Les Grands Prix cyclistes de Québec et de Montréal fêtaient cette année leur quinzième édition, et c’est comme de coutume dans la plus francophone des villes canadiennes que se tenait le premier round, vendredi. Sur les rives du fleuve Saint-Laurent, le peloton s’attaquait à un circuit quasiment similaire à celui de l’an passé, alors remodelé et dont la Côte de la Montagne (600m à 9%) constituait l’unique difficulté, à couvrir néanmoins vingt fois. « Depuis que le circuit a été raccourci, la dynamique de la course est différente et nettement plus difficile », exposait ainsi Yvon Caër. Ce nouveau cru n’a pas échappé à cette tendance, puisque les hostilités ont démarré de bonne heure et la Groupama-FDJ United n’a pu réellement trouver sa place. « La dynamique de la course nous a mis en difficulté et on n’avait pas les coureurs capables de suivre les gros coups, reprenait Yvon. Clément et Ewen étaient dans une très mauvaise journée, et c’était un poil trop difficile pour Thibaud. On n’était pas au niveau. On a donc toujours été en retard et à contre-temps ». Cela s’est notamment manifesté lorsque les cadors ont surgi à quarante kilomètres de l’arrivée. 

« Quand Evenepoel est rentré devant, on a failli rectifier le tir aussi, mais il en a manqué à Clément et Quentin, et on a été mis hors jeu assez vite, complétait Yvon. Ça a été intense très tôt, et puisqu’on était en retrait physiquement, on a simplement subi ». La Groupama-FDJ United n’a donc pu lutter dans la dernière heure de course, et c’est naturellement revancharde qu’elle s’est présenté à Montréal, ce dimanche, sur un circuit plus ardu avec la fameuse côte de Camillien-Houde (2km à 7%). « On a montré un visage complètement différent, se félicitait Yvon. On s’est remis en question par rapport à notre échec à Québec, les mecs étaient vraiment vexés de leur prestation, et on a couru nettement plus haut dans le peloton, y compris dans la partie plus atone de la course. On était bien plus engagé et on a vite compris que Clément [Braz Afonso] était notre meilleure carte. Il a été très bien aiguillé par Ewen, qui a tout de suite dit qu’il n’avait pas de bonnes jambes et qui a travaillé tôt. Ensuite, Johan, Thibaud et Quentin ont fait du bon boulot pour mettre Clément dans de bonnes dispositions ». À un peu plus de trois tours du terme, la formation tricolore était donc bien présente dans un peloton diminué, en chasse derrière les premiers coups d’anticipation. 

Malheureusement, les évènements ont pris une tournure regrettable quand, à environ quarante kilomètres du terme, Clément Braz Afonso a été victime d’une lourde chute alors que la grande bagarre était sur le point d’éclater. Touché, le jeune Lotois est malgré tout parvenu à se relever et à repartir, puis s’est engagé dans une mission contre-la-montre. « Je tire un grand coup de chapeau à Clément d’une part, pour s’être relevé et remis dans la dynamique, mais aussi à Quentin et surtout Thibaud qui se sont mobilisés pour le remettre dans le match, soulignait Yvon. Avant sa chute, je voyais sincèrement Clément capable d’aller chercher un top 15. C’est devenu compliqué après la chute, mais j’ai senti des mecs qui ne voulaient rien lâcher. On s’est donné les moyens de revenir dans le jeu, et c’est une preuve de combativité et de volonté. On peut saluer leur état d’esprit de ce point de vue. Ils n’ont jamais abdiqué et c’est tout à leur honneur. J’ai vu des guerriers ». Alors, pendant que la bataille entre les favoris battait son plein en tête, Clément Braz Afonso parvenait à faire son retour dans le « peloton » grâce à un dernier relais de Thibaud Gruel, au terme d’un tour complet de poursuite. À peine revenu, il a dû s’employer pour suivre des accélérations dans la côte de Camillien-Houde, et il s’est arraché pour intégrer le troisième échelon de course avant l’ultime tour de circuit. Une place parmi les quinze premiers semblait alors envisageable. 

« Malheureusement, il est tombé à nouveau à six kilomètres de l’arrivée, dans la dernière petite bosse, à cause d’un coureur qui a chuté devant lui et qui l’a balayé, regrettait Yvon. Il s’est fait éjecter du groupe dans lequel il était et qui est arrivé pour la quinzième place ». Suite à cet ultime coup du sort, Clément Braz Afonso a par conséquent dû se contenter de la vingt-quatrième position à l’arrivée, à deux minutes du vainqueur Isaac del Toro. Le périple canadien n’aura donc pas souri à la Groupama-FDJ United cette année. « De ce week-end, je retiens la déception de Québec, où on n’a pas été au niveau, mais aussi une vraie réaction à Montréal, où on était à notre place et capable d’amener notre meilleur élément à la lutte pour le top 15, concluait Yvon. On finit sur une bonne note, physiquement et dans l’attitude, mais la réussite n’était en revanche pas de notre côté ».

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