Le Tour de l’Avenir a opéré un tournant important à l’occasion de son édition 2026, ouvrant la porte aux équipes de développement. Comme d’autres, « La Conti » Groupama-FDJ United a ainsi eu l’occasion de prendre le départ de l’épreuve la plus importante du calendrier Espoirs, et elle s’est signalée lors des trois premières étapes grâce à plusieurs échappées. Si les hommes de Jérôme Gannat n’ont pour l’heure pu faire mieux qu’une onzième place, acquise par Victor Loulergue le premier jour, d’autres opportunités, notamment en montagne, se profilent. (Photo Tour de l’Avenir – Jolypics)
C’est donc un peloton mixte, composé de « réserves » d’équipes WorldTour (17) et de sélections nationales (9), qui s’est présenté à Caen jeudi dernier pour le lancement du Tour de l’Avenir nouvelle formule. Victor Loulergue, Rémi Daumas, Soan Ruesche, Johan Blanc, Reef Roberts et Yann Dubois composaient quant à eux l’escouade de « La Conti », qui s’est d’ailleurs mise en valeur dès le coup d’envoi de la première étape. « Une échappée de quatre est sortie assez vite avec Soan, contait Jérôme Gannat. Elle a pris jusqu’à quatre minutes d’avance, mais dans une portion stratégique bien identifiée à la mi-course, des bordures se sont créées dans le peloton. Un premier groupe de dix-huit coureurs s’est détaché, avec Victor, et a repris l’échappée à l’entrée du circuit d’Argentan, qui incluait une bosse d’un kilomètre à 8% ». À vingt-cinq bornes du but, cette fameuse côte de Crennes a été arpentée pour la deuxième fois, et la course a de nouveau explosé. « Lorenzo Finn a accéléré, et Victor a réussi à suivre avec seulement trois autres coureurs, disait Jérôme. Ils ont pris une vingtaine de secondes sur le reste du groupe, ont réussi à maintenir cet écart pendant un tour, mais lors du dernier passage, Victor n’a pas pu suivre le rythme imposé par Finn. Il avait déjà fourni un très gros effort pour accompagner dans la montée précédente, et je pense qu’il n’avait pas totalement récupéré de ses efforts. Ça s’est fait à la jambe, tout simplement ».
« On espérait un peu plus », Jérôme Gannat
Le représentant de « La Conti » a alors été repris par le premier groupe de poursuite, au sein duquel il s’est ensuite octroyé la onzième place du jour, trente-six secondes derrière le vainqueur. « Rémi a limité les dégâts en terminant dans le peloton d’une quarantaine de coureurs à environ deux minutes, ajoutait Jérôme. On ne pouvait guère espérer mieux. On savait que ça allait être une journée compliquée pour lui dans les bordures ». Le vent devait d’ailleurs de nouveau constituer un élément clé lors du deuxième acte vendredi, sur tout juste 116 kilomètres, de Nogent-le-Rotrou à Amboise. « C’était une étape un peu particulière, quasiment en ligne droite, avec le vent de côté et quelques portions à découvert, présentait Jérôme. Johan est sorti avec le champion de France au départ, ils ont pris une petite avance, mais à chaque zone dégagée, le peloton accélérait et l’écart fondait comme neige au soleil. Puis, le peloton se relevait et les échappés reprenaient du champ… On savait ensuite que ça allait accélérer fort au kilomètre 70, et l’équipe était cette fois bien présente. Le peloton s’est cassé en deux et tous nos gars étaient devant. Ils ont même commencé à organiser la bordure avant qu’une grosse chute ne mette une vingtaine de coureurs à terre ».
La neutralisation de la course a alors été décidée, et un nouveau départ a été donné une vingtaine de minutes plus tard, tout en annonçant le gel des temps à dix kilomètres du but. « Il restait une trentaine de kilomètres et certaines équipes ont contrôlé pour une arrivée au sprint », continuait Jérôme. Dans l’emballage, Victor Loulergue a dû se contenter du seizième rang. « On n’a pas trop pesé, confessait son directeur sportif. On espérait un peu plus car Victor avait réalisé un beau sprint à Burgos, mais le final a été compliqué et il n’a pas pu sprinter correctement ». Le Creusois s’est en revanche hissé à la huitième place du classement général à l’issue de ce deuxième acte. Samedi, le troisième n’était, sur le papier, pas censé bousculer la hiérarchie, malgré les 230 kilomètres au programme ! « On espérait beaucoup de cette étape au vu du kilométrage et de la fatigue accumulée, indiquait Jérôme. On voulait surtout jouer sur l’échappée. C’est ce qu’on a fait, mais au bout de quarante bornes, elle ne s’est formée qu’avec quatre coureurs, dont Victor. On savait, à partir de ce moment-là, que ça allait être compliqué. Le final était un peu vallonné, mais c’était quand même très roulant, et plusieurs équipes se sont organisées derrière, sans jamais laisser plus de 3’30. C’était mission impossible ».
« Pas récompensés de nos efforts », Jérôme Gannat
Le puncheur de « La Conti » a malgré tout passé la journée à l’avant, et a d’abord vu le retour de cinq poursuivants à soixante kilomètres de la ligne, avant que le peloton tout entier n’opère la jonction quelques minutes plus tard. Dans le final, quelques offensives ont secoué le paquet, mais les derniers attaquants du jour ont été repris à 300 mètres de la ligne, à l’issue d’un ultime kilomètre en faux-plat montant. « On était un peu présent, on a essayé de remonter collectivement, mais dans l’emballage, on s’est retrouvé un peu en retrait, confiait Jérôme. Ce n’était pas assez incisif ». Soan Ruesche et Victor Loulergue ont respectivement obtenu les 19e et 20e places de l’étape, et le second cité a encore glané un rang au général (7e, ndlr). Dimanche, un dernier acte sans reliefs importants se présente avant que l’épreuve ne se corse franchement à compter de lundi. « On espérait beaucoup de ces quatre premiers jours, résumait Jérôme. On voulait intégrer toutes les échappées, ce qui a pour le moment été réalisé. On voulait démarrer de la bonne manière et lancer l’équipe sur une bonne dynamique. Pour l’instant, on n’a pas été récompensés de nos efforts avec une onzième place comme meilleur résultat, mais c’est la course. C’est dommage, mais il reste demain puis les jours suivants davantage réservés aux grimpeurs, et notamment à Rémi ».