Une entrée en matière périlleuse, l’équipe pas épargnée

Cela devait être une grande fête, mais la météo en a décidé autrement. Le Grand Départ du Tour de France 2020 n’a pas été des plus agréables pour les coureurs, ce samedi, autour de Nice. En raison d’une chaussée rendue extrêmement glissante par la pluie, la première étape de la Grande Boucle a surtout été un long chemin de croix pour rejoindre l’arrivée. Elle a même un temps été neutralisée par les coureurs eux-mêmes avant qu’Alexander Kristoff ne remporte le sprint final. Plusieurs coureurs de l’Équipe cycliste Groupama-FDJ, dont Thibaut Pinot, ont été pris dans une chute à trois kilomètres mais ont tout de même pu rejoindre la ligne. Leur état de santé est relativement rassurant au soir de cette première journée.   

« Les coureurs ont compris que ça allait être un carnage », Marc Madiot

Il faisait encore grand soleil sous les coups de 14 heures ce samedi lorsque le coup d’envoi, tant attendu, du Tour de France 2020 a été donné par Christian Prudhomme. Trois hommes ont immédiatement pris les devants, sans que le peloton ne leur fasse opposition, et leur avance a ainsi pu rapidement atteindre les trois minutes. Les équipes de sprinteurs et de leaders se sont dès lors positionnées en tête, mais malgré un rythme plutôt calme, les premières chutes n’ont pas tardé à se produire. Les choses ont empiré peu avant la mi-course lorsque la pluie a fait son apparition et donc encore davantage tendu le peloton. Si bien que ce dernier est revenu sur l’échappée peu après la deuxième et dernière montée répertoriée du jour, située à près de soixante kilomètres de l’arrivée. Ayant déjà recensé de multiples accidents, et bien conscient de la dangerosité de la chaussée qui se profilait, le peloton a alors d’un commun accord décidé d’une neutralisation pour quelques kilomètres, notamment dans l’ultime descente de Levens.

« Les coureurs étaient assez énervés, expliquait Marc Madiot. Les organisateurs proposent un parcours, les managers proposent une tactique mais au final, ce sont les coureurs qui décident. Et fort heureusement. Je pense qu’ils ont pris les bonnes décisions aujourd’hui. S’ils avaient la sensation que c’était une patinoire, ils ont bien fait de neutraliser. Ils ont compris que ça allait être un carnage si on restait sur un tempo de course normale. Cela a été une preuve d’intelligence de la part des coureurs ». C’est donc groupé et à un rythme extrêmement modéré que le peloton a poursuivi sa route avant que la course ne se relance finalement dans les vingt derniers kilomètres, sur le plat. Benoit Cosnefroy a alors tenté son va-tout mais les équipes de sprinteurs ont comme attendu fait le travail nécessaire pour favoriser un emballage massif. Sur le chemin, les coureurs avaient également obtenu des commissaires la neutralisation des temps dans les trois derniers kilomètres. C’est justement à ce point crucial que l’Équipe cycliste Groupama-FDJ, jusque là relativement épargnée, a été impliquée dans une chute massive. Comme cinq de ses collègues, Thibaut Pinot a été touché avant de remonter sur son vélo et d’être raccompagné par ses coéquipiers vers la ligne.

« Une des pires journées de ma carrière », Thibaut Pinot

« On a évité toutes les chutes jusqu’à celles des trois bornes, poursuivait Marc. Ça montre bien que même dans les derniers hectomètres, et même si c’est tout droit, si ça glisse, ça glisse… Cela fait partie de la course ». « Cela rappelle qu’un Tour peut se perdre en quelques mètres, dans un virage, ajoutait Yvon Madiot. C’était vraiment très dangereux. On glissait dans les virages même avec les voitures, donc sur le vélo, ce n’était vraiment pas facile. C’était une journée vraiment stressante ». Au moment de revenir sur cette journée galère, Thibaut Pinot affirmait lui avoir vécu « l’une des pires journées de [sa] carrière ». « Je pense que tout le monde était dans ce cas-là, tout le monde a eu peur, ajoutait le Franc-Comtois. C’est clairement comme si on roulait sur du verglas. Les coureurs tombaient même lorsque la course était neutralisée ». Ce soir, le leader de l’Équipe cycliste Groupama-FDJ est naturellement classé dans le temps du peloton principal, alors que l’attend demain un premier test en montagne. Un test qu’il devra passer avec les séquelles de sa chute du jour.

Jacky Maillot, le médecin de l’Équipe Groupama-FDJ effectuait d’ailleurs un premier point ce samedi soir. « Sept de nos huit coureurs sont tombés aujourd’hui. Seul Seb a été épargné, débutait-il. Pour Thibaut, il y a des dermabrasions multiples avec un traumatisme du genou. David Gaudu a un traumatisme au niveau du sacrum. William Bonnet souffre d’un traumatisme à l’épaule et d’un traumatisme au niveau de la cuisse gauche. Rudy a lui un traumatisme du genou. Pour les autres, il n’y a pas de véritables traumatismes. On fera le point ce soir avec les soins de nos kinés et ostéopathes, puis on repassera tout en revue demain matin ». « Thibaut était agacé et énervé, mais je pense qu’avec une bonne nuit de récupération, ça devrait rentrer en ordre pour demain, concluait Marc. Mais il n’est pas le seul à avoir touché le sol, alors j’espère que ça va bien se terminer pour tout le monde ».