Au lendemain de sa prise de pouvoir autoritaire, Ewen Costiou s’attendait à être harcelé ce jeudi sur le Tour du Limousin-Périgord – Nouvelle Aquitaine. Dans cette troisième étape incluant le Suc au May, le jeune Breton n’a toutefois pas tremblé, bien aidé par l’ensemble de ses coéquipiers sur les 182 kilomètres de course vers Égletons. Jamais réellement en danger, le puncheur de la Groupama-FDJ United a finalement terminé cinquième sur la ligne d’arrivée, dans le même temps que le vainqueur du jour. À la veille du dernier acte à Limoges, il conserve vingt-et-une secondes d’avance sur son plus proche poursuivant au classement général.
Avec 3000 mètres de dénivelé au programme et la présence sur le tracé de l’ascension la plus difficile de la semaine, à savoir le Suc au May (4 km à 7%), la troisième étape du Tour du Limousin s’annonçait comme l’étape reine de l’épreuve. Et c’est en qualité de leader au général qu’Ewen Costiou s’est présenté au départ à Saint-Privat, suite à sa démonstration de force la veille. De fait, c’est donc avec tout le poids de la course sur les épaules que la formation Groupama-FDJ United s’est élancée pour les 180 bornes du jour. Des responsabilités que les compères du Breton n’ont pas fui. « Beaucoup d’équipes voulaient aller dans l’échappée, expliquait Yvon Caër. Pendant une heure et demie, ça a vraiment été très tonique. Il a fallu maîtriser tout ça et on a laissé beaucoup de cartouches pour s’imposer dans notre souhait de ne pas laisser sortir des coureurs de Decathlon-CMA CGM et Cofidis notamment. Un groupe de onze est finalement parti à un moment où tout le monde avait besoin de souffler, mais sans coureur vraiment dangereux. On savait qu’on allait pouvoir maîtriser et on s’est mis en place pour pouvoir gérer à environ 1’30. On a même été obligé de ralentir par moments ». Derrière l’échappée, les différents étages de la fusée se sont ainsi parfaitement relayés. « Tom ne se sentait pas très bien aujourd’hui, on a donc interverti avec Josh pour les premières bosses, puis Rémi a fait du Rémi sur le plat », poursuivait Yvon.
« Ewen a eu une attitude de leader », Yvon Caër
À l’approche du Suc au May, à environ trente kilomètres de l’arrivée, la tension et la bataille de placement dans le peloton a même permis à l’écart de tomber à trente secondes. Puis, le premier gros test de la journée s’est présenté, et il a été franchi de manière admirable par les coureurs de la Groupama-FDJ United. « Le plus important dans cette montée, c’était que Maxime et Brieuc soient avec Ewen, et ça s’est vérifié sans aucun souci, soulignait Yvon. Ils avaient largement le niveau des vingt plus forts dans la montée et ça nous a beaucoup rassurés ». Maxime Decomble et Brieuc Rolland ont ainsi parfaitement contrôlé les différents mouvements, et le premier cité a ensuite pris les commandes d’un peloton réduit « On a fait un tempo pour garder une bonne vitesse et éviter les attaques, confiait Yvon. C’est devenu plus tactique et il fallait faire attention aux petites cassures, mais on a, à chaque fois, réagi avec autorité ». Les coéquipiers du maillot jaune se sont même permis de redonner un peu de champ au dernier fuyard avant l’ultime bosse, longue de 3500 mètres, affichant une pente à 5%, et située à quinze bornes du terme. Dans celle-ci, Ewen Costiou a de nouveau pu compter sur le soutien infaillible de ses deux compères, tout en sortant de sa réserve à quelques reprises lors d’offensives de ses principaux rivaux.
« Max a été un peu pénalisé par un problème digestif hier, mais aujourd’hui, il a retrouvé 100% de ses capacités et on sait qu’il est parmi les dix meilleurs sur de telles bosses, indiquait Yvon. Il en va de même pour Brieuc, qui a été très fort pour ramener Ewen sur l’attaque d’Aranburu. Cela a bien soulagé Ewen, qui a également eu une attitude de leader : il n’a pas paniqué, et il était fort ». À l’issue de cette ultime difficulté, les trois coureurs de la Groupama-FDJ United étaient même présents dans un groupe légèrement détaché de sept hommes. Dans les dix derniers kilomètres moins exigeants, ce groupe s’est quelque peu étoffé, tandis que le dernier fuyard Pierre-Henri Basset conservait quelques secondes d’avance avant le faux-plat précédant la ligne d’arrivée. Dans cette ultime portion, le maillot jaune est resté en contrôle avec ses lieutenants, avant de suivre une dernière tentative d’Antoine L’Hote dans les derniers hectomètres. C’est finalement le Belge Daan Depuydt qui s’est imposé en surgissant de l’arrière dans les 250 derniers mètres tandis qu’Ewen Costiou a pris la cinquième place, dans le même temps.
« L’équipe a été incroyable », Ewen Costiou
Ainsi s’est donc achevée cette première journée à la défense de la tunique de leader. « On a super bien contrôlé, savourait Ewen. L’équipe a été incroyable avec d’abord Rémi, Josh et Tom qui ont roulé toute la journée, sans l’aide de quiconque. Ensuite, j’ai eu un Max et un Brieuc formidables. Ils avaient de superbes jambes, ils m’ont super bien aidé, et je n’avais plus qu’à finir le travail en tenant les attaques des principaux protagonistes. C’était top ». « On a montré qu’on était présents à tous les échelons de la course, que ce soit au début avec Tom, Rémi, Josh, puis avec Brieuc et Max qui étaient presque au même niveau qu’Ewen, complétait Yvon. À aucun moment on a pu douter de notre physique. On a une équipe vraiment équilibrée et un état d’esprit irréprochable. Tous les coureurs sont dans le coup, à 100%, et c’est vraiment rassurant pour le leader ». Il reste désormais près de 180 kilomètres à tenir à Ewen Costiou s’il souhaite valider le doublé sur le Tour du Limousin. « La logique sera la même demain : filtrer l’échappée et être extrêmement vigilants sur la fin car des cassures peuvent vite se produire sur un circuit urbain et on ne dispose pas non plus d’un énorme crédit », ponctuait Yvon.