« Ce n’était pas mon année »

« Une campagne de classiques flandriennes, c’est beaucoup d’investissements humains et matériels et cette année, nous ne sommes vraiment pas récompensés ! » Marc Madiot est KO debout, près du bus de son équipe et il attend que chacun de ses coureurs en terminent. Il est lucide, Paris-Roubaix n’a pas réussi à faire oublier les trois précédentes classiques. Il n’est pas l’heure de tirer un bilan et ses conséquences, seulement celui de faire groupe avec ses hommes, ses coureurs, adjoints, entraîneurs et membres du staff.

« Jusqu’à 40 kilomètres de l’arrivée, dit-il, j’y croyais, la course se déroulait bien même si Matthieu Ladagnous, pris de vomissements avant le premier secteur pavé a dû abandonner, même si les crevaisons (Sarreau, Delage deux fois, Offredo trois fois) étaient nombreuses. Et puis il y a eu la seule crevaison d’Arnaud Démare, vraiment pas veinard, au moment où le niveau de la course s’était élevé. »

« Avant ma crevaison, dit Arnaud, je me suis jamais affolé. J’ai toujours eu près de moi William Bonnet et Yoann Offredo. Ils ont fait un super travail pour me ramener devant après avoir été pris deux fois dans des cassures et avant eux Murilo Fischer m’avait bien protégé. J’étais détendu sur mon vélo, ça coulait tout seul. Le peloton a temporisé dans le secteur Mons en Pévèle avec le vent de face, je me suis dit que c’est bon pour moi. Puis quand Yoann a pris le manche à Pont à Marcq, j’ai hésité à attaquer puis je me suis ravisé, préférant tout garder pour la fin. Le secteur d’après, je crève ! »

Arnaud Démare est dégoûté, comme il le dit lui même « ce n’était pas mon année même si je porte le maillot bleu-blanc-rouge ».

Il se souvient de sa chute dans le final de Milan-San Remo, de son ennui mécanique dans celui du Tour des Flandres et maintenant de cette crevaison qui l’a accablé.

« La course était lancée, explique-t-il. Je me suis battu, Je suis revenu sur des groupes. Mais un pépin si proche de l’arrivée, ce n’est pas jouable. Je ne sais pas ce qu’il faut faire contre cette malchance mais ce n’est pas pour autant que je n’aime plus cette course. Dans les deux premiers secteurs, j’ai eu des frissons. Je vais revenir ici le temps qu’il faudra parce que je sens que je peux y faire quelque chose de bien. Dans le final, je me suis battu pour faire 37e, jusqu’au bout. Les mecs que je reprenais, ils pliaient mais moi j’avais encore envie d’en remettre. Mais je me suis battu pour rien. Je me bats parce que j’aime mon métier mais c’est frustrant ».

Son équipier Yoann Offredo a fini quelques secondes avant lui. Et ayant eu lui-aussi sa part de malchance.