Thibaut Pinot est intenable !

Au lendemain de sa superbe victoire au sommet du Tourmalet, Thibaut Pinot a encore marqué les esprits dans la dernière étape pyrénéenne, gagnée en solitaire au Prat d’Albis par le Britannique Simon Yates (Mitchelton-Scott). En profitant du travail de ses équipiers tout au long de la journée, le leader de l’équipe Groupama-FDJ a attaqué à 6 kilomètres de l’arrivée pour prendre la deuxième place et gagner du temps sur tous ses rivaux. A la veille de la journée de repos, il est quatrième à moins de deux minutes du maillot jaune.

David Gaudu l’avait annoncé samedi en fin de journée, après la victoire de son leader il ne faisait pas de doute que Thibaut et ses équipiers auraient ‘’encore plus les crocs’’. La quinzième étape l’a confirmé.

En quittant Limoux, le peloton a encore bataillé pour désigner l’échappée du jour et dans le groupe de 37 coureurs qui a pris les devants, figuraient onze coureurs du Top 30 de même que Sébastien Reichenbach et Rudy Molard. Il fallait encore gravir le col de Montségur, le très usant Pors de Lers, le Mur de Péguère et cette montée inédite du Prat d’Albis.

Simon Yates a profité du Mur de Péguère pour s’isoler en tête de course et contrôler le Basque Landa (Movistar) passé à l’offensive dans cette même ascension. Egalement pour empêcher celui de Thibaut Pinot, déchaîné, exalté, tellement bien soutenu par les siens.

« On lui a dit ‘’vas-y si, tu as les jambes, fais toi plaisir ! » Y. Madiot

Avant le sommet du Mur de Péguère, tandis que David Gaudu gérait un petit passage à vide, le leader de Groupama-FDJ a récupéré Rudy Molard qui l’a bien aidé avant d’atteindre Foix et d’attaquer l’ascension finale. A ce moment précis, David Gaudu avait effectué son retour et s’est mis immédiatement au service de Thibaut.

A huit kilomètres de l’arrivée, David a nettement durci le ton, éliminant immédiatement quelques coureurs. A six kilomètres du but, Thibaut a attaqué, suivi des seuls Buchmann (Bora-Hansgrohe), Bernal (Team Ineos) et Alaphilippe (Deceuninck-Quick Step). Un kilomètre plus haut, Thibaut retrouvait sébastien Reichenbach dont le relais lui a permis de souffler. Moment où le maillot jaune a lâché prise. Puis Buchmann a cédé. De même que Bernal. Thibaut ne lâchait rien et finissait par reprendre Landa à 1,6 kilomètres de l’arrivée, lequel a eu l’élégance de ne pas disputer la deuxième place et les six secondes de bonification inhérentes.
A l’arrivée, Thibaut franchissait la ligne  à 33 secondes de Yates mais avec 18 secondes d’avance sur Bernal et Buchmann, 49 secondes sur le vainqueur sortant Geraint Thomas et Kruijswijk, 1’16’’ sur Alaphilippe. Juste superbe !

« Si on regarde le plan comptable, dit Yvon Madiot, c’est une bonne journée. On a placé deux coureurs à l’avant, on savait donc qu’on aurait la possibilité d’aider Thibaut. Ce fut le cas avec Rudy Molard dans le Mur de Péguère, avec Sébastien Reichenbach dans le Prat d’Albis. C’était une bonne stratégie. On savait le pied de cette dernière ascension difficile et que c’était plutôt roulant en haut. Thibaut se sentait bien et nous a demandé ‘’qu’est-ce qu’on fait ?’’. On lui a dit ‘’vas-y si, tu as les jambes, fais toi plaisir !’’ Ce soir les Pyrénées sont finies, il a repris du temps à tout le monde. Maintenant c’est repos et direction les Alpes. »

«  Maintenant, on est parti pour remonter au général » T. Pinot

Thibaut ne tenait pas un autre discours, maintenant c’est repos, une remise en route plane, mardi, autour de Nîmes et puis les Alpes. Il peut être à la fois satisfait et confiant.

« Aujourd’hui, sous la pluie, c’était ma météo, il fallait que j’en profite, dit-il. C’était une étape comme j’aime, j’avais de bonne sensations. Je savais la fin du Prat d’Albis moins raide et je savais ne pas prendre trop de risques à me mettre dans le rouge quand j’ai attaqué parce que si je me faisais contrer, j’avais les moyens de suivre. Dans les Pyrénées, j’ai repris du temps à tout le monde, c’est le principal. Je suis quatrième du classement général à 1’50’’ du maillot jaune, c’est très bien. Maintenant, on est parti pour remonter au général, les étapes les plus dures arrivent. Si j’ai les jambes, je continuerai à prendre du temps. Je dois dire que la tactique mise en place ce matin a marché nickel. Il y a eu un gros boulot de David Gaudu et aussi de Rudy Molard et Sébastien Reichenbach. On montre qu’on a une équipe solide et offensive et ça paye !»