Quatre ascensions répertoriées se dressaient ce dimanche face au peloton en principauté d’Andorre. À l’occasion d’une des rares courses d’un jour montagneuses de la saison, les coureurs avaient rendez-vous au sommet du Coll de la Botella (11,5 km à 7%) en fin d’épreuve, mais un gros morceau les attendait d’entrée de jeu avec le Port d’Envalira (30,5 km à 4,5%). « On savait que le profil était très difficile, notamment avec ces quarante premiers kilomètres et un départ côte qui nous emmenait à quasiment 2400 mètres d’altitude, expliquait Philippe Mauduit. On a essayé de prendre l’échappée, les gars ont bougé, mais c’est sorti sur un contre et on l’a manqué. On était conscient que l’échappée n’avait aucune chance de briller dans le final sur un tel parcours, mais cela aurait pu être bien pour certains d’y être afin de faire des efforts supplémentaires. En tout cas, ils étaient dans l’action, et c’est le plus important ». Une quinzaine d’hommes a finalement composé le groupe de fuite, qui a néanmoins été muselé toute la journée par le peloton. Au sortir des trois premières ascensions, et du secteur gravel à Pardines, seule une poignée d’entre eux demeuraient en tête avant qu’un paquet d’environ 40 unités ne fasse la jonction dans la dernière descente du jour. En amont de la montée finale, Julien Bernard est parti en éclaireur, puis c’est une sélection par l’arrière qui s’est instaurée dans le Coll de la Botella.

Guillaume Martin-Guyonnet a alors tenu le choc jusqu’aux cinq derniers kilomètres. « Il a fait une bonne montée finale, indiquait Philippe. Face à des coureurs de top niveau mondial, les écarts ne sont pas si importants. Il a réalisé une ascension très régulière et a été en capacité de faire des efforts sur la fin de la montée, ce qui est aussi une bonne chose ». Au sommet, le Normand a pu se doter de la douzième place, à quelques secondes du top 10. « Il faut également savoir que lorsque les coureurs étaient 6-7 minutes derrière la tête de course, ils étaient arrêtés par la police en raison de la circulation, précisait Philippe. Cela explique le fait qu’il n’y ait pas grand-monde à l’arrivée, mais beaucoup ont franchi la ligne car ils l’ont pris comme une opportunité de faire une bonne journée de montagne. On savait, quoi qu’il en soit, que cette course allait être difficile, surtout face à des écuries qui alignaient des coureurs frais, mais c’était l’occasion de la faire en sortie de La Route d’Occitanie, non loin de là. Elle pouvait être importante en préparation du championnat, du Tour, ou pour prendre de l’expérience pour nos jeunes, qui n’ont pas souvent la « chance » de faire autant de dénivelé. Les coureurs ont été appliqués, impliqués, et tous ont fait ce qu’il fallait faire. Ils se sont battus jusqu’à ne plus avoir d’essence dans le réservoir ».