La tournée australienne s’achève sur une pointe de déception

Prise dans une cassure à une vingtaine de kilomètres de l’arrivée sur la Cadel Evans Great Ocean Road Race, l’Equipe cycliste Groupama-FDJ n’a pu défendre ses chances comme elle l’aurait espéré pour sa première participation à l’épreuve ce dimanche. Marc Sarreau s’est malgré tout employé jusqu’au bout, avec l’aide de ses collègues, pour obtenir un top 20 qui vient clore la tournée australienne de l’équipe.

Jamais, au cours des cinq premières éditions, un emballage massif n’avait décidé de la victoire sur la Cadel Evans Great Ocean Road Race. Autour de son homme fort Marc Sarreau, la Groupama-FDJ avait de fait un beau challenge face à elle. « Après la reconnaissance du parcours, on s’est certes dit que ce n’était pas un tracé facile, mais on avait de vraies ambitions », assurait Jussi Veikkanen. Avant de rentrer sur le circuit final décisif à boucler quatre fois, avec le petit mur de Challambra Crescent, il y avait toutefois quelques pièges à éviter tandis qu’un duo australien (Carter Turnbull et Elliot Schultz) s’en allait constituer l’échappée matinale.

« On espérait un poil mieux », Jussi Veikkanen

« La course a immédiatement été rendue très nerveuse en raison du vent. Le peloton était d’ailleurs cassé en deux après dix kilomètres et on dormait un peu en début de course, a constaté Jussi. Heureusement, c’est ensuite rentré dans l’ordre. On savait aussi qu’à mi-course, il y avait de grandes chances que ça bordure. C’est ce qu’il s’est passé. Les mecs étaient plus attentifs, on avait les coureurs qu’on espérait devant, même si ça s’est à nouveau regroupé. Puis on est arrivé sur le circuit final, et lors du deuxième passage dans la bosse, un groupe de cinq est sorti avec Fabian Lienhard. Ce n’était pas forcément prévu et Fabian a gaspillé de l’énergie à ce moment ».

Le jeune Suisse et ses compères de fuite n’ont pas franchement eu l’occasion d’y croire et Mitchelton-Scott s’est chargée de faire le forcing à 25 kilomètres du but. « Après la troisième montée, un gros groupe de dix-sept est sorti et on n’avait personne dedans, c’est un peu dommage, regrettait Jussi. C’était un groupe mixte, avec des puncheurs, des grimpeurs et 2-3 sprinteurs. On a raté la cassure comme NTT et d’autres. Ca a roulé derrière mais c’était bien organisé à l’avant et ce n’est jamais rentré. Marc arrive dans un troisième groupe et termine 18ème. Il était évidemment déçu à l’arrivée. On espérait un poil mieux. Il est clair qu’aller chercher la victoire, ça aurait été compliqué, mais je pense qu’on pouvait mieux faire aujourd’hui, notamment collectivement ».

Malgré cette fin de tournée légèrement mitigée, notre directeur sportif Jussi Veikkanen dressait un bilan encourageant de cette campagne australienne, soulevant quelques signaux très positifs avant les prochaines échéances.

Jussi, quel bilan dresser de cette tournée avec quatre top-10 mais sans podium ?

Sur le résultat brut, on espérait faire mieux, mais on savait aussi qu’il y aurait un gros plateau de sprinteurs ici. C’est dommage de ne pas avoir à réussi à aller chercher une victoire, qui aurait évidemment fait très plaisir au groupe. Car lorsqu’on est trois semaines ensemble, ça sourit forcément toujours plus quand ça gagne ou quand il y a de grosses performances. Néanmoins, on a vu du bon investissement de la part de tout le groupe, avec des accessits pour Bruno et Marc. De manière générale, les gars montent en puissance et ça va payer derrière.

« C’est un bloc de travail qui va payer »

Au-delà des résultats, c’est aussi le travail effectué qui sera primordial pour la suite ?

On a quand même passé trois semaines ensemble ici et chacun a évidemment progressé par rapport au premier jour. C’est une bonne chose et ça va servir de tremplin pour les courses qui arriveront prochainement, après quelques semaines de repos et de récupération. On a récupéré les coureurs alors qu’ils étaient sur la fin de leur préparation hivernale. Certains coureurs ici, notamment les Australiens, étaient eux totalement prêts. Pour nous, c’est un bloc de travail qui, ont le sait, va payer pour la suite. C’est important à retenir.

Quelle était l’atmosphère au sein l’équipe durant ce séjour ?

On ne les a pas bloqué dans leurs chambres d’hôtel pendant trois semaines. Je pense donc que chacun a pu profiter du côté sympa de l’Australie. Pour certains c’était d’ailleurs une découverte, comme pour Bruno, Fabian et Marc. Je dois encore prendre la température quant à leur ressenti global du séjour mais je pense que ça a beaucoup plu à l’ensemble du groupe.

« Ca n’aurait pas dérangé certains de rester un peu plus »

C’était aussi la première expérience en course de Fabian Lienhard avec l’équipe.

Je pense que sur le plan humain, c’est un mec qui s’intègre très bien au groupe. Ensuite, il n’a pas encore l’expérience d’une grosse équipe, donc certains automatismes viendront avec le temps. Mais c’est un mec qui a envie de donner à l’équipe et c’est qu’il faut retenir. J’espère que lui aussi pourra mettre en œuvre ce qu’il a appris d’ici peu de temps, surtout dans le train de Marc. 

Quel est le programme avant le retour ? On va encore rester lundi. Il y aura une petite sortie récupération au programme. Ensuite on remballera tout le matériel et mardi on repartira avec les valises et une vingtaine de colis vers l’Europe. Je suis sûr que s’il y avait eu possibilité de rester quelques jours supplémentaires ici, au lieu de retrouver l’Europe, 2-3 auraient accepté volontiers. Il ne fait pas super chaud mais c’est assez agréable. Pour autant, c’était ma neuvième fois ici, en tant que coureur ou directeur sportif, et je n’avais encore jamais connu de telles variations de températures et de météo. Avant-hier, il faisait 40°C. Les filles ont eu de la pluie et 15°C hier. Il y a eu une tempête la nuit dernière, et aujourd’hui on avait 20°C avec un gros vent. Enfin, malgré ça, ça n’aurait pas dérangé certains de rester un peu plus…