Pour sa toute dernière sortie de la saison, Clément Braz Afonso a encore répondu présent ce dimanche, lors de la sixième et ultime étape du Tour de Guangxi. Au sommet de la côte de NongLa, le jeune homme de 26 ans s’est ainsi flanqué de la huitième place, lui assurant par la même occasion le top 10 du classement général (9e). Un terme positif à une semaine chinoise faite de promesses.
Au sortir de trois premières étapes accaparées par les sprinteurs, le quatrième acte du Tour de Guangxi, jalonné de 2800 mètres de dénivelé positif, s’annonçait plus indécis. Si l’ultime difficulté figurait à vingt-cinq kilomètres de l’arrivée, le final majoritairement descendant et rapide vers Tian’e ne semblait pas favoriser un regroupement. « On avait permis à Enzo de prendre l’échappée, car s’il existait une journée où il y avait une opportunité, c’était sans doute celle-là, indiquait Yvon Caër. Il s’est bien battu avec ses trois compères mais ça n’a malheureusement pas suffi car des équipes de sprinteurs ont réussi à bien cadenasser la course ». Après le passage de la dernière côte, les hommes de tête ont malgré tout observé le retour de Kevin Vauquelin et Louis Barré, sortis en contre, mais leur avantage demeurait minime sur un peloton quasiment réduit de moitié. « On avait deux options, expliquait Yvon. Celle de Matteo s’il était là, et celle de Cyril si Matteo n’était plus là. Pour le coup, Matteo a bien passé les différentes difficultés avec le peloton, ce qui nous a épaté. Malheureusement, il a basculé l’ultime bosse dans les derniers et il s’est pris une cassure avec une dizaine de coureurs dans la descente rapide et sinueuse qui suivait. Il a perdu dix mètres, trente mètres, et étant donné que le final était lancé, il n’a jamais pu rentrer. C’est un peu frustrant mais on a observé des progrès notoires sur les parcours cabossés ».
« Matteo est encore en apprentissage », Yvon Caër
Un sprint semi-massif s’est finalement déroulé au bout des 167 kilomètres du jour, et Cyril Barthe a dès lors joué sa carte. « Il a été bien placé par Tom mais il a eu un saut de chaîne dans la dernière ligne droite, ce qui a clairement condamné son sprint, racontait Yvon. C’est dommage car je pense qu’il y avait la place pour faire un top 10 ». Au lieu de ça, le Béarnais a hérité de la dix-huitième place, tandis que la dernière opportunité pour sprinteurs se profilait samedi vers Yizhou, dans une configuration plus limpide sur le papier. « On avait mis en place un plan pour mettre Matteo dans les bonnes conditions, indiquait Yvon. On était ambitieux, mais sur ces routes très larges, face à de vraies équipes de sprinteurs, on a vu nos limites avec nos gabarits. Il y avait de la bonne volonté mais on s’est rapidement fait bousculer. Cyril a tout de même fait du bon boulot pour placer Matteo dans des conditions correctes à 800 mètres, mais Matteo n’a pas réussi à produire son meilleur effort. Dans la boule, il a aussi été un peu bousculé et a dû mettre un coup de frein à 300 mètres, mais je pense aussi qu’il est encore en apprentissage. Après quatre/cinq jours de course et la fatigue accumulée, il ne parvient pas à développer sa puissance maximale ». Dans ces circonstances, l’Italien a ainsi échoué aux portes du top 10 (12e), assurant malgré tout son quatrième top 15 de la semaine.
Après cinq étapes propices aux sprinteurs en terres chinoises, il a donc fallu attendre dimanche pour que les puncheurs-grimpeurs trouvent un terrain à leur mesure, avec l’ascension bien connue de NongLa. En l’absence de difficultés majeures en amont, les cinq derniers kilomètres s’annonçaient décisifs pour le classement général. « La journée a été assez limpide et il y a eu du bon boulot de l’équipe pour placer Clément au pied, avec notamment Titouan, Matteo et Cyril, relatait Yvon. On avait aussi laissé carte blanche à Rémy, qui connaît bien la montée et qui disputait sa dernière course avec nous. Il a voulu s’exprimer, il a suivi les attaques dans la première rampe, mais il a presque été trop incisif quand il a contré Vauquelin. Il s’est retrouvé seul sur le replat, et quand le groupe de favoris est rentré dans la dernière rampe, il a logiquement été en difficulté ». En revanche, Clément Braz Afonso était lui bel et bien présent auprès d’une vingtaine de prétendants à l’entrée dans le dernier kilomètre. « Clément était notre carte principale et Tom était encore avec lui sur le replat pour tamponner et le replacer au besoin », ajoutait Yvon. Encore dans la roue des favoris à 500 mètres, le Lotois n’a cédé que deux-cents mètres plus tard lorsque Tom Pidcock a lâché les chevaux.
« Une saison exemplaire de Clément », Yvon Caër
Au sommet, il a malgré tout signé une très belle huitième place. « Il a tout donné et il est à sa place, confiait Yvon. Le niveau était plus relevé que les dernières années ici, donc faire huitième de cette étape, c’est honnêtement une très belle performance quand on voit les noms derrière lui ». Cela a également permis au principal intéressé de valider son premier top 10 (9e) au général d’une course par étapes WorldTour. « Cela vient parachever une saison exemplaire de sa part, louait Yvon. Il a fait preuve d’une fiabilité pleine et entière quasiment toute l’année, et il est encore là le 18 octobre. Il a franchi un vrai cap, et s’il passe encore un tout petit palier, on peut même espérer qu’il joue un peu plus haut en WorldTour. Avoir un coureur aussi fiable, c’est extrêmement précieux et tout le monde se sent par conséquent concerné à l’idée de travailler pour lui. On était venu pour ce top 10 au général, donc on le prend volontiers. Il y a également eu des signes de progrès par rapport à Matteo. On s’est beaucoup engagé pour lui, il en était très reconnaissant, et il faut maintenant qu’il passe un bel hiver. S’il franchit encore un petit palier, il y a bon espoir pour qu’on puisse aller chercher de beaux résultats avec lui l’année prochaine ».