L’appellation avait beau être différente, c’est un tracé bien connu auquel les coureurs devaient se frotter ce dimanche sur In Flanders Fields-From Middelkerke to Wevelgem, précédemment connu sous le nom de Gand-Wevelgem. Comme l’an passé, trois ascensions du Mont Kemmel étaient au programme, dont la dernière à tout juste trente-cinq kilomètres du but. Près de 130 bornes étaient toutefois à parcourir avant d’atteindre les bosses, et la course s’est également avérée mouvementée sur cette première partie de parcours. « On a pris la course du bon côté en s’assurant de rester dans les premières positions, car il y avait des zones assez exposées depuis le nouveau départ de Middelkerke, indiquait William Green. Johan a notamment réalisé un excellent travail en début de course. Puis, au passage de De Moeren, une bordure s’est formée, un groupe de quarante coureurs s’est détaché et on avait cinq représentants dans celui-ci. Cela a confirmé notre bonne dynamique du départ ». « Avoir cinq gars devant à ce moment-là, ça veut dire beaucoup, commentait Axel Huens, pour sa part momentanément piégé avec Thibaud Gruel. Cela montre qu’on était très présent collectivement ». Un mano a mano s’est instauré pendant près d’une quarantaine de kilomètres entre les deux pelotons avant que tout ne rentre finalement dans l’ordre juste avant le premier passage du Kemmelberg, à un peu plus de 90 kilomètres de l’arrivée.

 « Puis, quand on est arrivé dans les chemins gravel (ploegsteert), Thibaud a fait un super boulot, reprenait William. Il avait confiance en lui, et il était bien présent à l’avant du peloton ». Le jeune Tourangeau, vigilant et entreprenant dans son placement, a d’ailleurs remis ça quelques minutes plus tard juste avant d’attaquer la deuxième ascension du Mont Kemmel. Il s’est présenté dans les huit premières positions au pied, et a pu tenter de se mêler à la bagarre avec Wout Van Aert et Mathieu van der Poel, alors à l’attaque. « Il était vraiment tout près de les suivre, soulignait William. Il lui manquait juste un petit quelque chose, mais c’était assurément prometteur et c’est une nette amélioration par rapport à l’E3 ». Le puncheur de la Groupama-FDJ United a franchi le sommet en quatrième position du peloton, mais trop loin malheureusement d’un trio désormais détaché. Dès lors, un peloton d’une cinquantaine d’hommes s’est reformé en poursuite, avec Thibaud Gruel et Axel Huens. « Thibaud allait vraiment bien dans les monts, ajoutait Axel. Pour ma part, je survivais un peu au début, mais je me sentais mieux au fil des kilomètres. On a tous les deux passé le dernier Kemmel, et on a vite compris que ce serait un sprint ».

Dans les trente derniers kilomètres, le peloton a peu à peu résorbé l’écart avec Van der Poel et Van Aert, mais la jonction n’a été opérée qu’à deux kilomètres de la ligne, laissant place à un sprint de trente-cinq hommes pour la victoire. « L’objectif était que Thibaud et Axel saisissent leur chance, car on sait que ces sprints ne sont pas évidents à gérer, avec la fatigue et le fait que tout le monde veuille y prendre part », expliquait William. « Le but était que chacun suive la roue d’un sprinteur, idéalement d’un côté et de l’autre de la route, et j’étais personnellement confiant », racontait Axel. Le Nordiste a trouvé une ouverture plus facilement que son collègue, mais en raison d’un incident dans le dernier kilomètre, n’a pu faire mieux que douzième sur la ligne. « Je suis complètement dégoûté car j’ai déraillé à 500 mètres, soufflait-il. Je suis d’autant plus frustré que j’ai réussi à relancer fort. Je ressens énormément de frustration. On pourrait se dire que douzième n’est pas si mal vu d’où je viens, mais il ne faut pas s’en contenter. Quand on a les jambes pour faire top 10 ou top 5 d’une telle Classique, il faut saisir sa chance. Je suis vraiment vert… » « Honnêtement, il aurait pu s’approcher du top 5, confirmait William. Concernant Thibaud, il manque encore un peu d’agressivité dans le sprint, et c’est un point qu’il doit continuer de travailler ».

Malgré de réelles promesses, c’est donc une nouvelle issue frustrante pour le groupe des Classiques. « Malheureusement, on termine encore une fois juste en dehors du top 10, mais on est réguliers, on continue de se battre et on fera encore en sorte d’être présents sur À Travers la Flandre », ponctuait William. « Le bilan de la journée est plutôt bon, mais rageant sur la fin, disait Axel. Personnellement, j’ai vraiment passé un gros cap par rapport à l’année dernière et je suis dans le coup physiquement, y compris dans les monts. J’espérais devenir un bon Classicman un jour, et je crois que j’ai désormais le niveau. Il faut maintenant le confirmer avec des résultats. Il me reste trois belles courses avant la coupure, on va y aller à fond, et avec confiance vu les jambes affichées récemment ».

A lire dans cette catégorie…