La Conti et la WorldTeam toujours plus proches !

La filiation entre la Conti et la WorldTeam atteint un nouveau stade cette semaine. Grâce à une mesure nouvellement instaurée par l’UCI, les coureurs pensionnaires d’une équipe dite « de développement » ont désormais la possibilité de courir avec l’équipe « mère » durant la saison. En la matière, l’Équipe cycliste Groupama-FDJ fera ainsi partie des pionnières en permettant cette semaine à Jake Stewart (20 ans) et Lars van den Berg (21 ans) de disputer respectivement le Tour d’Algarve et le Tour du Haut-Var avec « les grands ». Une stratégie qui colle en tout point à la philosophie de l’équipe, et que nous détaille Yvon Madiot.

Yvon, peux-tu dans un premier temps décrire cette nouvelle disposition ?

La première condition est d’avoir une équipe réserve totalement rattachée à l’équipe WorldTeam. Ce qui est notre cas. C’est une mesure qu’on demandait à l’UCI depuis quelques temps. On avait anticipé la chose, et avec la création de l’équipe continentale l’an passé, on était donc prêt à faire feu dès que ça se mettrait en place. C’est désormais le cas. On peut faire grimper jusqu’à quatre coureurs de la réserve dans la WorldTeam, en même temps, sur des courses de classe 1, et maximum deux sur des épreuves UCI Pro Series. On avait envie d’avoir cette possibilité d’échanger des coureurs depuis très longtemps. La Conti est une équipe de formation, on veut y développer les jeunes talents. Alors quoi de mieux qu’une sorte de stage en entreprise ?

« On comptera vraiment sur nos jeunes »

Cela peut-il s’apparenter aux stages traditionnellement effectués du 1er août à la fin de saison ?

Ce sont un peu des stagiaires, mais tout au long de l’année, effectivement. Des places leur sont d’ores et déjà réservées sur quelques courses, quitte à mettre un peu en concurrence nos coureurs de la WorldTeam. Il y avait donc une place attribuée pour le Tour d’Algarve et une autre pour le Tour du Haut-Var même si on pouvait avoir des candidats au sein de notre propre effectif. On a décrété dès cet hiver qu’on ferait de la place aux jeunes de la Conti sur certaines épreuves. On avait identifié ces courses de bon niveau en début de saison, il y aura ensuite une autre phase davantage tournée sur la Coupe de France FDJ, vers mars. On a identifié plusieurs périodes, et on leur fera encore plus de place en fin de saison.

Tout en prenant en compte le programme de la Conti.

Evidemment ! On va respecter leur calendrier, ils sont prioritaires. Nous avons déjà fourni à Jérôme Gannat (directeur sportif) et Jens Blatter (manager) les places et dates disponibles jusqu’au Tour de France. On établira le reste un peu plus tard. Ce qui est vraiment important, et qui montre que ce projet nous tient à coeur, c’est qu’on ne leur a pas réservé des places sur des courses où il nous manquait des gars, ou dans des équipes C. Par exemple, Jake Stewart ira en Algarve avec Stefan Küng et Lars van den Berg sur le Haut-Var avec Thibaut Pinot. Ce n’est pas anodin. On comptera vraiment sur eux. Ils seront d’emblée dans des conditions pour jouer la victoire avec les leaders, ils ne seront pas juste là en observateurs. Le but n’est pas de boucher les trous, même s’il n’est pas exclu qu’on fasse appel à eux pour compléter un effectif un peu juste. L’idée première reste de leur offrir l’opportunité de faire un stage avec la WorldTeam.

Tout le monde aura-t-il l’occasion d’y goûter ?

Cela concernera forcément les coureurs qui ont le niveau le plus proche de la WorldTeam. Ce n’est pas vraiment un essai, c’est plutôt une étape intégrante de leur progression. Ce sera néanmoins très difficile de faire participer tout le monde, ne serait-ce que par rapport à l’âge de certains. Il faut qu’ils aient un certain niveau, qu’il y ait un travail effectué et qu’on ait de nombreuses garanties via les directeurs sportifs ou l’entraîneur de la Conti, aussi par rapport à l’investissement du coureur. Il faut que ça ait un sens. Le but n’est pas de les envoyer au casse-pipe.

« L’idée est vraiment de faire de la formation »

C’est en tout cas l’occasion de renforcer encore davantage cette passerelle entre Conti et WorldTeam…

On a observé de très près le travail effectué par la Conti lors de la première année. On en a récolté les fruits assez rapidement avec l’arrivée de Kevin Geniets, qui nous a donné satisfaction. Alexys Brunel et Simon Guglielimi ont fait le même chemin pendant l’hiver et sont immédiatement opérationnels. Cela nous conforte dans l’idée que la Conti soit vraiment notre réserve, que ce soit au sein de celle-ci qu’on aille chercher nos coureurs. On leur fait entièrement confiance et les premières expériences nous ont apportés des garanties.

Est-ce possible que certains coureurs de la Conti aient leur carte à jouer durant leur « stage » ?

Pourquoi pas, même si le but premier pour eux sera de découvrir et de travailler pour l’équipe. Mais par exemple, sur le Tour d’Algarve, on avait prévenu Jérôme Gannat et Jens Blatter qu’on gardait une place pour un sprinteur. C’était défini à l’avance, et eux nous ont dit que Jake Stewart pouvait être très intéressant, qu’il était prêt physiquement. C’est donc un coureur qui aura une certaine liberté. Il pourra aller faire les sprints, avec ses moyens. S’il y a un résultat au bout, on sera évidemment doublement ravi, mais comme ses collègues de la Conti, c’est un coureur qui est peut-être appelé à intégrer la WorldTeam dans les années à venir. Auquel cas, il sera donc prêt et connaîtra déjà une partie de l’équipe.  

La règle établit que les coureurs de l’équipe mère peuvent aussi participer à certaines courses avec la réserve. C’est envisageable ?

Ça l’est, et c’est notamment prévu sur Le Samyn. La Conti sera au départ mais seulement avec des jeunes. Ils nous ont donc demandé un capitaine de route, un homme d’expérience pour les guider, car ça reste une course de haut niveau pour eux. Néanmoins, de manière générale, les « prêts » de coureurs iront naturellement plus dans le sens Conti/World Tour car l’intérêt est surtout évident pour notre équipe réserve. L’idée, c’est vraiment de faire de la formation. C’est un peu comme au foot. On aura occasion de faire monter un jeune qui est en forme, qui tourne bien, et de lui donner un peu de « temps de jeu ». Ce n’est en aucun cas pour boucher les trous.