L’équipe perd Benjamin Thomas lors d’une longue journée

Au lendemain de la victoire d’Arnaud Démare en Sicile, le Giro retrouvait le continent ce mercredi. Dans une étape calabraise plutôt dessinée pour les baroudeurs/grimpeurs, le champion de France et ses coéquipiers n’ont pas insisté outre-mesure. Néanmoins, le champion du monde de l’Omnium Benjamin Thomas, en souffrance depuis deux jours, a été contraint à l’abandon peu après la mi-course.

« On a pu célébrer comme il se doit », Sébastien Joly

Au terme de la plus courte étape en ligne du Giro 2020 mardi, les coureurs ont immédiatement pris la direction du ferry supposé les ramener sur le continent, d’où la Corsa Rosa repartait aujourd’hui. Les conditions n’étaient pas optimales pour fêter le premier succès du champion de France, mais elles étaient néanmoins suffisantes. « Le transfert s’est très bien passé, confirmait ainsi Sébastien Joly. Au total, nous avons dû mettre 3h30 pour rejoindre l’hôtel. Trois coureurs ont pu se faire masser dans le bus, ce qui nous a permis d’avancer sur la récupération, et les autres l’ont été à l’hôtel. Ils sont passés à table vers 21h30 et on a alors pu célébrer cette belle victoire comme il se doit, avec un peu de Prosecco, le « champagne » local ». Pour autant, il n’a pas fallu lésiner sur la récupération à la veille de la troisième plus longue étape du Giro, qui affichait 225 kilomètres, et qui imposait de fait un départ bien matinal. « En plus d’être relativement longue, l’étape était assez dure aujourd’hui puisqu’il y avait un beau dénivelé au programme (4700) », rappelait Sébastien.

Dans cette cinquième étape, les coureurs de la Groupama-FDJ sont ainsi restés sagement dans le peloton alors que Filippo Ganna, membre d’une échappée matinale de huit hommes et déjà vainqueur du chrono inaugural, parvenait à résister au peloton des favoris et s’octroyer son deuxième succès sur l’épreuve. Arnaud Démare et ses collègues ont terminé moins d’une demi-heure plus tard, après quasiment 6h30 de selle. « Les délais n’étaient pas les mêmes qu’à l’Etna, car la catégorie de l’étape différait, soulevait Sébastien. Ils étaient un peu plus courts et il fallait bien gérer notre affaire. On avait estimé qu’ils se situeraient entre 40 et 45 minutes. Ils ont finalement été de 43 minutes. En termes de gestion, il n’y a donc eu aucun souci ni aucune panique ». En revanche, seulement sept coureurs de l’équipe ont complété l’étape du jour, puisque Benjamin Thomas a été contraint d’abandonner en cours de route ce mercredi.

« C’est toujours regrettable de perdre un coureur », Sébastien Joly

« Il n’était pas top depuis deux jours, expliquait Sébastien Joly. On espérait que ça s’améliore, même si ce n’est pas simple sur un Grand Tour. Ça n’a pas été le cas. Dès lundi soir, on a effectué un test Covid pour Benjamin, dans le but de le rassurer mais aussi de rassurer l’ensemble de l’équipe. RCS a mis en place des tests moléculaires qui permettent  d’obtenir les résultats en vingt minutes. Ils sont tous les jours à l’arrivée, mais on peut aussi les faire venir à l’hôtel et c’est ce qu’on a fait. Nous pouvons remercier l’organisation, car cela nous permet d’écarter rapidement le moindre doute ». Dans l’incapacité de jouer une belle place lors du contre-la-montre à Palerme, en raison d’un vent changeant, Benjamin Thomas ne pourra donc défendre sa chance sur les chronos suivants, ni participer à l’effort collectif. « Son abandon est dommageable car nous perdons un bon élément, qui était important dans l’approche du sprint, confiait Sébastien. On envisageait d’ailleurs de le placer devant Miles pour voir ce que ça pouvait donner. On n’aura pas eu l’occasion de le faire. C’est toujours regrettable de perdre un coureur sur un Grand Tour, mais ça fait partie du sport ».

C’est donc sans son champion du monde de l’Omnium que l’Équipe Groupama-FDJ poursuit l’aventure sur ce Giro, et s’en ira, dès demain, découvrir la fabuleuse cité de Matera. « C’est l’une des étapes marquées d’un point d’interrogation, concluait Sébastien. Cela semble jouable, mais tout dépendra de la vitesse. Si elle est très élevée, cela peut exploser même sur cette bosse d’arrivée, qui est longue mais tout de même relativement roulante. En ce sens, ce sera un peu différent du final à Agrigente le deuxième jour. Aussi, deux étapes encore plus propices suivront. Tout dépendra donc aussi de la façon dont Arnaud voit les choses : s’il souhaite viser les trois ou préfère faire l’impasse sur une pour se focaliser sur les deux autres. Ce n’est qu’en discutant avec lui ce soir, en fonction ce que ses sensations du jour ont été, qu’on définira notre approche pour demain ».