Attila Valter s’empare du maillot blanc à Sestola

Pour la première fois de sa jeune carrière, Attila Valter a ce mardi après-midi endossé un maillot distinctif sur un Grand Tour. Du côté de Sestola, après une journée montagneuse et – très – pluvieuse sur le Tour d’Italie, le Hongrois a hérité de la tunique blanche de meilleur jeune sur le podium protocolaire. Sixième de la quatrième étape après une longue échappée, et désormais cinquième du classement général, le jeune homme de 22 ans a ainsi donné une bonne illustration de l’état d’esprit voulu par l’Équipe cycliste Groupama-FDJ sur ce Giro 2021.

Les premiers sérieux reliefs du 104ème Tour d’Italie se présentaient ce mardi sur les 187 kilomètres reliant Piacenza à Sestola. Mais les ascensions ne constituaient pas l’unique difficulté de la journée. Les coureurs se sont en effet élancés peu après midi sous une pluie battante, qui les a finalement accompagnés toute la journée. C’est dans ces conditions difficiles que l’échappée du jour a tenté de se former, mais elle ne s’est définitivement dégagée qu’après une bonne trentaine de kilomètres. Vingt-cinq coureurs ont alors pris place à l’avant de la course, dont Attila Valter pour l’Équipe cycliste Groupama-FDJ. « Il faisait partie des coureurs désignés ce matin pour intégrer l’échappée, relatait Philippe Mauduit. Il ne s’est pas loupé, et c’est déjà quelque chose d’intéressant. Quand on lui donne des consignes, il est capable de les respecter et de se lancer dans la bataille ». À l’avant, le jeune homme de 22 ans a retrouvé son ami d’enfance Marton Dina, mais également des coureurs plus expérimentés tels qu’Alessandro De Marchi, Rein Taaramae, Joe Dombrowski, Victor Campenaerts, Jan Tratnik ou bien Nelson Oliveira. « Il n’y avait pas beaucoup d’équipes surreprésentées devant, ce n’était donc pas si compliqué de lire la course, poursuivait Philippe. La complexité de la journée, c’était vraiment le relief et la météo ».

« La plus grande réalisation de ma carrière jusqu’à présent », Attila Valter

Les conditions climatiques étaient si difficiles ce mardi qu’il fût même difficile de suivre l’évolution de l’échappée en raison des problèmes de liaisons. Le peloton a dans un premier temps accordé plus de six minutes aux fuyards, a brièvement remis en route à la mi-course, mais a finalement relâché son effort à cinquante kilomètres du but. Les hommes de tête ont ainsi profité d’une avance de huit minutes leur assurant de se jouer la victoire d’étape. Trois hommes ont alors tenté d’anticiper les débats, à savoir Rein Taaramae, Quinten Hermans (Intermarché-Wanty Gobert) et Christopher Juul Jensen (Team BikeExchange), qui ont un temps pris deux minutes d’avance sur le reste de l’échappée, qui se réduisait de plus en plus au fil des reliefs. « Ils sont quand même sortis très loin de l’arrivée. Sur un parcours si difficile et avec une météo si compliquée, tu laisses beaucoup d’énergie dans une telle entreprise, analysait Philippe. Nous n’étions pas si inquiets que ça, surtout au vu de la dernière difficulté qui était à franchir aujourd’hui ». Un temps pris au piège, Attila Valter a bel et bien accroché un premier groupe de chasse d’une petite dizaine de coureurs, qui a progressivement grignoté du temps sur les hommes de tête pour se présenter au pied de l’ascension finale du Colle Passerino (4,3 km à 9,5%) avec seulement une minute de débours.

« Ça s’est alors fait à la jambe, résumait Philippe. Il fallait être le plus fort de l’échappée pour aller gagner. Dans le final, Attila est simplement tombé sur plus fort que lui ». Le Hongrois n’a certes pu suivre Joe Dombrowski et Alessandro De Marchi, qui ont respectivement hérité de la victoire d’étape et du maillot rose, mais il a pour autant effectué une belle montée et repris quelques concurrents pour aller signer une belle sixième place sur la ligne. « À dire vrai, j’ai beaucoup souffert aujourd’hui, mais quand la dernière montée se présente, je retrouve toujours de meilleures jambes, commentait l’intéressé plus tard. Je pense que c’est mon meilleur résultat sur une course de ce calibre ». Mais le jeune homme n’a pas seulement signé un top 10 ce mardi. Grâce au temps repris sur les principaux favoris, il s’est aussi replacé au sixième rang du général et s’est ainsi emparé du maillot blanc de meilleur jeune, à sa plus grande surprise. « Honnêtement, c’était une journée si difficile que j’ai besoin de quelques minutes pour réaliser ce qu’il s’est passé, disait-il peu après son arrivée. Pour le moment, je n’ai qu’une hâte : rentrer au bus pour me réchauffer. Pour être honnête, nous ne sommes qu’au début de ce Giro et je ne me sens pas encore dans ma meilleure forme, je suis donc super content d’être en si bonne position après seulement quatre étapes. Je ne sais pas ce que le reste de la course me réserve, mais je suis en mesure de dire que c’est la plus grande réalisation de ma carrière jusqu’à présent. Je ne m’y attendais pas, mais je suis super heureux. Ce genre de journée aide beaucoup à gagner en confiance. Nous verrons combien de temps je pourrai défendre ce maillot mais je vais simplement donner mon maximum. J’ai maintenant aussi l’envie de repartir en échappée et de batailler pour la victoire ».

« Les garçons ont compris le message », Philippe Mauduit

« C’était une belle journée pour l’équipe et pour Attila, complétait Philippe. Il a été récompensé par ce maillot de meilleur jeune, et c’est toujours bien pour un gamin de 22 ans de monter sur un podium de Grand Tour. Ça ouvre le champ des possibles, même s’il faut garder les pieds sur terre. Aussi bien l’échappée de Lars hier que celle d’Attila aujourd’hui montrent que les garçons ont compris le message et ont saisi pourquoi on est ici. Ils vont commencer à réaliser qu’il y a de réelles chances d’aller gagner des étapes en étant incisif et en passant à l’attaque. C’est plutôt bien dans cette optique. Avec Attila, on ne va pas tirer des plans sur la comète. Il faut qu’il savoure l’opportunité de porter le maillot aussi longtemps qu’il le pourra. On verra jour après jour, sans pression. Demain, on essaiera de vivre l’étape comme une journée de transition, en espérant que la météo ne soit pas trop mauvaise afin que les gars puissent récupérer des deux journées difficiles qu’ils viennent de faire Ensuite, on se relancera dans la bataille ».