Valentin Madouas juste derrière les favoris au Col de la Loze

Pour son premier Tour de France, Valentin Madouas épate. À quatre jours du terme de l’épreuve, et à l’occasion de l’étape reine qui menait les coureurs au sommet de l’inédit et terrible Col de la Loze ce mercredi, le jeune Breton est longtemps parvenu à tenir la roue du groupe maillot jaune. Seulement distancé à mi-pente par les prétendants au classement général, Valentin Madouas s’est ensuite, comme à son habitude, montré accrocheur pour signer une très belle quinzième place à l’arrivée.

« Il n’y a pas de miracle dans le Tour », Thierry Bricaud

Les journées se suivent et les briefings se ressemblent logiquement du côté de l’Équipe Groupama-FDJ. Au départ de la grande étape alpestre de ce cru 2020 du Tour de France, à travers le mythique Col de la Madeleine et le terrifiant Col de la Loze, la consigne était donc claire ce mercredi matin à Grenoble. « On voulait prendre l’échappée, c’est certain, mais c’était à nouveau bien compliqué aujourd’hui, expliquait Thierry Bricaud. Valentin était à deux doigts d’y arriver. Il était dans les premiers coups mais ça ne s’est pas fait et c’est ensuite parti à cinq, sans lui et sans nous ». Julian Alaphilippe, Lennard Kämna, tous deux déjà vainqueurs d’étape sur cette Grande Boucle, ont donc été accompagnés par Gorka Izagirre, Richard Carapaz et Dan Martin, puis la Jumbo-Visma n’a plus souhaité voir sortir quiconque. « On voulait s’inscrire dans le même état d’esprit qu’on affiche depuis une semaine, à l’offensive, insistait Thierry. Cela étant dit, vu le scénario, on savait aussi que ça allait quoi qu’il en soit être compliqué pour l’échappée d’aller au bout. On imaginait une bagarre entre les leaders et c’est ce qu’il s’est produit ».

Le groupe de tête a certes pu compter jusqu’à cinq minutes d’avance au pied du Col de la Madeleine, après 90 premiers kilomètres tout plats, mais les choses sérieuses ont ensuite débuté de bonne heure au sein du peloton. « Il y a une montée assez solide dans la Madeleine, sous l’impulsion de la Bahrain-McLaren et ça s’est bien écrémé, rappelait Thierry. Il n’y a pas de miracle dans le Tour. On connaît sa place vis à vis des leaders dès les premiers jours, puis on joue en fonction de ses sensations du moment. Quand, pour une raison ou pour une autre, comme c’est le cas chez nous, ta place n’est pas parmi les leaders, il est difficile de la récupérer, comme ça, sur une journée ». Sébastien Reichenbach, troisième à Villard-de-Lans mardi, Thibaut Pinot et Rudy Molard n’ont ainsi pu tenir le rythme imposant, mais Valentin Madouas est lui parvenu à accrocher les roues en queue de groupe jusqu’au sommet. « Il marchait très bien, et il a fait une très belle étape », synthétisait dans un premier temps Thierry Bricaud.

« Voir Valentin à cette place aujourd’hui, c’est plus qu’encourageant pour la suite », Thierry Bricaud

Pour sa première sur le Tour de France, Madouas s’est ainsi retrouvé au pied de l’ascension finale de l’étape reine avec les grands favoris, et quelques uns de leurs équipiers. Il ensuite tenu bon pendant une dizaine de kilomètres avant de prendre son rythme. « Valentin ne monte pas au rupteur, expliquait Thierry. Il s’accroche certes, mais quand il sent que ça roule un ton au-dessus de ce qu’il peut produire, il monte à sa main. C’est pour cela qu’il réalise toujours de beaux finals ». Quatrième au Pas de Peyrol la semaine passée, le Breton a cette fois-ci hérité d’une très honorable quinzième place, derrière … les quatorze premiers du général, et Sepp Kuss. Rien que ça. « Je me suis fait plaisir, confiait l’intéressé. Ça allait plutôt bien dans la Madeleine donc je me suis dit qu’il fallait que je m’accroche. Il m’en manque un petit peu pour rester avec le groupe. Ensuite, dans le final, c’était vraiment à la jambe. Honnêtement, c’est l’un des cols les plus durs que j’ai jamais monté, les pentes sont impressionnantes. Par moments, j’ai même cru qu’on allait poser pied à terre tellement c’était raide ». « C’est bien pour lui, et c’est bien pour la suite de sa carrière, détaillait Thierry. Il apprend, notamment à gérer ce type d’efforts, et c’est aussi de cette manière qu’il va progresser. Il ne compte pas ses efforts depuis une semaine, alors le voir à cette place aujourd’hui, c’est plus qu’encourageant pour la suite. Ça prouve qu’il a une grosse santé et qu’il récupère très bien ».

S’il récupère suffisamment d’ici demain matin, il représentera l’un des principaux pions de l’Équipe cycliste Groupama-FDJ vers la Roche-sur-Foron, dans une étape extrêmement accidentée. « C’est une très belle étape qui devrait convenir à l’échappée, ponctuait Thierry. C’est encore une belle occasion pour nous, et on va à nouveau essayer ».