Le menu concocté autour de Binche ce mardi n’avait rien d’étranger aux coureurs. Le traditionnel circuit usant autour de la commune belge était en effet reconduit dans cette 39ème édition, avec la courte mais redoutable rue pavée menant à l’arrivée, puis un long faux-plat de près de trois kilomètres censé fatiguer les organismes et favoriser l’action. Malgré tout, les sprinteurs demeuraient en tête des pronostics. « On n’avait pas les coureurs les plus rapides au départ, donc notre idée était de devancer le sprint et d’être bien présent dans la dernière heure et demie de course pour durcir la course tout en gardant Clément en réserve, exposait Frédéric Guesdon. C’est exactement ce qu’on a fait ». Alors que l’échappée matinale était déjà à portée de fusil à quatre tours du terme, la grande bagarre s’est ainsi initiée, et Axel Huens a été le premier à véritablement y prendre part en intégrant un groupe de costauds. Ce contre a d’abord revu l’échappée, mais a lui-même été rattrapé par le peloton un tour plus tard. Thibaud Gruel a dès lors tenté de relancer, mais c’est une offensive consécutive à la sienne qui a pu prendre les devants pendant quelques minutes. « On a été piégés une fois, mais c’est vite rentré dans l’ordre, soulignait Frédéric. On savait qu’il nous serait difficile de boucher les trous donc l’idée était toujours d’avoir un coup d’avance. Axel et Thibaud y sont parvenus grâce aussi à l’aide de leurs équipiers. À chaque fois qu’il y a eu des coups sérieux, on y était ». 

À trente kilomètres du but, le peloton a tout de même opéré un regroupement général, certes mis à mal par des offensives incessantes, mais qui a tout de même tenu jusqu’à l’entame de la dernière des cinq boucles autour de Binche, soit à seize kilomètres du terme. Peu après le franchissement de la ligne, les hostilités ont toutefois repris de plus belle, et Thibaud Gruel a été prompt à réagir lorsque certains hommes forts se sont extirpés sur le faux-plat. Quelques kilomètres plus loin, à la faveur d’une contre-attaque, Axel Huens a rejoint son acolyte, et les deux hommes ont ainsi participé à une très solide échappée de dix coureurs dans les derniers instants de la course. « C’était quasiment parfait, disait Frédéric Guesdon. Malheureusement, ils n’ont pas réussi à trop creuser sur le peloton, notamment car certains ne roulaient pas beaucoup dans le groupe. L’entente n’était pas optimale ». Leur avantage a pourtant frôlé les vingt secondes à cinq kilomètres du but, mais à deux bornes de l’arrivée, l’aventure s’est terminée, laissant alors place à un emballage peu orthodoxe sur les 500 mètres de pavés à 4% de pente moyenne. « Ils ont été repris juste avant le pied, mais Thibaud a réussi à trouver un second souffle pour rester placé, ajoutait Frédéric. Malheureusement, il s’est fait un peu serrer, Brennan a laissé la cassure sur les trois premiers, et il n’a pas pu disputer les premières places ». 

Sur la ligne, le Tourangeau a tout de même pu conclure sa solide journée par une septième position. « C’est quand même signe qu’il est en forme, assurait Frédéric. On visait évidemment mieux, mais on voulait être offensifs et on était à deux doigts de réussir notre pari. Je pense qu’on ne peut pas avoir de regrets. Il vaut mieux tenter que d’attendre le sprint. Ça finira par sourire. Heureusement, il y a quand même un résultat au bout aujourd’hui, car l’équipe est très offensive depuis un moment sans toujours récolter le résultat qu’elle mérite. En ayant encore été dans l’action, on est quand même parvenus à mettre deux coureurs dans les douze premiers (Clément Russo 12e, ndlr). C’est au moins une petite récompense pour la journée des gars ».

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