Marc Sarreau : « On peut toujours faire mieux ! »

Marc Sarreau est en stage toute la semaine à Calpe avec ses équipiers engagés, comme lui, dans les courses du début de saison en France. Double vainqueur d’étapes de l’Etoile de Bessèges en 2018, le sprinteur de l’équipe Groupama-FDJ est ambitieux, soucieux de rééditer en 2019 une saison pleine et de franchir de nouveau un palier.

Une saison 2018 satisfaisante.

Marc, avant d’envisager la saison 2019, quel regard portes-tu sur l’exercice précédent ?

Je suis satisfait. Mes objectifs ont été atteints même si on en veut toujours plus et faire mieux. Après ma première année professionnelle en 2015, j’étais content parce que j’avais déjà une victoire à mon palmarès. J’ai ensuite progressé pendant les deux années suivantes en gagnant seulement une nouvelle étape du Tour de Poitou-Charentes. En 2018, j’ai obtenu cinq victoires, je n’en espérais pas tant il y a un an. Ça me permet de passer un bon hiver mais une fois le bilan fait, on bascule vite dans la suite et je sais que le plus dur est de faire mieux.

Tu as profité de ta coupure hivernale pour partir en vacances ?

Non, je suis resté à la maison, et j’ai bien profité de ma famille. J’ai également fait quelques travaux. Physiquement, je me suis entretenu en faisant de la course à pied et de la piscine. En plus des activités manuelles à la maison. Ma saison s’était arrêtée un peu plus tôt que prévu. Une semaine après la Vuelta, je me suis cassé un doigt de pied dans un accident domestique et à regret j’ai loupé les courses pas loin de chez moi (Paris-Bourges, Paris-Tours). J’ai bien rechargé les batteries mais je n’ai pas repris l’entraînement plus tôt. Je me suis adonné à la PPG…

Pardon ?

La préparation physique générale, ça englobe tout. J’ai repris le vélo avant la randonnée des supporteurs au Parc des Oiseaux en novembre.

Comment aborderas-tu le début de saison, le 3 février ?

« Je dois être performant »

Je vais avoir un peu plus de pression sur les premières courses. Aujourd’hui, personne n’y arrive à moitié prêt. Mentalement et physiquement, il faut être bon. Je dois être performant. Je suis un peu sur le même schéma que 2018 et je me sens bien. La dernière saison a été un peu plus courte, ma préparation a donc un peu changé. De toute façon, il n’est pas suffisant de répéter forcément un plan pour croire que tout va se passer pareil.

Quel était le programme de ce stage à Calpe ?

On a fait du volume et des intensités. Ici il fait beau, le stage tombe à pic vu le temps qu’il fait en France. On est un bon petit groupe de sept coureurs puisque William Bonnet ayant un problème de genou et de dos a dû écourter son stage. Nous sommes quasiment la même équipe que l’an dernier à l’Etoile de Bessèges sinon que Romain Seigle a pris la place de Benjamin Thomas qui se consacre à la piste et que Mickaël Delage n’était pas là il y a un an. Le stage a commencé le 18 janvier, il s’achève le 25 janvier mais auparavant, j’avais fait un stage personnel à Calpe. J’y suis allé seul avec ma famille mais sur place, il y avait Mika qui était arrivé un peu avant moi. Après mon retour, dans quelques jours, je vais bien récupérer et assimiler le travail.

Groupama-FDJ te dédie une équipe à ton service. Es-tu heureux de ton statut ?

Mon statut va avec ma progression. J’ai montré que je peux gagner, l’équipe me fait confiance et me donne des responsabilités en me laissant grandir tranquillement. J’espère continuer sur cette même voie.

Quels sont tes objectifs en 2019 ?

Un calendrier 2019 proche de celui de 2018 !

Le calendrier sera un peu comme celui de 2018. Je ne vais pas disputer trop de courses par étapes en World Tour. Pour moi la réussite se résumera en nombre de victoires mais j’aimerais vraiment gagner une course en World Tour justement. J’aimerais aussi faire aussi bien dans les grandes épreuves comme Paris-Roubaix. Ce serait un gage de progression. Enfin, j’aimerais faire un Grand Tour et y faire mieux.

Il est vrai que tu as fait une très belle Vuelta en 2018 ?

Je m’y suis surpris. Je n’ai pas encore dans les jambes quelques compétitions pour le mesurer précisément mais j’ai l’impression que ça m’a apporté beaucoup de finir un Grand Tour pour la première fois. C’est un cap dans ma carrière. A l’entraînement, je constate que j’encaisse un peu mieux les charges de travail mais il me tarde d’être en course pour voir la différence.

Et dès le début de saison, tu vas bénéficier de l’expérience de Mickael Delage qui sera ton lanceur ?

Il l’a été dans le Tour de Pologne en août dernier puis dans le Tour d’Espagne.

Cette année, il va faire avec moi une grande partie de la saison. C’est une marque de confiance de l’équipe de me mettre un lanceur. J’avais travaillé avec Mika quand j’étais dans le groupe d’Arnaud Démare et on échangeait beaucoup. Dans la préparation des sprints, j’étais juste devant lui pendant un an ou deux. On a nos marques. Nous avons encore des réglages à trouver, on n’a pas sprinté trente fois tous les deux mais c’est un soutien important. Il a derrière lui beaucoup d’années de poisson pilote.

Quel est ton programme de courses ?

Le Grand Prix « La Marseillaise » (3 février), l’Etoile de Bessèges (7–10 février) et l’UAE Tour en World Tour (24 février-2 mars). L’idéal est de gagner une étape dans chaque course par étapes. Mon apprentissage n’est pas terminé, il ne le sera jamais. On apprend sans cesse sur soi-même, sur les courses et leurs particularités, sur les tactiques, sur nos adversaires, c’est sans fin. On peut toujours faire mieux.

Par Gilles Le Roc’h.