C’est de l’autre côté des Alpes, une quarantaine de minutes après le Chrono des Nations, que s’est officiellement conclue la saison cycliste 2026 ce dimanche. Sur la Veneto Classic, Clément Berthet a fait forte impression dans la droite lignée de ses dernières sorties, mais il a dû se contenter, comme Maxime Decomble aux Herbiers, de la quatrième place à Bassano del Grappa après une course intense et débridée. Longtemps échappé auprès de son coéquipier, Brieuc Rolland a échoué aux portes du top 10 (12e). Le calendrier est désormais clos : place à la trêve hivernale.
Comme un symbole, c’est en direction de Bassano del Grappa, fief de Wilier Triestina, que la Groupama-FDJ United s’apprêtait à effectuer ses tout derniers tours de roue de la saison, ce dimanche, à l’occasion de la Veneto Classic. Quelques heures après le Tour de Guangxi, et parallèlement au Chrono des Nations, l’épreuve transalpine constituait de fait l’ultime opportunité de résultat de l’année. Dans cette perspective, il fallait néanmoins dompter le circuit très vallonné proposé avec, en particulier, les six passages par la montée pavée de La Tisa (400 mètres à 11%), puis les dernières difficultés situées à Diesel Farm (1,2 km à 10,2%) et sur la Strada Soarda (450m à 10%). Le menu était coriace, mais la formation tricolore avait bel et bien l’intention de prendre la course par le bon bout. « Il y avait un peu moins de 160 kilomètres au programme et on savait que ça allait être une course débridée, comme l’année dernière, présentait Stéphane Goubert. Les coureurs ont répondu présent d’entrée de jeu, et Clément s’est vite isolé. Ce n’était pas forcément la stratégie, mais on voulait être dans l’action très rapidement, même pour lui ».
« On a fait ce qu’on avait mis en place », Stéphane Goubert
Après une trentaine de kilomètres, le Franc-Comtois s’est donc frayé un chemin vers l’avant, et cela s’est avéré payant. « J’ai dit à Clément de gérer et de ne pas essayer de faire monter l’écart, glissait Stéphane. Ce coup d’avance lui a permis d’attaquer en tête le premier passage par le mont pavé qu’il ne connaissait pas, et à partir de là, il lui fallait juste attendre le retour des meilleurs ». Ces derniers sont effectivement revenus, sous la forme d’un groupe d’une petite vingtaine d’unités incluant également Brieuc Rolland. Dès lors, et à environ cent kilomètres du but, la physionomie de la course est devenue plus claire. « Certaines équipes ont essayé de rouler dans le peloton, mais quasiment tous les directeurs sportifs, moi compris, sommes montés à l’avant dès que l’écart a passé la minute, insistait Stéphane. On savait que c’est devant que ça allait se passer ». À la mi-course, l’avantage du groupe de tête a même dépassé les deux minutes, puis les hostilités ont rapidement démarré parmi les « fuyards ». Clément Berthet et Brieuc Rolland sont d’abord parvenus à raccrocher le wagon lorsque le champion du monde Brandon McNulty a accéléré dans le deuxième passage par La Tisa.
Deux boucles plus tard, en revanche, l’Américain et Anthon Charmig sont parvenus à ouvrir une véritable brèche. « À partir de là, ça a été tactique derrière car UAE a joué le jeu d’équipe avec ses trois autres coureurs », expliquait Stéphane. Dans l’avant-dernière ascension de La Tisa, Clément Berthet a néanmoins opéré un vrai forcing, s’extirpant de la chasse avec Quinten Hermans et Pavel Sivakov pendant que Brieuc Rolland couvrait l’attaque de son acolyte à l’échelon suivant. Dans l’ultime montée pavée, douze kilomètres plus loin, le grimpeur jurassien s’est arraché pour ne pas perdre contact avec Hermans, Sivakov et désormais Cosnefroy, avant que ce dernier ne le contraigne à rouler à l’approche de la décisive ascension gravel de Diesel Road. Encore fringuant, Clément Berthet est pourtant parvenu à se débarrasser de ses adversaires, à l’exception de Sivakov, avant la descente elle aussi empierrée. Alors en lice pour le podium, le Franc-Comtois a seulement plié dans les derniers kilomètres face à son compatriote. « Il en a manqué à Clément, et c’est normal face à un Sivakov qui a moins roulé et qui a fait la course d’équipe, tranchait Stéphane. Ceci étant, on n’a pas de regrets. On a fait ce qu’on avait mis en place et on a été acteurs ».
« On avait vraiment à coeur de bien finir », Stéphane Goubert
À l’arrivée, Clément Berthet a donc obtenu une excellente quatrième place, confirmant ainsi ses belles dispositions affichées depuis son retour à la compétition post-Vuelta. « Il y a des quatrième places dont il faut se satisfaire, concluait Stéphane. On ne pouvait pas faire mieux. On était déçu mercredi sur le Giro del Veneto car il y avait mieux à faire, et on avait vraiment à coeur de bien finir. L’arrivée de Clément, qui était plus frais, nous a logiquement fait du bien. Je pense qu’on a bien optimisé nos forces pour aller chercher le meilleur résultat, et c’est toujours mieux de finir la saison avec une course comme celle-ci ».