L’Équipe cycliste Groupama-FDJ United est dans le tempo en terres slovaques. Après trois des cinq étapes, la formation hexagonale a ainsi signé deux tops 10 par l’intermédiaire de Matteo Milan (5e et 7e), bien escorté par ses coéquipiers dans les sprints, tandis que Maxime Decomble a répondu présent lors de la première lutte entre les favoris ce vendredi, bien que privé d’un résultat notable par le retour in-extremis d’un petit peloton. Un autre emballage massif ainsi qu’une arrivée au sommet se profilent ce week-end.
Un an après sa petite sœur, c’est l’équipe WorldTour de la Groupama-FDJ United qui prenait mercredi le départ du Tour de Slovaquie. Pour autant, trois représentants de « La Conti » figuraient bien au sein du groupe pour notamment supporter Maxime Decomble pour le général, et Matteo Milan dans les sprints. C’est d’ailleurs un emballage qui a lancé les hostilités lors du premier acte. « C’était une journée assez classique derrière l’échappée, confiait Jérôme Gannat. L’arrivée se faisait sur un circuit urbain qu’on connaissait un peu, avec un virage à 350 mètres de la ligne. L’objectif pour l’équipe était d’être en tête à ce moment-là pour lancer idéalement Matteo ». Un plan parfaitement mis à exécution dans les derniers kilomètres à Košice. « Le collectif a très bien marché, assurait Jérôme. On s’est d’abord maintenus en bonne position avec Yann [Dubois] et Rémi [Daumas], puis avec Maxime dans les deux derniers kilomètres. Il y a ensuite eu un gros travail de Blake [Agnoletto] à un peu plus d’un kilomètre suivi par le lancement de Cyril. On a abordé le virage en tête, Cyril s’est écarté à 225 mètres, puis Matteo a eu un léger moment d’hésitation ». Cela a permis à Paul Magnier de filer vers la victoire tandis que l’Italien a dû se satisfaire d’une cinquième place à l’arrivée. « La journée n’avait été pas facile avec 2500 mètres de dénivelé, et le peloton n’était d’ailleurs pas complet, complétait Jérôme. La répétition des bosses a un peu usé Matteo, qui n’a pas pu livrer toute sa force dans le sprint ».
« Mention très bien à l’équipe dans la préparation du sprint », Jérôme Gannat
Heureusement, une deuxième opportunité se profilait dès jeudi, malgré un profil de nouveau vallonné qui affichait près de 2700 mètres de dénivelé sur 185 kilomètres : « Le peloton a fait tempo quasi toute la journée derrière l’échappée, mais c’était assez usant du fait de la pluie, des températures assez fraîches, et du fait qu’on montait à 1200 d’altitude ». Le sprint attendu a bien eu lieu, mais la bagarre a été bien plus coriace que le premier jour. « Le circuit final était encore plus technique que la veille avec une succession de virages à partir de trois kilomètres, expliquait Jérôme. Comme la veille, l’objectif de prendre les rênes dans cette partie, puis le dernier virage était situé à 200 mètres, donc il était encore plus stratégique. Il fallait absolument le passer en tête car il était quasi impossible de remonter ensuite ». À l’instar de ce qu’elle a produit lors de la première étape, la Groupama-FDJ United s’est d’abord superbement imposée en tête de peloton pour son sprinteur transalpin, mais la touche finale a fait défaut. « Blake et Cyril ont emmené comme prévu dans le dernier kilomètre, reprenait Jérôme. Matteo voulait lancer son sprint avant le virage mais il n’a pas pu. Il s’est fait enfermer sur sa droite, il n’a pas pu se dégager, et il a viré septième. Il a essayé de remonter dans la dernière ligne droite, mais c’était beaucoup trop court, même s’il était plus tonique que la veille ». À l’arrivée, le jeune Italien a tout de même pu valider son deuxième top 10 en deux jours (7e).
« Du point de vue de la préparation du sprint, c’est une mention très bien à l’équipe, ajoutait Jérôme. C’était un peu au-delà de nos espérances par rapport au profil du groupe, avec beaucoup de grimpeurs, de coureurs peu habitués à frotter, et qui ne courent pas souvent ensemble. La prestation du premier jour leur a donné confiance et tout le monde s’est pleinement investi ». Cette implication, la Groupama-FDJ United souhaitait la renouveler vendredi à l’occasion de la première étape potentiellement sélective de la semaine. Si tout juste 2000 mètres de dénivelé garnissaient le troisième acte, la dernière ascension, située à environ 25 kilomètres de la ligne, incluait trois bornes à près de 10% de moyenne. « On est vraiment intervenus juste avant cette bosse pour placer Maxime du mieux possible », indiquait Jérôme. Puis, dans les pentes les plus raides, la bataille s’est enclenchée, et le jeune Provençal a pu se distinguer à un deuxième échelon derrière Lennert Van Eetvelt et Henrique Bravo. « Au sommet, il a basculé à une vingtaine de secondes avec Meehan, reprenait Jérôme. Ils ont perdu un peu de temps dans la première partie de descente technique, puis ça a été un mano a mano entre les deux duos ». Grâce aux qualités de rouleur du Français, l’écart s’est petit à petit résorbé sur la portion plate menant vers l’arrivée, et la jonction a même été établie à quatre kilomètres du but, au terme d’une très solide poursuite.
« On n’est pas récompensés de nos efforts », Jérôme Gannat
Quelques instants plus tard, Maxime Decomble a tenté de surprendre ses compagnons de tête, sans succès, et le quatuor a dès lors relativement collaboré jusque dans le dernier kilomètre. « Malheureusement, ça s’est bien organisé dans un peloton d’une trentaine derrière, et c’est revenu très vite à l’approche du sprint, racontait Jérôme. Maxime a emmené fort à 500 mètres pour que ça ne rentre pas, mais seul Van Eetvelt a pu résister aux plus rapides du peloton ». Le leader de la Groupama-FDJ United a ainsi dû se contenter de la treizième place sur la ligne, suivi par son équipier Yann Dubois (14e) et de Rémi Daumas, sept secondes plus tard. « C’est dommage que Maxime ait basculé un peu trop loin du duo au sommet, car si les quatre s’étaient alliés plutôt que d’user leurs forces pour livrer ce bras de fer, ils auraient pu aller au bout, concluait Jérôme. On repart sans gain de cette chasse. De manière générale, on n’est pas récompensé de nos efforts sur ces trois premiers jours, que ce soit au sprint, ou avec Maxime aujourd’hui. Mais le comportement et l’implication sont très bons. Il reste une étape demain, puis le « Mont Ventoux slovaque », dimanche ».