Le champion de France était de retour aux affaires ce dimanche. À l’occasion de la Bretagne Classic, Romain Grégoire a remis un dossard pour la première fois depuis le Tour de France, et il a plutôt fait belle impression. Bien présent dans les côtes du final, le puncheur franc-comtois a pu accompagner un groupe d’une dizaine de coureurs qui s’est détaché dans l’ultime ascension de Ty Marrec. Il a en revanche été piégé par l’attaque d’Alex Aranburu à un peu plus d’un kilomètre du but, et a dû se contenter d’une septième place frustrante à l’arrivée.
C’est sur un tracé remodelé, à Plouay, que se tenait ce dimanche la 90ème édition de la Bretagne Classic. Pour l’occasion, l’organisation avait donc décidé de renouer avec la côte de Ty Marrec (1,3 km à 5,3%), point de passage principal du circuit final, qui comprenait également la côte de Lezot (1,2 km à 4,4%). Une bataille entre sprinteurs et puncheurs, habituelle dans le Morbihan, était donc de nouveau à prévoir, mais c’est d’abord une échappée d’à peine trois unités qui a d’abord ouvert la route. Peu après la mi-course, deux poursuivants ont opéré la jonction, avant que les véritables hostilités ne débutent à soixante kilomètres du but au sein du paquet. « Le plan était qu’Ewen, Clément et Quentin accompagnent les offensives à partir de la côte de Marta, et que Lorenzo et Kevin protègent et placent l’équipe pendant toute la course, puis s’occupent de Thibaud et Romain dans le final, exposait Yvon Caër. Ça a été très bien fait ». À une cinquantaine de kilomètres de la ligne, Ewen Costiou et Clément Braz Afonso se sont glissés dans un groupe de contre tandis que Quentin Pacher a accroché une grappe juste derrière. Si l’écart s’est creusé sur le peloton, les poursuivants n’ont en revanche jamais pu revenir à moins de trente secondes du groupe de tête. « Il y a eu une mésentente dans le contre, pointait Yvon. Certains étaient représentés à l’avant et d’autres n’étaient pas des coureurs protégés. Il y avait des intérêts divergents. C’est dommage, car ce coup aurait pu aller loin ».
« On prétendait à mieux », Yvon Caër
Ce mouvement est malgré tout resté intercalé pendant près de deux tours, avant que le peloton ne l’avale à vingt-trois bornes du but. De nouvelles attaques ont fusé, Romain Grégoire a été prompt à réagir aux plus violentes d’entre elles, mais l’échappée conservait une minute d’avance à un tour du terme sur un paquet recomposé. Alors, dès l’ultime passage par la côte de Lezot, la course a explosé de nouveau, et Thibaud Gruel est notamment sorti de sa réserve, avant d’être imité par son acolyte champion de France. Des efforts vains puisqu’un énième regroupement s’est produit avant de filer vers la dernière bosse du jour : la côte de Ty Marrec, à six bornes du but. L’échappée l’a abordée avec vingt secondes d’avance, mais les puncheurs ont jeté leurs dernières cartouches au sein du peloton. « Romain a eu un petit souci de placement au pied, confiait Yvon. Lorenzo l’a remonté, l’a lancé, puis Romain a été en capacité de suivre les meilleurs sans problème sur cet effort ». Une douzaine d’hommes, dont le champion de France, sont parvenus à opérer une cassure au sommet, et celle-ci a gonflé à vingt secondes à trois kilomètres du terme. « On aurait pu espérer que Thibaud soit avec Romain, disait Yvon. Je pense qu’il avait les jambes pour, mais il s’est découvert dans l’avant-dernière bosse et cet effort lui a été fatal dans la dernière montée de Ty Marrec. Avec Thibaud, cela nous aurait permis de jouer sur deux cartes ».
Isolé à l’avant, dans un groupe bien parti pour se jouer la victoire, Romain Grégoire a d’ailleurs été piégé par une attaque venue de l’arrière à un peu moins de deux kilomètres du but. « Aranburu a bien senti le coup, il y a eu un temps d’hésitation, d’observation, et c’était terminé, soufflait Yvon. Quand on est seul, on est obligé de jouer avec les autres. Cette course reste très tactique. Quand ça tombe de notre côté, c’est bien, et quand ce n’est pas le cas, il faut faire avec ». En second rideau, Romain Grégoire s’est finalement présenté dans la ligne droite d’arrivée bataillant pour la quatrième place, et a décroché la septième au bout du compte. « On est naturellement déçus du résultat final, assurait Yvon. On prétendait à mieux, à raison je pense, mais on n’a pas énormément de regrets, à l’exception de cet effort préjudiciable de Thibaud. Il est facile de trouver les scénarios idéaux une fois la course terminée, mais je retiens l’attitude globale. J’ai vu une équipe très dense, très solidaire et qui marche bien. À huit kilomètres de l’arrivée, tous étaient encore opérationnels, y compris ceux qui reprenaient après le Tour. Cela reste très encourageant pour les prochaines courses ».