Coureur régulier s’il en est, Axel Huens n’avait jusqu’à aujourd’hui pu « monter sur la boîte » au plus haut niveau. Grâce à une course offensive, c’est ce qu’il est parvenu à faire ce samedi sur le Cholet Agglo Tour. Sorti à vingt kilomètres du terme dans un groupe de huit très vite réduit à quatre, le Nordiste a résisté jusqu’au bout au peloton, où ses coéquipiers se sont attachés à protéger son entreprise. Dans la ligne droite d’arrivée, il a dû s’incliner au sprint face à Jenthe Biermans et Matyas Kopecky, obtenant malgré tout un résultat de premier plan des plus mérités.
C’est dans la région des Pays de la Loire que le peloton avait rendez-vous ce week-end pour les deux dernières manches des FDJ United Series version 2026. Le premier acte se tenait dans le Maine-et-Loire, avec le Cholet Agglo Tour, pour l’occasion délocalisé en fin de saison. Le tracé, en revanche, était similaire aux éditions précédentes, l’organisation ayant simplement décidé de réduire à six (au lieu de sept) le nombre de tours effectués sur le circuit final. Comme de coutume, ce dernier comprenait deux courtes butes ainsi que le faux-plat d’arrivée, soit des caractéristiques idéales pour une course dynamique. Un déroulé que l’Équipe cycliste Groupama-FDJ United espérait fortement au départ. « On voulait attendre le circuit final, et particulièrement les derniers tours, pour entrer en action », exposait Thierry Bricaud. La formation tricolore s’est ainsi faite plutôt discrète durant les trois premiers quarts de l’épreuve, d’abord derrière une échappée matinale de cinq hommes, puis lors des premières boucles dans Cholet. En revanche, quand la course s’est animée à vingt bornes du terme, Axel Huens a été prompt à réagir et s’est glissé dans un mouvement de huit hommes. Quelques instants plus tard, il s’est de nouveau employé pour combler une cassure et c’est alors un quatuor qui s’est détaché.
« Ça va lui donner des envies », Thierry Bricaud
À deux tours du terme, soit environ dix-sept kilomètres, l’écart relevé était d’une quinzaine de secondes. « À partir de ce moment, l’idée était que ça ne ressorte pas sans nous derrière, et ne pas hésiter à contrer afin qu’on soit en surnombre à l’avant, exposait Thierry. Thibaud s’est très bien appliqué à couvrir les offensives ». Alors que les quatre hommes de tête collaboraient parfaitement, les formations piégées ont tenté de s’unir pour se rapprocher, mais le retard demeurait de quinze secondes à l’entame du tout dernier tour. À six kilomètres du but, Pierre Gautherat a lui tenté de profiter de la dernière côte du jour pour s’extirper, mais il n’a pu se défaire de Thibaud Gruel. Les deux hommes se sont rapprochés à une poignée de secondes du quatuor, mais le Tourangeau a alors eu un moment d’hésitation. « Il n’a peut-être pas osé contrer Gautherat pour rentrer, et il aurait sans doute fallu prendre ce risque, confiait Thierry. Il a cogité quelques secondes car le peloton était juste derrière. C’est la course et cela fait partie de son apprentissage ». En jouant sa partition d’équipier, Thibaud Gruel a ainsi enterré les espoirs du contre et permis à son coéquipier Axel Huens de reprendre le large avant les trois derniers kilomètres.
Avec un écart sur le peloton encore important, il est alors apparu clair que la victoire se jouerait parmi les attaquants. « Coquard s’est sacrifié jusqu’à 250 mètres pour Biermans, et il était difficile de mettre quelque chose en place, relatait Thierry. Axel a pris le risque de lancer en voulant surprendre, mais ils ont immédiatement pris son aspiration ». Sur la ligne, le jeune homme de 25 ans a alors hérité de la troisième place. « Deuxième ou troisième, ça ne change pas grand-chose, le but était de gagner, glissait Thierry. Les coureurs ont répondu présent par rapport à ce qu’on avait mis en place ce matin. Il a manqué un petit quelque chose, mais l’attitude était là. Ils étaient quelques-uns à pouvoir lever les bras dans le cas d’une course de mouvement, Axel en faisait partie, et il l’a démontré. Ça aurait été bien qu’il soit récompensé par une victoire au vu du travail qu’il fournit toute l’année, mais cela va certainement lui donner des envies pour bien finir la saison ». Comme ses coéquipiers, il sera d’abord au départ du Tour de Vendée demain. « On peut penser qu’il y aura un sprint, mais ça reste une course de fin de saison et rien n’est écrit d’avance, ponctuait Thierry. En cas de sprint, on se donnera les moyens de bien faire avec Matteo, mais on tâchera aussi d’être présent s’il y a une ouverture dans le final ».