Entretien avec Thibaut Pinot

Il n’y a eu pas de temps à perdre. Sitôt arrivé dans son hôtel, après avoir satisfait au protocole, à la conférence de presse et au contrôle anti-dopage, Thibaut Pinot a offert ses jambes à son kiné pour un massage réparateur. C’est à ce moment de sérénité que nous avons pu lui parler. Le féliciter surtout.

Thibaut, peux-on dire « objectif atteint » ?

Oui c’est ça puisque je voulais d’abord gagner une étape avant de penser au classement général. Je préférais lever les bras que de finir quatrième du Tour de Suisse. Maintenant, on va voir ce qui va se passer pour le classement général.

Tu ne connaissais pas l’ascension de Sölden ?

Je la savais très dure. Et quand c’est très dur, pas besoin de connaître, les jambes parlent. L’étape a été longue mais je n’étais pas dans l’impatience. J’étais relax comme je le suis depuis le début du Tour de Suisse. Je suis ici pour préparer le Tour de France, tout ce qui arrive de bien, c’est du bonus. Même si j’avais loupé le Tour de Suisse, ça n’aurait pas été trop grave.

Tu as semblé un peu en difficulté au pied de l’ascension ?

Non pas en difficulté mais j’avais dit à mon équipe avant le départ que je ne mettrais pas dans le rouge au début. C’était très dur, c’était long et je constate que ceux qui ont roulé fort au pied, ou qui ont attaqué, ont été en difficulté pour finir. Moi, j’ai géré. Et je me suis senti de mieux en mieux. Le fait d’avoir fourni moins d’efforts que mes adversaires au début du col, ça m’a souri.

Une étape du Tour de France en Suisse, une étape en Romandie, une autre du Tour de Suisse… Tu gagnes quand en France Thibaut ?

Là, j’ai gagné en Autriche (sourire)… Je dois dire que quand t’as les jambes, tout paraît facile. En début de saison, je voulais absolument obtenir un bon classement dans Tirreno-Adriatico (4e) pour être serein jusqu’au Tour de France. Depuis, je me sens bien. Surtout, j’ai de bonnes jambes !

Où classes-tu cette victoire dans ton palmarès ?

Au même titre que les autres mais celle-là est plaisante parce que beaucoup de coureurs me désignaient comme le favori du jour et j’ai assumé.

Et le maillot de leader, ce n’est pas si fréquent ?

Je l’avais porté quatre jours en gagnant la première étape de la Semaine Lombarde au début de ma carrière. Puis encore au Tour de l’Ain un peu après mais dans une épreuve World Tour, oui c’est très sympa.