Tous à l’abordage ! À l’occasion du premier acte montagneux sur le Tour Auvergne – Rhône-Alpes ce vendredi, l’Équipe cycliste Groupama-FDJ United s’est montrée des plus offensives. À la suite d’un départ fou, Maxime Decomble, Quentin Pacher, Guillaume Martin-Guyonnet et Clément Braz Afonso ont tous pris place au sein d’une échappée de soixante coureurs. Le dernier cité en a profité pour grappiller quelques points au classement de la montagne, consolidant ainsi son maillot, mais il s’est aussi flanqué de la meilleure place à l’arrivée : 9e. Son coéquipier normand a rejoint la ligne en 15eposition mais s’est surtout hissé au troisième rang du général avant un week-end vertigineux.
En guise de mise en bouche pour cette fin de semaine particulièrement dense sur le Tour Auvergne – Rhône-Alpes, la sixième étape proposait ce vendredi 3000 mètres de dénivelé positif aux coureurs. Les reliefs du jour se présentaient tout d’abord à la mi-course, avant l’enchaînement de deux difficultés dans le final, vers la ligne située à Crest-Voland (6km à 7,5%). Pour beaucoup, il s’agissait de la dernière opportunité pour les attaquants. Par conséquent, un scénario inhabituel s’est développé dans les tous premiers kilomètres. « On avait décidé d’être offensifs et d’essayer de prendre l‘échappée car ça pouvait aller loin, expliquait Thierry Bricaud. Quasiment tout le monde pouvait aller devant aujourd’hui, à part Clément Berthet qui devait rester au contact des favoris. Il fallait être opportuniste et on voulait mettre plusieurs coureurs à l’avant car on savait qu’il pouvait y avoir beaucoup de monde ». De la théorie à la pratique, il n’y a qu’un pas, et après moins de dix kilomètres, c’est un peloton de soixante coureurs qui s’est en réalité « échappé ». « Ça n’arrive pas souvent, mais ça peut arriver, souriait Thierry. On était très bien représentés avec quatre coureurs, puis on a eu droit à une étape un peu folle en raison des intérêts des uns et des autres ».
« Une belle journée pour nous », Clément Braz Afonso
En tête de course, ce sont donc Guillaume Martin-Guyonnet, le porteur du maillot à pois Clément Braz Afonso, Maxime Decomble et Quentin Pacher qui ont pris place au sein de ce groupe, dont l’avantage est rapidement monté à deux minutes. « Dans un premier temps, Maxime a pas mal roulé dans l’échappée, reprenait Thierry. Il a été distancé dans le Col du Granier à la mi-course, puis on s’est laissé emmener jusqu’au pied des dernières ascensions. Ça a roulé à bloc toute la journée, et en plus de ça, le vent était plutôt porteur ». Surtout, dans la dernière heure de course, l’échappée est parvenue à faire le « break » face au peloton, en le repoussant petit à petit au-delà des quatre minutes. « Certaines équipes ont roulé très fort dans les vallées, témoignait Clément. Ils ont maintenu un tempo très rapide, ce qui nous a permis d’aller au bout. Personnellement, je suis plutôt content de la façon dont ça s’est déroulé. On n’a pas eu besoin de faire beaucoup d’efforts avant le final et j’ai pu prendre des points sans que personne ne me les conteste ». Passé en tête des deux premières difficultés situées à mi-parcours, Clément Braz Afonso s’est également emparé des points dans la première bosse du final, la côte d’Héry-sur-Ugine (11,5 km à 5%). Au sommet de celle-ci, seule une vingtaine de coureurs étaient encore présents en tête, dont lui et Guillaume Martin-Guyonnet.
À la suite d’une courte descente, l’ascension finale a été abordée, et la différence s’est faite dès les premières pentes. « On savait que la gagne allait se jouer dans l’échappée, mais on savait qu’il y avait de gros clients avec Van Gils ou Johannessen notamment », indiquait Thierry. Quatre hommes se sont fait la malle, et les deux représentants de la Groupama-FDJ United n’ont pu leur emboîter le pas. « On espérait que Guillaume puisse jouer l’étape, malheureusement il était un peu moins bien dans le final et j’ai donc joué ma carte », indiquait Clément, neuvième du jour à trente-trois secondes du vainqueur Maxim Van Gils. Son acolyte normand est arrivé en quinzième position, une trentaine de secondes plus tard. « Il nous en a manqué un petit peu, mais les coureurs étaient dans le match et c’est l’essentiel, complétait Thierry. Cela permet aussi à Guillaume de se replacer à la troisième place du général. On reste sur une bonne dynamique ». « C’est une belle journée pour nous au global », confirmait Clément, qui a naturellement consolidé sa tunique de meilleur grimpeur. Le collectif a également conservé la tête du classement par équipes, malgré l’abandon de Kevin Geniets, malade depuis jeudi soir. Se profilent désormais les deux plus grandes étapes de l’épreuve avec, dès samedi, l’arrivée au sommet du Grand Colombier.