Déçus mais pas abattus

Parfois, il n’y a pas mots mais les faits sont cruels. Depuis le début du Tour à Bruxelles, l’équipe Groupama-FDJ avait fait un sans-faute ! Thibaut Pinot avait pris du temps sur tous ses rivaux, ses équipiers avaient été parfaits. En quelques hectomètres, à 35 kilomètres d’Albi, un rond-point pris du mauvais côté, le peloton s‘est scindé. Piégé, Thibaut n’a pu reprendre le premier groupe. A l’arrivée, l’addition est lourde, l’écart est de 1’40’’, c’est dur à encaisser mai le Tour est long, très long encore…

L’échappée formée par Schär (CCC Team), Berhane (Cofidis), Turgis (Total-Direct Energie), Würtz Schmidt (Katusha-Alpecin), Gallopin (ag2r-La Mondiale), et Eiking (Wanty-Groupe Gobert) n’est pas passée inaperçue mais le grand événement de cette journée a bien été l’accélération de l’équipe Deceuninck-Quick Step sur un changement de côté, vite relayée par le Team Ineos.

Tout le monde savait que ça pouvait arriver, tout le monde s’y était préparé. Thibaut Pinot, dans la roue de William Bonnet, n’était pas si loin de la tête du peloton ils ont pris un rond-point par la gauche, il fallait le prendre par la droite visiblement. A la sortie, la cassure était faite, Thibaut s’est retrouvé dans un deuxième groupe en compagnie de William, Matthieu Ladagnous, Rudy Molard, David Gaudu et Sébastien Reichenbach. Il y avait aussi Fulglsang (Astana), Uran (Education First-Drapac), Porte (Trek-Segafredo) et Nibali (Bahrain-Merida). Le temps de s’organiser, l’écart était proche de trente secondes mais avec ses équipiers et ses rivaux, le groupe de Thibaut s’est organisé et a amorcé sa remontée. L’écart n’était plus que de 14 secondes à 18 kilomètres de l’arrivée, Radio-Tour a même annoncé 8 secondes mais à l’avant, ça n’a jamais ralenti et alors l’écart n’a cessé de grandir pour atteindre 1’40’’ à Albi.

«  On va se remobiliser ! » M. Ladagnous

A l’arrivée, Thibaut ne cachait pas sa colère et trouvait qu’il n’y avait rien à dire. Tout le monde le comprend.

« On va se remettre au travail, il reste deux semaines de course et c’est beaucoup, dit Matthieu Ladagnous. Demain on va se reposer et puis en parler.  Il s’en est fallu de peu, 8 secondes. L’équipe Astana et Uran nous ont aidés mais pas assez pour rentrer. C’était une journée usante. Il y a des moments où ce n’est pas de chance, on s’est retrouvés un peu derrière quand il ne fallait pas. On va se remobiliser ! Perdre 1’40’’ c’est bête mais avec tout ce qu’il reste de montagne, ce n’est pas grand chose non plus ! »

«  Le plus difficile du Tour est à aborder. » P. Mauduit

Oui il a fallu un peu de temps pour encaisser l’uppercut mais la réaction était la même pour le staff de l’équipe.

« C’est une sale journée, dit Philippe Mauduit, mais il y a des jours où on passe à côté. On a cafouillé un peu au moment où il fallait être là. Les gars se sont un peu perdus et c’est arrivé pile à ce moment-là ! Ce n’est pas un problème de cohésion mais un moment de panique dans le peloton qui nous a un peu désorganisé. Plusieurs favoris ont été piégés, c’est le cyclisme. L’histoire n’est pas écrite, on saura à Paris le poids de cette étape ! Le plus difficile du Tour est à aborder. On va prendre le temps demain de faire le bilan ensemble. C’est normal que Thibaut soit déçu et qu’il ait de la colère mais ce n’est pas la fin du Tour, rien n’est fait je vous le garantis ! »