Au lendemain d’une triple échappée et de la sixième place de Josh Kench à Verbania, l’Équipe cycliste Groupama-FDJ United s’est logiquement montrée moins agressive samedi, dans une quatorzième étape cumulant 4200 mètres de dénivelé dans la Vallée d’Aoste. « C’était la première grande étape de montagne, et tout le peloton s’attendait à ce que l’équipe Visma-Lease a Bike roule pour prendre le maillot rose, exposait William Green. On savait que cette étape serait probablement trop difficile pour Josh, donc on avait préféré prendre le risque de tout donner la veille pour jouer la victoire, plutôt que de simplement survivre samedi ». Une large échappée s’est donc constituée sans coureur de la Groupama-FDJ United, mais elle n’a jamais pu se bâtir un avantage confortable, et Jonas Vingegaard s’est comme attendu imposé à Pila. « La priorité était de passer cette étape sans encombre », confiait William. Dimanche, en conclusion de la deuxième semaine, la formation hexagonale nourrissait en revanche des ambitions sur un parcours extrêmement plat vers Milan.

Paul Penhoët, comme tous les autres sprinteurs du plateau, se faisait une joie de pouvoir enfin s’exprimer après une semaine délicate pour les spécialistes de la dernière ligne droite. C’était sans compter sur un scénario renversant, dans lequel quatre échappés partis de bonne heure ont résisté jusqu’au bout à une meute lancée à leurs trousses dans les rues de Milan. « Trois équipes ont contrôlé l’échappée toute la journée, et ne lui ont pas laissé un écart si important, relatait William. Le circuit final comportait certes quelques virages, mais n’avait rien d’extrêmement technique. Il était difficile d’imaginer une échappée si petite, sans grand favori en son sein, réussir un tel exploit. Forcément, il y a toujours un petit regret de ne pas avoir pris l’échappée dans ces cas-là, surtout quand on a un coureur comme Rémi. Ça aurait pu être une belle opportunité pour lui, mais le peloton n’aurait peut-être pas validé le groupe s’il avait été dedans. Rémi avait d’ailleurs la possibilité de tenter s’il y avait 6-7 coureurs et quelques solides noms. Avec la composition du jour, cela semblait moins probable, mais c’est la course ».

Paul Penhoët a en revanche été en mesure de s’exprimer dans la dernière ligne droite, quelques secondes après l’arrivée de l’échappée, et s’est adjugé la cinquième place du sprint, soit la neuvième de l’étape. « On avait une stratégie différente des sprints précédents, expliquait William. Bien que l’équipe ait bien travaillé les fois précédentes, il s’agit de trouver la formule qui fonctionne pour Paul. On l’a très bien protégé pendant quatre tours du circuit, et dans le dernier tour, l’objectif était qu’il soit en bonne position à deux kilomètres de l’arrivée et de rester proche de lui au cas où. Une grande partie du travail préparatoire a été effectuée en amont, et compte tenu de la vitesse élevée du peloton, il était sans doute plus judicieux de l’aider de cette manière ». Le Francilien de 24 ans s’est alors octroyé son premier top 10 sur ce Giro, à la veille de la dernière journée de repos ce lundi.« Mardi, ce sera plus difficile qu’il n’y paraît, et Vingegaard aura peut-être envie d’asseoir sa domination une fois pour toute, concluait William. Les deux jours suivants, il se peut qu’il ait moins besoin de contrôler et cela pourrait davantage favoriser des échappées. Les dix-septième et dix-huitième étapes s’annoncent passionnantes ».

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