Ce mardi, le peloton s’en allait rejoindre le Calvados depuis les Yvelines à l’occasion de la 87ème édition de Paris-Camembert. Au terme de quasiment 200 bornes de course, dont les soixante dernières très vallonnées, la ligne d’arrivée était ainsi située à Livarot-Pays-d’Auge. La course s’est avérée relativement calme pendant la première moitié du parcours, malgré un peloton en file indienne en raison du vent, derrière cinq échappés matinaux. « Maximilian [Cushway] est allé rouler en tête de peloton après 70 kilomètres, précisait Tanguy Turgis. Pour son retour de blessure, il a fait du très bon boulot et a super bien protégé l’équipe avant d’arriver sur le circuit. Au kilomètre 105, on s’était dit qu’il y avait moyen de tenter quelque chose compte tenu du vent. On a fait un petit effort, qui n’a pas fonctionné, mais qui nous a bien mis dans la course ». Après 130 kilomètres, le peloton a attaqué les premières côtes de la journée, et le rythme s’est intensifié d’emblée. « Notre but était de durcir dès l’entrée sur le circuit final, avec ces différentes bosses, courtes mais raides, exposait Tom Donnenwirth. L’équipe nous a mis dans de très bonnes dispositions pour que l’on puisse attaquer à tour de rôle, avec notamment Victor et Ewen ». « Baptiste a fait un gros forcing dans la côte de la Cavée et la course a été rendue très dure », complétait Tanguy.

À plus de cinquante kilomètres de la ligne, les premiers mouvements ont été initiés, ce qui a bientôt condamné l’échappée. Puis, dans le deuxième passage de la côte de la Cavée, Ewen Costiou s’est mis en exergue. « On avait pour ambition de faire un gros lead-out pour Ewen, disait Tanguy. Ça ne s’est pas exactement passé comme on le voulait, mais on était présent, et Ewen a contré au sommet. Il y avait une quinzaine de coureurs derrière avec Tom et Victor, puis, ça s’est un peu posé ». « Quand tout le monde était un peu à la limite après le gros coup de force de l’équipe, j’ai pu profiter d’un petit moment de flottement pour partir en échappée avec cinq autres coureurs », relatait Tom. À un peu plus de trente kilomètres de la ligne, le pensionnaire de la Groupama-FDJ United a ainsi pris le large et le peloton s’est rapidement retrouvé à plus de quarante-cinq secondes. « Les consignes étaient claires, reprenait l’intéressé. Je ne devais pas rouler devant, afin de garder un maximum de fraîcheur si on arrivait au sprint, ou pour aider Ewen s’il revenait de l’arrière. C’était une situation idéale pour moi et pour l’équipe ». « On aurait pu en avoir deux si ça s’était mieux goupillé, mais c’était déjà une bonne situation, confirmait Tanguy. On pouvait jouer sur le fait que Tom n’était pas notre leader et il devait rester discret. En revanche, on se doutait que Cofidis allait sacrifier un coureur étant donné qu’ils étaient deux ».

Si l’écart avec le peloton s’est réduit à une trentaine de secondes au dernier passage sur la ligne, la situation n’a guère évolué ensuite. Dans les deux dernières côtes de la journée, les coureurs de tête n’ont pu se départager et ont alors plongé vers Livarot-Pays-d’Auge roue dans roue. À deux kilomètres du terme, de premières tentatives d’anticipation ont eu lieu, mais c’est finalement Pierre Gautherat qui a surpris ses rivaux dans le dernier kilomètre pour s’imposer avec quelques longueurs d’avance. « Il a lancé de très loin et il a gagné à la pédale, témoignait Tom. Derrière, il s’en est fallu de peu pour que j’accroche la deuxième ou la troisième place, mais je n’ai pas réussi à faire le sprint que je voulais. Je manque peut-être encore d’un peu de force en fin de course, mais le podium n’était vraiment pas loin. C’est frustrant, car j’aurais vraiment aimé finir sur la ‘’boîte’’ d’une belle course comme celle-là ». Tom Donnenwirth a ainsi coupé la ligne en quatrième position ce mardi, deux jours après sa onzième place sur la Roue Tourangelle. « À un demi-vélo près, il était deuxième, disait Tanguy. C’est le petit regret, car on aurait pu faire un peu mieux, mais ça fait deux fois en trois jours qu’il arrive pour la gagne, et c’est aussi assez nouveau pour lui. Il y a encore quelques détails à peaufiner, mais il a beaucoup mieux géré que dimanche ».

« Cela confirme au moins que je suis en forme et c’est le plus important avant les belles échéances qui arrivent, concluait Tom. Je suis surtout content d’avoir trouvé une régularité dans mon entraînement et dans les courses auxquelles je participe, que ce soit en tant que coéquipier sur les courses plus relevées, ou lorsque j’ai ma carte à jouer sur des épreuves de niveau inférieur. Petit à petit, ça se rapproche, et j’espère que la victoire est pour bientôt. En tout cas, toute l’équipe a été top, et le staff nous a encore mis dans de super conditions ».« On a encore touché du doigt un top résultat, il faut persévérer, mais je suis content de la journée, ponctuait Tanguy. Avec cette équipe de jeunes, on a montré de l’agressivité, de l’envie et une attitude exemplaire. On a été acteurs et on reste sur une bonne dynamique ! »

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