Une journée sans conséquence

Thibaut Pinot a perdu une place au classement général en raison de l’attaque, dans le Galibier, du Colombien Bernal (Team Ineos) mais le Tour de France a observé un statu-quo dans l’étape proposant trois cols à plus de 2.000 mètres d’altitude. Alaphilippe conserve le maillot jaune avec le même écart de 1’50’’ sur le leader de l’équipe Groupama-FDJ.

Forcément, les ascensions des cols de Vars, d’Izoard et du Galibier formaient un programme spectaculaire mais à vrai dire, elle était pour Thibaut l’étape alpine la moins favorable. Le Galibier était approché par le très roulant col du Lautaret et était suivi d’une descente vers Valloire longue de 17 kilomètres.

Le début d’étape a été ultra-rapide avec une échappée de 34 coureurs que Matthieu Ladagnous a accompagnée en respectant parfaitement les consignes de son équipe.

« Lada est allé dans l’échappée parce qu’on craignait qu’il y ait de la bagarre dans l’Izoard, explique Yvon Madiot. C’était bien d’avoir un gars pour faire la vallée. C’était même parfait. »

« Le souci, c’est Alaphilippe. Les jours passent, il n’est pas attaqué ! » Y. Madiot

De ce groupe de tête, Naïro Quintana (Movistar) est sorti pour remporter une victoire de prestige et pour se replacer à la septième place du classement général, imité ensuite par Bardet (ag2r-La Mondiale) qui a endossé le maillot à pois du meilleur grimpeur. Après avoir roulé en mode rouleau compresseur, le peloton s’est réduit une première fois dans l’Izoard, perdant notamment David Gaudu mais le Breton est revenu dans la descente. Il s’est nettement amoindri dans les cinq derniers kilomètres du Galibier, plus encore après l’attaque de Bernal (Team Ineos) qui a franchi la ligne d’arrivée avec 32 secondes d’avance sur le groupe de Thibaut. Ce dernier était passé à l’action dans le dernier kilomètre du Galibier pour maîtrisé Geraint Thomas également passé à l’attaque.

« Je n’étais pas dans une grande journée, dit Thibaut, et il fallait la passer. Le but était donc de suivre les meilleurs. Egan Bernal était fort, Geraint Thomas a également attaqué mais on l’a repris au sommet du Galibier. J’espère avoir de meilleures sensations au cours des deux prochaines étapes avec des arrivées au sommet. Avec Movistar et Team Ineos, on peut avoir une course de mouvement et c’est tant mieux !»

« C’était une journée un peu bizarre, estime Yvon Madiot. Ça n’a pas trop mis en route, ça montait faux train. Il y a eu une attaque sèche de Bernal à trois kilomètres du sommet. Pour Thibaut, il ne faut pas s’inquiéter, c’est lui, avec Buchmann (Bora-Hansgrohe) qui est revenu sur Thomas. Le souci, c’est Alaphilippe. Les jours passent, il n’est pas attaqué ! Cela dit, je pense que demain, ce sera la grosse bagarre et peut-être dès l’Iseran. Sébastien Reichenbach va de mieux en mieux, Aujourd’hui David Gaudu était un peu usé par une longue journée mais dans les deux étapes à venir, plus courtes et plus toniques, il sera mieux. Je remarque quand même qu’il suffit d’une accélération pour que ça pète vite dans le peloton… Cette étape n’était pas favorable à un mouvement de Thibaut mais nous allons avoir deux arrivées qui nous conviennent bien ».