Après trois jours de course en terres helvètes, Clément Berthet demeure dans le match pour un bon classement général sur le Tour de Romandie. Notamment présent dans le principal groupe de favoris lors de la première étape décisive mercredi, le grimpeur franc-comtois occupe la onzième place avant un week-end très costaud.
Comme c’est traditionnellement le cas sur le Tour de Romandie, la semaine a débuté par un prologue, mardi, dans les rues de Villars-sur-Glâne. À peine 3200 mètres étaient à boucler pour lancer les hostilités, et Dorian Godon a raflé la mise grâce à un temps de 3’35. « Le parcours était relativement simple, exposait Maxime Latourte. Il y avait deux virages techniques, un départ à plat, un faux-plat descendant, puis une bosse pour finir. Cela correspondait à un effort de puncheur-sprinteur. On n’avait pas les meilleures cartes pour jouer tout devant sur type de prologue, mais on était assez confiant sur le fait qu’on allait avoir une belle densité et qu’on allait jouer placé ». Cela s’est vérifié sur le terrain, puisque Maxime Decomble (13e), Lorenzo Germani (16e) et Rémi Cavagna (17e) ont tous les trois terminé dans le top 20 de la journée, à environ 12-15 secondes du vainqueur. David Gaudu n’a pour sa part pu s’exprimer pleinement en raison d’une crevaison et d’un changement de vélo dans la première partie du tracé.
« On est dans le match », Thierry Bricaud
À l’aube de la première étape en ligne, les écarts demeuraient évidemment resserrés au classement général, qui allait toutefois connaître un premier véritable tri autour de Martigny mercredi. Après trois boucles empruntant la montée de La Rasse (2,5 km à 8,5%), le peloton s’en allait chercher l’ascension d’Ovronnaz (9km à 10%) à environ quarante kilomètres du terme. Suite à cela, une longue descente puis vingt-deux kilomètres de plaine restait à couvrir. Comme attendu, Tadej Pogacar a lancé un démarrage dans la principale difficulté de la journée, mais a été accompagné par trois coureurs jusqu’à l’arrivée. Derrière eux, un groupe de contre d’une quinzaine d’hommes s’est constitué, et Clément Berthet a recollé à celui-ci après une solide descente. « C’était un vrai col, difficile, et on a eu un premier élément de réponse sur la condition de tout le monde, confiait Thierry Bricaud. Ça a un peu donné la tendance pour la suite, et c’était encourageant ». Le grimpeur tricolore a ainsi terminé en douzième position, à 21 secondes du quatuor de tête, tandis que Maxime Decomble a coupé la ligne à la 18e place à 1’51. Josh Kench (29e) aurait également pu terminer avec le jeune Provençal sans un virage raté dans l’ultime descente.
Jeudi, la deuxième étape s’est disputée sur un rythme exigeant, sur un profil vallonné, et derrière une solide échappée maîtrisée par les formations Ineos Grenadiers et UAE Team Emirates. La sélection s’est donc opérée par l’arrière, y compris dans l’ultime difficulté de Vuillens (3 km à 5,5%), de laquelle ont émergé trente-deux coureurs avant de rejoindre la ligne deux kilomètres plus loin. Tadej Pogacar a réglé un sprint en petit comité, dans un groupe comprenant Clément Berthet (13e), Rémy Rochas (14e) ainsi que Josh Kench (27e). « On est dans le match, avec notamment un bon Clément qui démarre bien sa saison, commentait Thierry. Un gros week-end se profile. Il faut continuer à jouer ce top 10 et cela permettra à Clément de repartir avec des certitudes pour la suite. Il y aura aussi sans doute une étape à aller chercher vendredi ou samedi, et il nous faudra être opportunistes ». Avant les trois dernières étapes, Clément Berthet pointe au onzième rang du général, à 57 secondes du leader, mais simplement seize de la cinquième place.