Thibaut Pinot accumule les coups

Cela fait quand même beaucoup, beaucoup trop pour Thibaut sur qui la malchance s’acharne. En trois jours, la très belle impression laissée par le leader de l’équipe FDJ dans le contre la montre d’Utrecht, s’est volatilisée contre son gré.

Après une cassure dans l’étape de Zélande, la chute dramatique de son équipier William Bonnet qui lui a coupé les jambes sur la route de Huy, il a été victime d’une panne de batteries de son dérailleur tandis qu’il bataillait sur les secteurs pavés dans le premier peloton. A l’arrivée, ce sont trois nouvelles minutes perdues. Autant dire que son objectif dans le Tour va changer.

« Quand ça veut pas… a-t-il dit en descendant de vélo. J’ai connu un problème mécanique, le dérailleur bloqué sur le plus grand braquet. Ma voiture était en quinzième position, à l’arrière et dans ce cas-là on s’expose à attendre longtemps. C’est décevant mais on va essayer de voir la suite avec l’équipe FDJ parce que le Tour n’est pas fini ».

« Mathieu Ladagnous lui a proposé son vélo en revenant sur lui, précise Yvon Madiot, mais le vélo est différent et de toute façon Thibaut ne serait pas revenu sur la tête. Il est déçu, il se battait bien dans le premier peloton. La fatigue s’accumule, la déception aussi. Chaque jour il prend un coup et nous avec. On va essayer de digérer et de repartir. Maintenant à par des étapes, il n’y a pas grand chose à aller chercher. On est un peu sonnés… »

De son côté Marc Madiot, en rassembleur, tenait un discours sage, en pensant à William Bonnet, opéré en cours d’après-midi.

« On le sait désormais, cela aurait pu être beaucoup plus grave pour William, dit Marc, il m’a envoyé un SMS avant de passer sur la table d’opération et avait le moral. J’espère que ça va durer. Pour la course on verra demain. Il y a encore de belles étapes. Thibaut donnait le maximum pour être devant, il a le droit d’être très déçu. Mais ça reste une course de vélo et le vélo n’a pas d’état d’âme quand il tombe en panne. L’an dernier ça s’était bien enchainé, là c’est l’inverse. On va se concentrer sur les étapes à venir. Jour après jour. Les Pyrénées sont dans 4 jours… »