Arnaud Démare cinquième à la maison

Si tous les regards étaient tournés vers la course au maillot irisé ce dimanche après-midi, le maillot bleu-blanc-rouge était lui en lice sur Paris-Chauny. Devant son public, Arnaud Démare est ainsi venu exhiber sa tunique tricolore mais aussi tenter de succéder à son poisson-pilote Ramon Sinkeldam, lauréat de la course en 2018. Au terme d’un emballage final mouvementé, le champion de France a toutefois dû se contenter d’une cinquième place sur ses terres picardes.

À moins d’une semaine de son départ pour le Tour d’Italie, le champion de France Arnaud Démare s’est ce dimanche présenté en voisin sur la 70ème édition de Paris-Chauny. Pour l’occasion, il n’était pas accompagné de son fidèle train mais d’un très jeune groupe comprenant trois coureurs de la Conti (Jake Stewart, Clément Davy, Paul Penhoët) mais aussi Alexys Brunel, Léo Vincent ainsi que Fabian Lienhard. « Malgré tout, nous avions la pancarte aujourd’hui, assurait Martial Gayant au moment de débriefer la course. Tout le monde attendait un peu après nous, et nous avons d’ailleurs dû prendre la course en main à un moment donné car l’échappée a quasiment pris six minutes d’avance. Cela faisait beaucoup avec six coureurs devant ». Cette échappée, formée après trente kilomètres à la suite d’un départ costaud auquel Arnaud Démare avait activement pris part, comprenait Quentin Jauregui (AG2R-La Mondiale), Mathijs Paasschens (Bingoal-Wallonie Bruxelles), Alfdan De Decker (Circus-Wanty Gobert), Tim Naberman (Sunweb), Jan-willem van Schip (BEAT) et Gianni Marchand (Tarteletto-Isorex).

« Nous n’avons rien à regretter », Martial Gayant

Les jeunes compères du champion de France ont donc assuré la poursuite, et même tenté de morceler le peloton durant cette même chasse. « Il y avait des zones propices à des coups de bordures, expliquait Martial. À certains moments, on pouvait s’endormir un peu sur ce parcours. Alors, pour rendre la course plus limpide et apporter un peu plus de bagarre, on a tenté de déclencher des offensives sur les plateaux et dans la plaine. Le problème étant qu’on retrouvait à chaque fois un vent de face, ou bien que personne ne voulait jouer avec nous. On a essayé de faire la course, et c’est ce qu’on voulait au briefing : faire des efforts et provoquer ». Les circonstances n’ayant pas été favorables, c’est un peloton encore très garni qui s’est présenté sur le circuit final, à une trentaine de kilomètres du but. « Il y avait encore une bonne centaine de coureurs, et l’écart était ramené à environ une minute », précisait Martial. L’échappée de six s’est alors réduit à un quatuor (Jaurégui, Marchand, van Schip et Naberman) qui a admirablement résisté, mais les diverses équipes intéressées par un emballage massif à Chauny ont progressivement diminué l’écart pour finalement le résorber complètement à trois bornes de la ligne.

« Comme il n’y a pas eu tant de course que ça, il y avait encore du monde à la flamme rouge, indiquait Martial. Tout le monde venait frotter, tout le monde voulait faire une petite place. Arnaud, lui, a le Giro en ligne de mire. Compte tenu du final mouvementé, il a surtout pensé à se préserver d’éventuels accidents pour attaquer le Giro dans les conditions optimales ». Pointé autour de la 15e-20e position au sortir du dernier virage, le régional de l’étape est certes parvenu à grignoter quelques places et se classer cinquième sur la ligne, mais il n’a pu batailler pour la victoire, acquise par Nacer Bouhanni après une ultime courbe bien maitrisée. « Pour Arnaud, c’était aussi un sprint différent dans son approche par rapport à d’habitude, complétait Martial. Normalement, il a un tout un train à sa disposition, devant lui, qui roule au tempo et grâce auquel il n’est pas gêné. Aujourd’hui, il s’est retrouvé dans « la boule », tout le monde voulait faire le sprint et ce n’était pas évident à gérer. Quoiqu’il en soit, nous avons tenté de durcir la course aujourd’hui, et nous n’avons au final rien à regretter ce Paris-Chauny ».