Quatre ans après un fameux doublé, « La Conti » a de nouveau conquis la Youngster Coast Challenge. Ce vendredi, c’est au terme d’une longue échappée de près de 140 kilomètres, avec dix coureurs dont son compère Victor Loulergue, qu’Eliott Boulet a raflé la mise sur cette épreuve majeure du calendrier Espoirs. Il s’agit de la seconde victoire de la saison hors calendrier amateur pour l’équipe de développement de la Groupama-FDJ United.
Quelques heures avant leurs aînés, les coureurs de « La Conti » s’élançaient eux aussi sur un itinéraire reliant Bredene et Coxyde ce vendredi, à l’occasion de la Youngster Coast Challenge. Leur parcours, en revanche, se limitait à 175 kilomètres et n’incluait que trois monts, dont le Kemmelberg, à près de cent bornes de l’arrivée. « Le vent était principalement de 3/4 dos pour arriver jusqu’au Kemmel, avec quelques passages vent de côté, expliquait Jérôme Gannat. Ça ne soufflait pas très fort, mais sur un terrain exposé, il fallait être attentifs, et toute l’équipe était bien présente dès les premiers kilomètres. On avait identifié une zone autour du km 30 pour une possible bordure. Le vent, là encore, n’était pas très important, mais on se trouvait sur des petites routes. Onze coureurs sont partis après une succession d’attaques, et on était prêt ». Si bien que « La Conti » a pu placer deux hommes à l’avant, à savoir Eliott Boulet et Victor Loulergue. « Il y avait pas mal d’équipes représentées, mais ils n’ont jamais pris plus de cinquante secondes, relatait Jérôme. Victor a monté fort le Kemmelberg, trois mecs de l’échappée ont sauté, mais le peloton est revenu à dix secondes. On pensait que c’était fini, mais trois coureurs ont fait le jump et leur équipe n’a donc plus roulé derrière. L’échappée a repris du champ, même si l’écart a continué d’osciller entre vingt et cinquante secondes ».
« C’était tout ou rien », Jérôme Gannat
Si le peloton n’a jamais baissé les bras en poursuite, l’échappée n’a quant à elle jamais tergiversé. « Ils se sont bien entendus pour aller le plus loin possible, sans vraiment se regarder, assurait Jérôme. Victor était un peu l’organisateur de cette échappée. S’ils s’étaient un peu regardés, c’était mort. Ça a été indécis toute la journée, et pour nous, c’était pratiquement tout ou rien. Avec nos deux coureurs rapides à l’avant, cela aurait été compliqué au sprint si l’échappée avait été revue ». À l’entrée sur le circuit final, soit à un peu plus de vingt kilomètres de l’arrivée, l’écart était de trente secondes. Il s’est un moment réduit à tout juste dix secondes, mais le groupe de tête est parvenu à faire un nouveau break avant les dix derniers kilomètres. « L’écart est repassé à vingt-cinq secondes au dernier passage sur la ligne et on s’est dit que ça pouvait le faire », témoignait Jérôme. L’entente entre les fuyards s’est poursuivie jusqu’à trois kilomètres du but, puis les premières tentatives d’anticipation ont fait irruption. « Un coureur a attaqué dans le dernier kilomètre et Victor a fait un effort pour boucher le trou, indiquait Jérôme. Dans la ligne droite d’arrivée, Eliott a relancé très fort à 350 mètres, il a fait une petite cassure, puis il a vraiment lancé son sprint à 250 mètres vent de dos ».
Le jeune Breton de 19 ans a dès lors disposé assez aisément de ses adversaires pour franchir la ligne en vainqueur à Coxyde. « Ce n’était vraiment pas le scénario attendu, mais c’est une très belle victoire, se félicitait Jérôme. C’était en plus la première course de classe 2 pour les Espoirs, et elle avait une certaine importance car beaucoup d’équipes de développement étaient présentes. On a observé un bon travail collectif toute la journée, dès le départ, avec les deux devant, mais aussi avec les autres qui étaient bien à l’avant du peloton pour casser les relais. Le seul point noir du jour, c’est la chute de Johan [Blanc], qui est un peu amoché et qui passera une radio de contrôle ».