Benjamin Thomas anime la reprise

Et c’est reparti ! L’Équipe cycliste Groupama-FDJ a officiellement lancé sa saison 2021 ce dimanche, à l’occasion du Grand Prix La Marseillaise qui ouvre traditionnellement le calendrier sur le territoire hexagonal. Dans le final de cette première manche de la Coupe de France FDJ, les hommes de Thierry Bricaud n’ont toutefois pas été en réussite, étant pour la plupart pris au piège lors d’un aiguillage. Malgré cet incident, Benjamin Thomas a lui pu se jauger et se montrer, sans pour autant éviter le sprint en petit comité, remporté par Aurélien Paret-Peintre, dont il s’est classé 14ème.

« On s’est vite retrouvés démunis », Thierry Bricaud

Compte tenu de l’annulation des tournées australienne et sud-américaine, mais aussi du Challenge de Majorque, c’est le Grand Prix La Marseillaise qui faisait office de véritable rentrée des classes pour le peloton international. Le plateau s’en voyait de fait un peu plus garni que de coutume, avec pas moins de sept formations du WorldTour au départ. Un départ donné peu après midi et qui fut animé une vingtaine de minutes avant la formation d’une échappée de six hommes, comprenant Morne Van Niekerk (St-Michel-Auber 93), Jon Barrenetxea (Caja Rural-Seguros RGA), Kenny Molly (Bingoal-WB), Jens Reynders (Sport Vlaanderen-Baloise), Eliot Lietaer (B&B Hôtels p/b KTM) ainsi que Vojtech Repa (Equipo Kern Pharma). « On se devait d’être vigilants, car il arrive de temps à autres que l’échappée aille au bout sur cette course, soulignait Thierry Bricaud. Mais l’objectif était surtout de rester groupés autour de Benjamin [Thomas] et, plus tard, d’être bien placés au pied de la route des Crêtes car on savait que ça allait être décisif pour la suite. Ce qui a été le cas ». Pendant deux bonnes heures, la formation Groupama-FDJ est ainsi sagement restée en second rideau, puis s’est progressivement hissée dans les premières positions à l’entame des cinquante derniers kilomètres.

En bon capitaine de route, William Bonnet a remonté ses troupes, et la quasi-totalité de l’équipe figurait ainsi en tête de peloton à l’approche de La Ciotat, à quelques encablures de la principale difficulté de la journée. « Malheureusement, l’approche a été compliquée, regrettait Thierry. Certains des coureurs qui étaient là pour replacer Benjamin ont été un peu gênés, et mal aiguillés sur une route hors course. A priori, ça frottait pas mal à ce moment-là, et un coureur est venu s’intercaler et leur a fermé la porte. Ils n’ont pas voulu prendre de risques et se sont retrouvés sur la mauvaise route. Elle aurait pu être bloquée, mais c’est un fait de course. Ce n’est pas qu’une excuse, mais il est clair que ça ne nous a pas avantagés. On s’est vite retrouvés démunis, Benjamin isolé, et c’est devenu compliqué dans le final ». Outre l’ancien champion de France du contre-la-montre, Alexys Brunel figurait lui aussi dans le peloton en abordant la route des Crêtes, mais le jeune Nordiste « n’était pas dans un grand jour » ce dimanche. À l’inverse, Benjamin Thomas a fait étalage d’une belle condition, notamment pour accompagner les meilleurs en bosse. « Il était en queue de peloton après avoir dû se remettre en marche, précisait Thierry. Il s’est ensuite replacé et est remonté, malgré les cassures. En haut, il était avec tout le monde, signe qu’il avait la santé ! »

« On sait qu’on pourra faire confiance à Benjamin », Thierry Bricaud

Mieux, le spécialiste de la piste s’est permis de premières offensives au sommet de la Route des Crêtes. Le tout avant de créer une brèche légèrement plus conséquente au pied du col de la Gineste, dernière difficulté de la journée, en compagnie de Simon Carr, Odd-Christian Eiking et Andreas Kron. « Dans l’esprit, c’était très bien, poursuivait Thierry, mais il était un petit ton au-dessus de ses collègues d’échappée. Il trouvait que ça ne roulait pas assez vite, mais surtout, il y avait vent de face sur tout le final et ce n’était pas pour les avantager. C’était très bien d’essayer comme il l’a fait, mais c’était aussi un risque, puisque ça pouvait aussi s’achever au sprint et qu’il dispose d’une petite pointe de vitesse. Il s’est d’ailleurs relevé avant le sommet de la Gineste car il voyait que ça ne creusait plus et que ses compagnons de fuite ne pouvaient pas l’aider davantage. Il savait que c’était peine perdue et a donc préféré assurer pour éventuellement faire le sprint ». Au sein d’un peloton d’une trentaine d’hommes, l’Occitan de 25 ans a toutefois dû manœuvrer seul face à des collectifs plus étoffés. « Avec le vent de face dans le final, ce n’était déjà pas simple à gérer, mais le fait qu’il soit tout seul a rendu la chose encore un peu compliquée, ajoutait Thierry. Il s’est finalement retrouvé du côté d’où soufflait le vent, et avec les cuisses qui brûlaient un peu ». Il n’a de fait pu rivaliser pour la victoire, ravie par Aurélien Paret-Peintre devant Thomas Boudat, mais s’est tout de même assuré une place dans le top 15 (14e).

« Sur le résultat brut, on espérait évidemment davantage, concluait Thierry, mais le bon côté de la journée, c’est qu’on est reparti ! Et même si on reprend les courses dans les mêmes conditions sanitaires qu’en fin de saison passée, au moins on les reprend ! Cela permet de valider le travail fait cet hiver et on va maintenant pouvoir enchaîner avec l’Etoile de Bessèges, où il y aura un niveau encore plus relevé. On sait en tout cas que Benjamin marche très bien en ce moment et qu’on pourra lui faire confiance ».