Deux semaines après son double succès sur l’Étoile de Bessèges, Ewen Costiou a de nouveau fait belle impression ce dimanche, à l’occasion du Tour des Alpes-Maritimes. Dans une course accidentée et lancée de loin, le jeune Breton a un temps réussi à tenir la roue des meilleurs grimpeurs, avant de finalement reculer dans un groupe de contre. Puis, dans l’arrivée en côte à Biot, il a lâché ses dernières forces pour assurer une solide sixième place.
Un joli terrain de jeu se profilait pour le peloton du Tour des Alpes-Maritimes ce dimanche, avec près de 3000 mètres de dénivelé à escalader dans l’arrière-pays niçois. Dès le départ de Villefranche-sur-Mer, c’est d’ailleurs le col d’Èze qui se dressait devant les coureurs. « Plusieurs coureurs étaient désignés pour aller dans l’échappée, exposait Benoît Vaugrenard. C’est finalement parti à neuf coureurs, sans équipes dangereuses, mais ça ne nous convenait pas spécialement car on n’avait personne. On a voulu relancer la course dans le col de Châteauneuf après une quarantaine de kilomètres. Avec l’équipe qu’on avait, cela aurait été dommage de ne pas avoir quelqu’un devant, et Guillaume est alors ressorti tout seul, puis est rentré devant avec un coureur d’Astana. Malheureusement, ce coup n’était pas le bon car Bahrain-Victorious a roulé immédiatement et tout est rentré dans l’ordre ». Après une trentaine de minutes en tête de course, le grimpeur normand a vu le peloton établir la jonction à environ 75 kilomètres du but et un scénario plus classique s’est ensuite installé jusqu’à la longue ascension vers Gourdon (12 km à 4,5%), dont le pied était relativement exigeant.
« Le bilan est mitigé », Benoît Vaugrenard
C’est d’ailleurs là que la course a véritablement éclaté. « Les favoris sont sortis avec Lenny [Martinez], Marco Brenner, Aurélien Paret-Peintre et Ewen, relatait Benoît. C’était vraiment bien joué pour Ewen, qui devait pointer Lenny. Ils ont pu passer la section la plus difficile, malheureusement, Lenny a continué à mettre beaucoup d’accélérations, et Ewen ainsi que Paret-Peintre ont été distancés. Ce n’était peut-être pas la meilleure chose, car ils avaient sans doute plus de chances d’aller au bout à quatre qu’à deux ». Dans la descente suivante, le coureur de la Groupama-FDJ United a été repris par un groupe de chasse d’une petite dizaine d’hommes. « Je suis certain que Guillaume avait sa place dans ce groupe, il ne lui a pas manqué grand-chose pour basculer, disait Benoît. Il a montré qu’il marchait bien, mais c’est dommage, car on se dit qu’on n’aurait pas dû le faire sortir dans Châteauneuf. Ceci dit, c’est toujours facile à dire après-coup. Par conséquent, Ewen était isolé, ce qui est un peu le point négatif du jour. En tout cas, il n’avait plus à rouler. Derrière, on a essayé de mener la chasse dans un troisième groupe avec Tom, Rudy, Quentin et Brieuc, mais on était trop loin ».
Dans les vingt-cinq derniers kilomètres exigeants menant à Biot, les formations surreprésentées dans le groupe de poursuite ont donc pris leurs responsabilités, réduisant l’écart à une quinzaine de secondes au pied de la montée finale (1,5 km à 5,5%) sur Martinez et Brenner. « Ensuite, ce sont les jambes qui ont parlé, et Ewen avait fait beaucoup d’efforts », ajoutait Benoît. Si le Breton n’a pu se mêler à la lutte pour la victoire, il a toutefois pu s’arracher en second rideau pour prendre la sixième place sur la ligne d’arrivée, neuf secondes derrière Paul Lapeira. « Le bilan est mitigé car on ne vient pas pour faire sixième, mais ça s’est fait à la pédale et on était un peu juste physiquement, concluait Benoît. Il va falloir passer un cran au-dessus en vue du week-end prochain qui sera très important, que ce soit en Belgique ou en Drôme Ardèche ».