Il n’aura manqué que la dernière touche pour que l’Équipe cycliste Groupama-FDJ United puisse considérer sa course sur la Coppa Sabatini comme un chef d’œuvre. Ce jeudi, Romain Grégoire et ses acolytes ont livré une partition quasi-parfaite autour de Peccioli, sur un parcours dynamique et dans une journée très pluvieuse. Encore bien soudés dans les dernières boucles du tracé, les équipiers du champion de France ont pu offrir un sprint en côte à leur leader. Ce dernier a simplement dû s’incliner, les armes à la main, face à Benoît Cosnefroy et Clément Venturini.
Au lendemain du Tour de Toscane, et pour le troisième round de sa campagne italienne, la Groupama-FDJ United alignait ce jeudi un groupe remanié à l’occasion de la Coppa Sabatini. Seuls Brieuc Rolland et Maxime Decomble étaient ainsi reconduits d’un jour à l’autre, aux côtés de Romain Grégoire, Kevin Geniets, Lorenzo Germani, Victor Loulergue et Axel Huens. Contrairement à la veille, ce ne sont pas deux grandes ascensions, mais une multitude de montées courtes qui se profilaient sur les 200 kilomètres du parcours. Dans le détail, le peloton avait à franchir à six reprises le « mur » de Peccioli (900m à 10,5%), puis la bosse d’arrivée (1,5 km à 5,7%) par trois fois sur le circuit final. « C’était tout pour Romain, affirmait Frédéric Guesdon. On avait imaginé deux scénarios : l’un d’une course assez calme où la décision se ferait comme les dernières années, dans la dernière ascension du mur ; l’autre dans lequel la météo allait rendre la course assez nerveuse et où ce serait plus compliqué que ça. Ça a penché vers la deuxième option puisque dès le premier tour, il y avait des cassures partout, et la première partie de course a été vraiment animée ». « La pluie ne nous a pas tant dérangés car on s’y attendait ce matin, et il ne faisait pas froid, assurait Romain. Il fallait en revanche être hyper prudent car tous les virages étaient très glissants. Avant chaque descente, c’était la bagarre pour le placement, mais ce n’est pas quelque chose qui me déplaît plus que ça ».
« Il fallait qu’on reste collectif et soudé », Frédéric Guesdon
Pour preuve, lorsque le peloton s’est scindé après une trentaine de kilomètres de course, le champion de France était bien présent en tête avec ses coéquipiers. « On a toujours été présent et dans l’allure, assurait Frédéric. C’est un groupe qui est assez à l’aise avec ces conditions et qui savait aussi qu’on jouait gros avec un Romain motivé sur un parcours qui lui convenait. La météo n’était pas une excuse. On s’est mis dans le match d’entrée et ça a payé. On n’a jamais été en difficulté ou dans l’obligation de rouler derrière une cassure. Le seul bémol du début de course est la chute de Victor dans une descente technique. Il a réussi à revenir dans le match, mais il s’est ensuite senti moins bien et il valait mieux le faire s’arrêter ». Le peloton s’est lui reformé après ce début de course chaotique, puis a navigué à une petite minute de deux hommes échappés, qui ont ouvert la route pendant un moment. Les tours ont défilé, et le moment fatidique de l’ultime ascension du mur de Peccioli s’est rapproché alors que la pluie, elle, cessait enfin. À trente-sept kilomètres du terme, un trio a entamé le « mur » en tête, trente secondes devant un peloton où la Groupama-FDJ United s’est parfaitement replacée. Toutefois, les pentes abruptes vers le vieux centre de Peccioli n’ont pas causé les dommages escomptés.
« On avait décidé de ne bouger que dans le dernier passage du mur, au cas où, et on a donc suivi, reprenait Frédéric. On savait en revanche que la bosse n’allait pas faire tant de différences. Il n’y avait pas beaucoup de monde au départ capable de réaliser un gros écart, à l’image de Del Toro l’an passé. Or si tu n’arrivais pas à faire la différence ici, cela ne servait rien d’insister outre mesure car le circuit était ensuite assez roulant. Ça pouvait revenir vite derrière, donc il fallait qu’on reste ensemble, collectif et groupé pour revenir sur l’échappée s’il le fallait. C’est exactement ce qu’il s’est produit ». Au moment d’entamer les trois tours du circuit final, dont l’unique difficulté était la bosse d’arrivée, la Groupama-FDJ United, encore représentée par cinq coureurs, s’est ainsi mise en ordre de marche derrière une échappée de deux hommes, bientôt rejointe par Giulio Pellizzari. Brieuc Rolland, Lorenzo Germani et Kevin Geniets se sont relayés tour à tour pour combler le trou, et l’Italien ne conservait que vingt secondes d’avance avant le dernier tour, et après s’être débarrassé de ses compagnons de fuite. Dans l’ultime boucle, la chasse s’est encore intensifiée, Lorenzo Germani en a remis une couche, avant qu’Axel Huens ne produise le tout dernier effort au pied de la montée finale.
« J’ai raté le coche donc je suis très déçu », Romain Grégoire
Sous la flamme rouge, Pellizzari était pratiquement repris, mais un moment de flottement lui a permis de reprendre quelques mètres et d’aborder les 300 derniers mètres avec un petit avantage sur la meute lancée à ses trousses. Le sprint final a démarré de très loin, et Romain Grégoire s’est immédiatement imposé dans les premières positions. « C’était une arrivée pour costauds, et ça s’est clairement fait à la patte », disait Frédéric. Dans ce contexte, le champion de France a alors dû se contenter de la troisième place, après être tombé sur un Benoît Cosnefroy plus puissant, alors que Clément Venturini l’a passé tout proche de la ligne. « On a fait une super course d’équipe, les gars ont vraiment fait le boulot, et on était en surnombre dans le final, plébiscitait Romain. On a tout bien fait, mais j’ai raté le coche donc je suis très déçu. Je n’ai pas de regrets en tant que tel car j’ai été battu à la pédale, mais je sais qu’avec de très bonnes jambes, je peux gagner cette course. C’est dommage car c’était une super occasion ». « Collectivement, on a assuré et on s’est donné à 100% pour notre objectif, concluait Frédéric. On a simplement été battu par plus fort au sprint. Romain est déçu car c’est un gagneur, mais on ne peut pas avoir de regrets. On ne repart pas les mains vides. Un podium, c’est déjà bien, et il nous reste deux opportunités samedi et dimanche ».