Étape incontournable de la semaine italienne précédant le Tour de Lombardie, la semi-Classique des Trois Vallées Varésines réunissait encore cette année un plateau de très grande qualité sur son habituel parcours accidenté. Dans le détail, sept tours incluant deux ascensions de deux kilomètres à 5% étaient à couvrir, avant deux grandes boucles empruntant ces deux mêmes difficultés, auxquelles il convenait d’ajouter la décisive côte de Barasso (900m à 8%). « On connaît très bien cette course et on savait que ça allait se décider dans le final, exposait Benoît Vaugrenard. Il était compliqué d’anticiper car les deux grands tours faisaient trente kilomètres, ce qui donnait le temps à des équipes de se réorganiser. On misait davantage sur le final, et le but était d’accompagner Clément et Romain, tout en sachant que Valentin marchait plutôt bien et qu’on avait Bastien dans le cas d’un sprint en petit peloton ». À environ cinquante kilomètres du but, la bataille a pourtant été déclenchée par certaines formations. Clément Berthet et Quentin Pacher ont brièvement suivi quelques mouvements, mais le peloton apparaissait tout à fait en contrôle à l’entame du dernier tour, quelques secondes derrière un trio échappé. À ce moment précis, la Groupama-FDJ United a par ailleurs perdu Quentin Pacher, victime d’une  chute et touché au coude.

La configuration de course n’a quant à elle que peu évolué pendant une dizaine de kilomètres. Ce n’est qu’à l’approche du dernier passage par la montée de Barasso que le peloton s’est employé pour effectuer la jonction sur le trio de tête. Les premières rampes ont permis une certaine sélection, à laquelle ont survécu Clément Berthet, Romain Grégoire et Valentin Madouas. Mais lorsque les grandes manœuvres ont éclaté à quatorze kilomètres du but, sous l’impulsion de Tom Pidcock, seuls Matteo Jorgenson et Jarno Widar ont pu accompagner le Britannique. « Derrière, un groupe de vingt s’est reformé et on avait Clément et Valentin, relatait Benoît. On a pu voir dans la bosse que Clément était bien là, dans un petit groupe de trois derrière Pidcock. Il était parmi les meilleurs dans les montées, mais ça reste davantage une course de puncheurs que de grimpeurs, donc il n’a pas pu faire la différence sur le reste. Quant à Romain, il n’était pas dans une bonne journée, sans doute dû à la fatigue du championnat d’Europe. C’est la petite déception du jour, car je suis convaincu qu’il avait, en temps normal, largement sa place dans ce gros groupe de contre ». 

Au sortir de cette avant-dernière difficulté, les trois hommes de tête se sont rapidement bâtis un solide avantage, profitant également d’un marquage à l’arrière. Au pied de l’ultime bosse  (2km à 5%) menant vers l’arrivée, ils disposaient d’un matelas confortable de trente secondes, que les poursuivants n’ont que partiellement pu réduire. Clément Berthet lui-même s’est fendu d’une accélération dans cette dernière portion ascendante, mais le champion du monde lui a directement emboîté le pas. « On n’a pas réussi à rentrer sur les trois et ce groupe de vingt-coureurs est arrivé pour la quatrième place », commentait Benoît. Bien qu’entouré d’un certain nombre de coureurs véloces, Clément Berthet est parvenu à tirer son épingle du jeu et obtenir la onzième place. « Valentin a lui eu des crampes dans la dernière bosse, ce qui est un peu dommage, disait Benoît. Quoi qu’il en soit Clément a répondu présent, les jambes sont bonnes, et c’est donc de bon augure pour le Tour de Lombardie samedi ». 

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