Comme chaque année, la montée de San Luca a rendu son verdict sur le Tour d’Émilie. Et pour Clément Berthet, celui-ci aurait pu être encore plus favorable. Décroché à deux tours de l’arrivée car notamment pris dans les cassures, le grimpeur franc-comtois a terminé fort dans les rues de Bologne et a finalement réussi à accrocher une solide treizième place. De quoi nourrir quelques regrets quant à l’issue du jour, mais aussi quelques espoirs en vue des prochaines échéances.
À une semaine tout juste du Tour de Lombardie, une partie du gratin mondial avait déjà rendez-vous ce samedi en terres transalpines à l’occasion du Tour d’Émilie ; non pas une répétition grandeur nature avant le dernier Monument de l’année, mais un vrai point de passage. Une course, aussi, qui ne laisse que peu de place aux surprises du fait des cinq ascensions vers le sanctuaire de la Madonna di San Luca (2km à 9,5%) dans les quarante derniers kilomètres. « On sait que cette course est assez limpide à partir du moment où on arrive dans Bologne, soulignait Benoît Vaugrenard. Le but était d’être bien dans le match dès le premier tour car on sait que ça va ensuite très vite sur ce circuit de neuf kilomètres ». L’échappée matinale a d’ailleurs été revue dès les premières pentes, puis à l’approche du sommet, Quentin Pacher s’est frayé un chemin vers l’avant avec cinq autres coureurs. « Il a essayé d’anticiper, mais il manquait un Visma et le peloton ne leur a quasiment rien laissé », ajoutait Benoît Vaugrenard. Le puncheur occitan a tout de même pu aborder la deuxième montée de San Luca avec un petit matelas d’avance, s’isoler avec deux hommes et compléter cette nouvelle ascension cinq secondes devant un peloton bien amoindri où l’on comptait encore Rudy Molard et Clément Berthet.
« Quand même de bon augure », Benoît Vaugrenard
Quentin Pacher et le reste des attaquants ont été revus peu après, puis la descente a figé les positions avant le troisième et antépénultième passage par San Luca. C’est à ce moment-là, à une vingtaine de kilomètres du terme, que la grande explication a démarré entre les cadors, et Clément Berthet n’a malheureusement pu s’inviter à la fête. « Visma-Lease a Bike a roulé à bloc dès le pied, ça a accéléré fort, et Clément admettait lui-même qu’il s’était laissé un peu endormir, reprenait Benoît. Il était mal placé au pied, il a pris une cassure et les meilleurs sont sortis devant. On espérait que ça revienne, mais ça ne s’est plus posé. C’est là que Clément a manqué le coche. Il a été un peu trop attentiste à l’arrière et c’est parti sans lui ». Relégué à une vingtaine de secondes du groupe des favoris, Clément Berthet s’est néanmoins employé dans les deux derniers tours pour finir sur une bonne note. À l’arrivée, il est même parvenu à se rapprocher du top 10 en s’adjugeant la treizième place, 1’34 derrière le vainqueur Davide Piganzoli. « Il a fait un beau final en reprenant les mecs qui pétaient devant, complétait Benoît. Ça montre qu’il marchait bien, mais c’était trop tard. C’est dommage car il y avait moyen de faire un petit peu mieux. Je pense qu’il avait largement sa place dans le groupe de dix qui est rentré sur les favoris, auquel cas le top 10 était jouable ».
Si le résultat aurait pu être flatteur, le Franc-Comtois a en revanche largement rassuré quant à sa condition. « Il disait qu’il n’avait pas de jambes extraordinaires aujourd’hui, à part dans le dernier tour où il se sentait vraiment bien, concluait Benoît. Pour une remise en route après la Vuelta, sur une course très explosive, c’est quand même de bon augure pour la suite et surtout pour l’objectif du Tour de Lombardie dans une semaine ».