Jusqu’au bout, « La Conti » Groupama-FDJ United aura tenté. Omniprésente et à l’attaque depuis le départ du Tour de l’Avenir, la formation bisontine a également animé les deux dernières étapes, en montagne, mardi et mercredi. Rémi Daumas et Victor Loulergue n’ont toutefois pas été récompensés de leurs efforts, et le premier cité n’a pu batailler avec les tous meilleurs. Il a finalement obtenu la dix-septième place du classement général tandis que Soan Ruesche a aussi pris place dans le top 20 final (19e).
Une première hiérarchie avait été établie dès lundi, au classement général du Tour de l’Avenir, lors du contre-la-montre en côte de Flaine. Mais 24 heures plus tard, c’était une étape reine monstrueuse, affichant près de 5000 mètres de dénivelé sur à peine 150 kilomètres, qui se profilait pour les coureurs, et qui disposait de tous les ingrédients pour redistribuer les cartes. Le menu du jour incluait l’ascension du Col des Saisies, du Cormet de Roselend et de la très longue montée du col de l’Iseran, depuis Bourg-Saint-Maurice en passant par Val-d’Isère. Fidèle à sa dynamique, « La Conti » ne s’est pas laissée impressionner et s’est immédiatement lancée dans la bagarre. « Un groupe s’est dégagé dans Megève, Victor était déjà présent, mais il y avait des coureurs classés au général et c’est donc rentré dans le Col des Saisies », relatait Jérôme Gannat. Dans cette même ascension, un groupe d’une dizaine d’hommes est parvenu à se détacher plus nettement, et Rémi Daumas en était. Au prix d’une belle descente, Victor Loulergue a rejoint son acolyte en tête de course quelques kilomètres plus tard. Leur avantage a grimpé à trois minutes, puis s’est présenté le Cormet de Roselend (20 km à 6%). « Ça s’entendait plus ou moins, et au niveau du barrage, Rémi a attaqué, reprenait Jérôme. Ce n’était pas nécessairement pour se lancer dans une grande offensive, mais surtout pour aborder la descente très technique avec un peu de marge. Il a basculé avec quarante secondes, et en bas de la descente, il a été rejoint par trois coureurs ».
« Il n’avait plus son coup de pédale de grimpeur », Jérôme Gannat
La coopération n’a toutefois pas été plus optimale dans le groupe, permettant le retour de quelques autres poursuivants. « Puis, sur la belle route vers Val-d’Isère, c’était un peu la confusion et ils se sont attaqués à tour de rôle », disait Jérôme. À environ trente kilomètres de la ligne, le groupe de tête a explosé, et Rémi Daumas n’a pas été en mesure d’accompagner les meilleurs éléments de l’échappée. Il s’est très longtemps accroché à un troisième échelon, mais a vu le retour du groupe maillot jaune à cinq kilomètres du sommet. « Il a commencé à buter dans la montée de Val d’Isère, disait Jérôme. On sentait qu’il n’avait plus son coup de pédale de grimpeur. Ça s’est confirmé dans la montée de l’Iseran, où il a perdu quelques places. Il s’est aussi fait reprendre par Soan dans le dernier kilomètre ». À l’arrivée, Soan Ruesche a donc été le premier représentant de l’équipe, en 19e position, à 5’02 du vainqueur, tandis que Rémi Daumas a coupé la ligne à la 21e place. « C’était une bonne échappée puisque les trois premiers de l’étape en sont issus, mais ça s’est fait physiquement et Rémi était un peu retrait dans la dernière heure, tranchait Jérôme. Peut-être que son attaque dans le Cormet de Roselend n’était pas nécessaire, mais je ne crois pas que cela ait fondamentalement changé la donne. Ceci dit, le comportement de l’équipe était bon, on était encore présent dans l’échappée ».
À l’aube de la dernière étape, deux hommes de « La Conti » figuraient ainsi dans le top 20 du général. Il restait néanmoins une longue ascension de trente kilomètres vers le Lago Serrù à arpenter mercredi, avec une ultime portion de cinq bornes à près de 9% de pente moyenne. « Le début de course était très plat, très rapide, puis quand on est arrivés sur un parcours plus vallonné, une échappée de quatre est sortie avec Victor, de nouveau, racontait Jérôme. Le peloton s’est un peu relevé, les fuyards ont pris deux minutes d’avance, puis le train du maillot jaune Lorenzo Finn s’est mis en route ». L’échappée s’est finalement disloquée après avoir couvert près d’un tiers de l’ascension finale, et Victor Loulergue a été rattrapé par un peloton très réduit à environ treize bornes du but. Encore bien présent à cet instant, Rémi Daumas s’est alors signalé par deux brèves accélérations. « C’était plutôt bien senti, car c’était un moment de temporisation et cela aurait pu lui permettre de prendre un coup d’avance., ajoutait Jérôme. Malheureusement, les jambes n’ont pas réagi comme il l’aurait voulu. Contrairement à hier, le but était qu’il se teste face aux meilleurs, mais au bout du compte, le résultat est sensiblement le même ».
« On a été acteurs de la course », Jérôme Gannat
Au sommet, Rémi Daumas a franchi la ligne d’arrivée à la 21e place, à trois minutes du vainqueur Lorenzo Finn. « C’était à peu près sa place sur ce Tour de l’Avenir avec sa condition du moment », indiquait Jérôme. Finalement dix-septième du général, Rémi Daumas devance son coéquipier Soan Ruesche de deux rangs au classement final. « Au niveau des résultats, on passe à côté de nos objectifs, synthétisait le directeur sportif du groupe. On s’était fixé un top 10 au classement général avec Rémi et une victoire d’étape. On en est loin, mais dans la démarche et le comportement, on n’a pas grand-chose à se reprocher. On s’est donné les moyens d’accrocher des résultats, mais on n’a pas été récompensés de nos efforts. On voulait vraiment être offensifs car on savait que c’était notre meilleur chance d’obtenir un résultat. Or, on a été présents dans toutes les échappées, et sur ce point-là, on a donc été très bons. L’implication de tous les coureurs a été remarquable. On était simplement en deuxième rideau, pas avec les tous meilleurs. On a bien essayé de provoquer mais le niveau était très élevé et on n’a pas pu concrétiser par une performance majeure. Malgré tout, on a été acteurs de la course, et c’est aussi ce qu’on souhaite pour le développement de nos jeunes. Il manquait un brin de physique et de réussite. Ce premier Tour de l’Avenir demeure riche en enseignements et nous montre le chemin qu’il reste à parcourir pour se rapprocher des meilleurs ».