Dans une course à élimination sur un circuit extrêmement éprouvant du côté de Novazzano ce jeudi, lors de la cinquième étape du Tour de Suisse, Stefan Küng et Sébastien Reichenbach ont répondu présent. Sur leurs terres, les deux coureurs helvètes se sont mêlés à la bagarre finale face aux grands favoris de l’épreuve. Le spécialiste du contre-la-montre a encore épaté en venant signer une septième place sur la ligne, à six secondes du vainqueur Aleksandr Vlasov, tandis que le grimpeur du Valais a signé la dixième place du jour. Avant les deux étapes de montagne, ils occupent respectivement les cinquième et neuvième places du général.

« Le circuit était trop dur pour partir de loin », Philippe Mauduit

La vraie montagne n’était pas encore au programme du Tour de Suisse ce jeudi, mais les prétendants au classement général avaient eux tout à perdre dans un cinquième acte très exigeant. Si la première moitié de l’étape ne comportait pas de difficulté majeure, et a d’ailleurs permis le développement d’une échappée incluant Silvan Dillier (Alpecin-Fenix), Anthony Turgis (TotalEnergies), Johan Jacobs (Movistar), Alexander Kamp (Trek-Segafredo), Claudio Imhof (Suisse), les quatre-vingts derniers kilomètres étaient d’un tout autre acabit. « Une fois qu’on est arrivés sur le circuit, la course a vraiment commencé, et ça a été une course d’élimination, notait Stefan Küng. Avec la chaleur, un circuit sinueux qui ne faisait que monter et descendre, ce n’était vraiment pas simple. La clé était de bien s’hydrater et se rafraîchir ». « Il y avait encore plusieurs scénarios possibles aujourd’hui, mais le plus probable était une course d’attente et c’est celui pour lequel on a finalement opté, expliquait Philippe Mauduit. On se doutait que le circuit était trop dur pour partir de loin ». En tête, l’échappée a débuté ces « montagnes russes » avec un capital de quatre minutes qui s’est évidemment réduit au fil des bosses. L’échappée a perdu des unités dès les premiers reliefs, tout comme le peloton, où le maillot jaune était distancé de bonne heure. Au premier passage sur la ligne d’arrivée, à cinquante kilomètres du terme de l’étape, on ne comptait déjà plus qu’une soixantaine de coureurs dans le paquet principal.

Plusieurs équipes intéressées par la victoire d’étape ont dès lors maintenu un gros tempo pour opérer une sélection par l’arrière. « À cinquante kilomètres, je ne me sentais pas super bien, glissait Stefan Küng. Je me doutais que ce serait difficile, mais je réussissais à récupérer et je voyais que les autres avaient tout aussi mal que moi. Ça s’est fait à l’usure, avec les jambes et la tête. J’ai commencé à me sentir de mieux en mieux, puis j’ai essayé de m’accrocher sur la fin ». À un tour du terme, soit trente kilomètres de l’arrivée, seule une quarantaine d’hommes demeurait dans le peloton, dont Stefan Küng, Sébastien Reichenbach, Thibaut Pinot, Quentin Pacher et Matteo Badilatti. Auteur d’une solide journée à l’avant, le champion de Suisse Silvan Dillier a été le dernier échappé à rendre les armes, dans le mur de Morbio Inferiore (1 km à 8,6%). Dans l’ascension suivante, à Pedrinate (2,5 km à 7,7%), le rythme s’est encore intensifié et a notamment condamné Thibaut Pinot à un kilomètre du sommet. A contrario, Sébastien Reichenbach a lui été prompt à suivre les attaques des principaux favoris à l’approche du haut, Stefan Küng devant pour sa part concéder quelques secondes avant la bascule. C’est alors dans une portion plate menant vers la montée finale (2 km à 5,8%) que tout s’est joué. Après une petite période d’observation, cinq coureurs sont parvenus à s’extirper d’un groupe d’une quinzaine.

« Ça faisait plaisir de jouer devant avec les grimpeurs », Stefan Küng

« Ils sont sortis juste au moment où je revenais sur le groupe des favoris, racontait Stefan. Je suis reparti en contre, mais les Bora-hansgrohe étaient partout ». Grâce à un bel effort, le rouleur suisse est revenu tout proche des hommes de tête à la flamme rouge, mais les derniers hectomètres d’ascension ont joué en la faveur des puncheurs/grimpeurs. « Il n’y avait rien de plus à faire, soufflait Stefan. J’ai fait le maximum et ça faisait quand même plaisir de jouer devant avec les grimpeurs. On espère toujours mieux faire, mais j’ai tout donné. Je ne pensais qu’à la victoire d’étape, j’y ai cru un bref moment mais il aurait fallu que tout s’aligne de mon côté ». Sur la ligne, Aleksandr Vlasov s’est alors adjugé la victoire tandis que le double champion d’Europe du chrono a signé la septième place, à six secondes, Sébastien Reichenbach arrachant lui la dixième place à neuf secondes. « Je crois qu’on n’a pas à rougir de la performance globale de l’équipe aujourd’hui, affirmait Philippe. Ce qu’a fait Stefan n’est pas une surprise. Quand on se souvient de ce qu’il a réalisé sur la dernière étape de Paris-Nice, on s’imaginait qu’il pouvait passer aujourd’hui. Maintenant, il paie forcément son gabarit par rapport aux autres. On peut en tout cas considérer qu’il a renouvelé une grosse performance aujourd’hui. Seb confirme son état de forme depuis le début de saison. Quant à Thibaut, il faut aussi se satisfaire de sa journée. On sait qu’il a des difficultés dans les fortes chaleurs. C’est bien de voir qu’il était encore là jusqu’à 7-8 kilomètres de l’arrivée. Sa forme est grandissante et je pense qu’il est en bonne voie pour le Tour ».

Au classement général, Stefan Küng se situe toujours en cinquième position, à désormais seize secondes du leader Vlasov, alors que Sébastien Reichenbach fait son entrée dans le top-10, à la neuvième place (à 43 secondes). « Demain, c’est la haute montagne, donc je vais laisser le terrain aux vrais grimpeurs et commencer à me concentrer sur le chrono, souriait Stefan. Seb est toujours dans les billes et je pense qu’il peut aller chercher quelque chose demain ».

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1 commentaire

Miserez

Miserez

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Le 17 juin 2022 à 10:10

Stefan a vraiment franchi un cap cette année, il passe super bien les bosses, il joue les coudes dans les sprints.
Il fera partie des favoris dans n’importe quelle classique !