Le deuxième acte du week-end d’ouverture en Belgique s’est bel et bien terminé par un sprint ce dimanche, mais l’édition 2026 de Kuurne-Bruxelles-Kuurne s’est pourtant révélée très mouvementée. Johan Jacobs a tenté d’anticiper la grande bagarre en se joignant à l’échappée du jour, mais son entreprise a finalement pris fin à cinquante kilomètres de l’arrivée. Axel Huens a dès lors pris le relais dans un peloton réduit et a hérité de la 22eplace sur la ligne.
Au lendemain de l’Omloop Nieuwsblad, le peloton retournait se frotter à quelques monts pavés ce dimanche sur Kuurne-Bruxelles-Kuurne, mais l’histoire de l’épreuve laissait présager une course moins sélective et davantage contrôlée par les sprinteurs. L’Équipe cycliste Groupama-FDJ United n’avait en revanche pas l’intention d’attendre patiemment un potentiel emballage. « Par rapport à l’Omloop, le plan était d’adopter une stratégie beaucoup plus offensive, tant sur le plan tactique que technique, notamment dans le placement de l’équipe, expliquait William Green. L’objectif initial était d’avoir Axel dans l’échappée, car nous savons qu’il a un bon sprint, et la direction du vent aujourd’hui laissait entrevoir la possibilité qu’un petit groupe de favoris rejoigne l’échappée. Finalement, c’est Johan qui a réussi à se glisser à l’avant, et cela nous a mis d’emblée dans la course ». Au départ de Courtrai, il a tout de même fallu attendre plus de trente minutes pour voir un groupe de six hommes, incluant le Suisse, se détacher. « La bagarre pour intégrer l’échappée a été intense, comme toujours à Kuurne, expliquait Johan. Ça s’explique principalement par le fait que l’échappée peut aller très loin sur ce parcours, d’autant plus compte tenu de la direction du vent aujourd’hui ».
« Il faut aller de l’avant », William Green
En tête, le coureur de la Groupama-FDJ United a pu compter jusqu’à quatre minutes aux alentours de la mi-course, soit juste avant que le peloton ne passe aux choses sérieuses dans la montée du Bourliquet. « L’objectif était de rester à l’avant jusqu’aux premières ascensions, disait William. On a bien roulé en équipe, c’était positif, mais les jambes n’étaient malheureusement pas là quand les côtes se sont enchaînées. Après les principales ascensions, Axel était le seul de l’équipe dans un peloton d’environ soixante coureurs, et il a dès lors dû mener une course assez tactique pour économiser le plus d’énergie possible ». Pour sa part, Johan Jacobs comptait encore une bonne minute d’avance sur le peloton au sommet de la dernière bosse du jour, le Kluisberg. Toutefois, les attaques et accélérations incessantes dans un peloton dépourvu d’une grande partie des sprinteurs ont inexorablement conduit à un regroupement. C’est d’abord une dizaine d’hommes qui a effectué la jonction à 55 kilomètres du but, avant qu’un peloton plus conséquent ne fasse son retour. « L’échappée aurait pu être une bonne idée, mais le peloton en a décidé autrement », confiait le coureur helvète. « La présence de Johan à l’avant était quoi qu’il en soit positive, assurait William. C’est toujours important d’anticiper, et quand il a été repris, il a su parfaitement placer Axel avant le passage critique vent de côté ».Bientôt isolé, Axel Huens s’est admirablement employé lorsque des bordures se sont momentanément créées. Puis, malgré les nombreuses velléités, le peloton a finalement retrouvé un certain calme à une trentaine de kilomètres du but, et il s’est dès lors dirigé vers un sprint quasi-certain. « Axel a pris le virage à 800 mètres un peu trop derrière, glissait William. C’était la première fois qu’il avait l’occasion de se battre pour un résultat dans une Classique. Il lui manquait sans doute un peu de confiance, il a peut-être été un peu trop patient, mais il pourra apprendre de cette expérience pour la prochaine fois ». Le Nordiste n’a donc pu trouver l’ouverture dans la dernière ligne droite et a dû se contenter de la 22e place à l’arrivée. « On a fait la course qu’il fallait jusqu’à mi-parcours, puis les jambes ont fait la différence et décidé en partie du résultat, concluait William. C’est la réalité, on est déçu, mais d’autres courses arrivent, et il faut aller de l’avant. C’était assurément un week-end d’ouverture en Belgique difficile, mais l’objectif est que les coureurs franchissent un cap, et en gardant la même stratégie, les résultats suivront ».