Le coup d’envoi de la semaine « sainte » en Belgique a ce vendredi été donné sur l’E3 Saxo Classic, véritable répétition du Tour des Flandres. Souhaitant peser sur la course, la Groupama-FDJ United a d’abord placé Bastien Tronchon dans le groupe d’échappés, et le Savoyard a pu mener son entreprise jusque dans le Vieux Quaremont, à environ quarante kilomètres du but. Il a ensuite retrouvé quatre de ses coéquipiers dans un peloton lancé à la poursuite de Mathieu van der Poel, qui a malgré tout triomphé. Dans le sprint pour les accessits, Thibaud Gruel a finalement hérité de la quinzième place.
À un peu plus d’une semaine du « Ronde », et deux de « l’Enfer du Nord », la quasi-totalité des flahutes étaient bien présents au départ d’Harelbeke ce vendredi pour l’ouverture de la quinzaine pavée. Tout débutait avec l’E3 Saxo Classic, ses seize monts et ses quatre secteurs répartis sur 208 kilomètres. Le Taaienberg, le Paterberg et le Vieux Quaremont figuraient notamment au programme du peloton, mais beaucoup avaient dans l’idée d’anticiper la grande bataille, ce qui était notamment le cas de la Groupama-FDJ United. C’est ainsi qu’après trente kilomètres de lutte, Bastien Tronchon est parvenu à se frayer un chemin vers l’avant de la course. Il a été accompagné dans sa tentative par cinq hommes, mais il leur a fallu insister près d’une demi-heure supplémentaire pour que le paquet cède définitivement. Dès lors, l’écart a pu franchir la barre des trois minutes et atteindre un maximum de 3’30. Il se maintenait à ce niveau à la mi-course, peu avant d’entamer le Vieux Kruisberg et l’enchaînement presque ininterrompu des monts. Dans le peloton, la tension s’est faite de plus en plus présente, et d’autant plus à l’approche du Taaienberg, à 70 bornes de la ligne. L’écart n’était plus que de 2’30 et deux hommes sont alors parvenus à se détacher du peloton, dont Mathieu van der Poel, parti peu après dans une chasse solitaire derrière l’échappée.
« Collectivement, je pense qu’on était vraiment costauds », Romain Grégoire
À l’avant, Bastien Tronchon et ses compagnons de fuite ont continué de parfaitement collaborer, mais ils n’ont pu empêcher le retour du favori néerlandais au sommet du Kapelberg, à 45 kilomètres du terme, soit juste avant de plonger vers le Paterberg. À cet instant, un peloton d’une cinquantaine d’unités pointait à tout juste une minute, avec Romain Grégoire, Valentin Madouas, Thibaud Gruel et Axel Huens en son sein. En tête, Van der Poel n’a pas temporisé et a immédiatement mis les gaz dans le Paterberg, puis s’est définitivement envolé dans le Vieux Quaremont. « Il n’a pas manqué grand-chose à Bastien pour basculer avec Dewulf et accrocher le groupe de poursuite qui s’est extrait ensuite », confiait Frédéric Guesdon. Car si l’homme de tête était lancé dans un solo de plus de quarante kilomètres, les contres ont ensuite afflué dans le peloton. À peine repris, Bastien Tronchon a même tenté de relancer une offensive à l’approche de l’avant-dernière difficulté du jour, mais c’est finalement un trio qui s’est détaché au sommet. En embuscade, Romain Grégoire a tenté de faire le jump à contre-temps, mais il a finalement manqué le wagon. C’est ce même groupe qui a finalement rattrapé Dewulf intercalé et qui a mené la chasse derrière Van der Poel dans les trente derniers kilomètres.
Au sein du peloton, la poursuite s’est également mise en marche avec un temps de retard, et sous l’impulsion de la Groupama-FDJ United. « Collectivement, je pense qu’on était vraiment costauds, indiquait Romain. On était cinq dans le peloton principal à la fin donc on se devait d’assumer pour essayer d’aller chercher une place au sprint, notamment avec Thibaud. On a essayé de rouler et je pense qu’on aurait pu rentrer si un peu plus d’équipes s’étaient alliées ». Si les écarts se sont réduits dans le final, et que Mathieu van der Poel a perdu beaucoup de sa marge, le peloton n’a finalement pas réussi à opérer la jonction. Le Néerlandais s’est imposé après un dernier kilomètre déroutant, tandis qu’un peloton d’une trentaine de coureurs s’est présenté pour la sixième place, vingt-quatre secondes plus tard. Thibaud Gruel s’est octroyé la 15e place. « On a pris nos responsabilités, ça n’a pas forcément fonctionné dans le sprint, mais je pense qu’on a fait ce qu’il fallait », disait Romain. « On est déçus du résultat car je pense qu’on a fait une belle course », complétait Frédéric. « Les gars ont la sensation qu’ils méritaient un meilleur résultat, et ils savent que c’est important pour l’équipe et pour ce groupe. Ils ont assumé mais n’ont pas été récompensés ».
« Optimistes pour la suite », Frédéric Guesdon
Valentin Madouas (26e), Romain Grégoire (29e) et Axel Huens (31e), à l’œuvre dans le final, ont également terminé dans le peloton ce vendredi, tandis que Bastien Tronchon a fini un peu plus loin après avoir lâché ses dernières forces dans la poursuite du peloton. « Je suis tombé malade avant les premières Classiques et le début de saison n’a pas été à la hauteur de mes espérances, confiait Bastien. Visiblement, ça revient bien, et cette journée m’a bien remis en confiance. Il va maintenant falloir récupérer ». Novice sur ce terrain, Romain Grégoire commentait pour sa part : « C’était aussi dur que je me l’imaginais. Je n’étais pas top dans les monts donc j’ai un peu subi la course ».« Je pense qu’il manque encore un peu de confiance en lui, concluait Frédéric. Il est moins à l’aise sur les monts pavés, il faut qu’il apprenne à l’apprivoiser, mais il était quand même dans les billes pour sa première. On avait même cinq coureurs devant, et quasiment que des jeunes. Romain, Thibaud et Axel disputaient tous leur premier E3. De ce point de vue, c’est une journée satisfaisante, et ça nous rend optimistes pour la suite, même si je crois qu’on méritait bien mieux ».