultime difficulté du jour aux côtés des favoris, puis s’est retrouvé à batailler pour la troisième place dans la dernière ligne droite. Dans un sprint en petit comité, il a finalement hérité de la quatorzième position, soit sa meilleure performance à date sur une Classique WorldTour.
Si le grand favori de la Clasica San Sebastian, à savoir Remco Evenepoel, sortait bel et bien du Tour de France, une grande partie du peloton était remaniée vis-à-vis de la Grande Boucle, ce samedi, en territoire ibérique. L’Équipe cycliste Groupama-FDJ United alignait quant à elle seulement deux hommes présents dimanche dernier sur les Champs-Élysées : Quentin Pacher et Clément Braz Afonso. Face à eux, et à leurs cinq acolytes, se dressait un profil comme chaque année redoutable, avec 220 kilomètres de course, plus de 4000 mètres de dénivelé, et surtout les ascensions terrifiantes d’Erlaitz (4 km à 11%) et de Murgil Tontorra (2 km à 10%) pour provoquer la décision dans les cinquante dernières bornes. « On sait que l’épreuve est devenue beaucoup plus dure et sélective depuis l’instauration de ce nouveau parcours, et ça a encore été le cas aujourd’hui », soulevait Philippe Mauduit. Plusieurs ascensions dans la première moitié du parcours ont d’abord usé les organismes avant le franchissement du célèbre mais désormais peu décisif Jaizkibel, à plus de soixante kilomètres du terme. C’est alors bien dans la montée d’Erlaitz que la véritable explication a eu lieu, et Clément Braz Afonso s’est efforcé de tenir le rythme des meilleurs aussi longtemps que possible.
« Une vraie belle performance », Philippe Mauduit
Au sommet, il a basculé à une trentaine de secondes de la tête avec une dizaine d’autres concurrents. « Le scénario de la course a été un peu chamboulé par le problème mécanique de Remco Evenepoel, reprenait Philippe. Clément a été repris par Remco au sommet, puis tous ces coureurs sont rentrés sur la tête de la course grâce, il faut bien le dire, à l’effort du Belge. Malgré tout, c’était déjà bien de pouvoir être là, car il n’y avait qu’une petite quinzaine de mecs devant à ce moment-là ». Avant de passer une avant-dernière fois sur la ligne à Saint-Sébastien, plus de trente coureurs se sont donc réunis en tête de course. Le groupe est resté compact jusqu’au pied de l’ultime difficulté, Murgil Tontorra, situé à dix bornes de la ligne, puis il a volé en éclat avec l’attaque de Remco Evenepoel à un kilomètre du sommet. Clément Braz Afonso a insisté à un troisième échelon, qui a finalement récupéré le premier groupe de poursuivants à l’issue de la descente. À l’entame de la dernière ligne droite, le jeune homme était donc en lice pour la troisième place, face toutefois à des coureurs plus rapides sur le papier. « C’était très bien d’avoir Clément dans ce groupe, insistait Philippe. C’est une quatorzième place à l’arrivée, mais ce n’est pas rien d’avoir un coureur dans le top 15 sur une course aussi relevée ».
Six jours après la fin de son tout premier Tour de France, marqué par de nombreuses échappées, une huitième place à Belfort et une quinzième à l’Alpe d’Huez, Clément Braz Afonso a, quoi qu’il en soit, encore affiché une fiabilité impressionnante. Dans le top 20 de l’épreuve du jour, seuls cinq ont d’ailleurs terminé la Grande Boucle. « Quand tu sors du Tour, c’est quitte ou double à Saint-Sébastien, disait encore Philippe. Soit tu n’as vraiment pas récupéré et tu n’arrives pas à te refaire pendant la course. Ou, a contrario, tu es de mieux en mieux au fil des kilomètres et tu te retrouves dans le final. C’est ce qui s’est passé pour Evenepoel et Carapaz, les deux premiers, mais aussi pour Clément. Pour autant, depuis l’instauration de ce nouveau parcours, on sait que c’est habituellement compliqué pour les mecs qui sortent du Tour. C’est donc une vraie belle performance que Clément a été capable de réaliser aujourd’hui encore. Il va maintenant partir pour une période de repos et je pense qu’elle est bien méritée. Pour une petite moitié de l’équipe présente ici, on va en revanche prendre la direction du Tour de Burgos ».