Les deux premières étapes de montagne de la Vuelta ont rendu leur verdict ces derniers jours, et Clément Berthet s’avère être totalement dans l’allure. Seizième en Andorre malgré une crevaison, le grimpeur franc-comtois s’est flanqué d’une très solide neuvième place jeudi à Castelló, et siège désormais au treizième rang du classement général. Guillaume Martin-Guyonnet figure lui au seizième rang, tandis que Bastien Tronchon a manqué de peu le top 10 (12e), mercredi, à l’occasion d’un sprint semi-massif.
Au lendemain d’une première explication au sommet avortée à Font-Romeu, en raison d’une forte averse de grêle, les prétendants au classement général disposaient mardi d’un terrain parfait, et d’une météo idéale, pour s’expliquer dans la principauté d’Andorre. Plus de 3000 mètres de dénivelé étaient à arpenter sur une étape explosive de tout juste 105 kilomètres, et les hostilités ont commencé dès le long Port d’Envalira, où le peloton s’est considérablement réduit. Clément Berthet et Guillaume Martin-Guyonnet sont parvenus à accrocher le bon wagon, mais dès la Colla de Beixalis, à cinquante bornes du terme, Tadej Pogacar s’est envolé pour un numéro solitaire. « On connaissait le scénario d’avance et ça a été assez limpide, coupait Benoît Vaugrenard. Guillaume et Clément se sont bien battus, mais Clément n’a pas eu de chance puisqu’il a crevé dans l’avant-dernière montée, le Coll d’Ordino. Sans cela, il aurait sans doute terminé autour de la douzième place. C’est dommage d’avoir perdu du temps de cette manière, mais c’est un fait de course. C’est le petit point noir de cette étape d’Andorre, car pour le reste, il a montré qu’il était dans de bonnes dispositions ». Après moins de trois heures de course, le Jurassien a coupé la ligne d’arrivée en seizième position, à 6’29 du vainqueur et maillot rouge slovène, et se replaçait au seizième rang du général.
« Bastien manquait un petit peu de confiance », Benoît Vaugrenard
Mercredi, le classement général n’était pas censé évoluer dans une étape promise aux puncheurs-sprinteurs, mais aussi fallait-il prendre garde lors d’un point stratégique à la mi-course. « Il y avait une grosse portion de dix kilomètres avec un vent 3/4 dos, et tout le monde en avait peur, restituait Benoît. Les échappés ont été neutralisés, et c’était extrêmement nerveux, comme on s’y attendait ». Le peloton ne s’est toutefois pas scindé, et il s’est présenté quasiment au complet avant d’enchaîner plusieurs difficultés de soixante à trente kilomètres du but. « On savait que ça allait s’écrémer dans la dernière bosse, mais Bastien était très bien placé et on misait sur lui pour le sprint », ajoutait Benoît. Malgré quelques offensives dans le final, un paquet d’environ cent unités s’est bel et bien présenté pour un emballage quasiment massif, et Bastien Tronchon a hérité de la douzième place du jour. « Il était bien placé à 1,7 km, comme on l’avait prévu, mais il s’est fait un peu déborder avant le dernier virage à 300 mètres, disait Benoît. C’est dommage car je pense qu’il avait largement le top 10 dans les jambes. C’était un sprint qui se jouait beaucoup au placement, et il lui manquait un petit peu de confiance pour être plus haut dans la file. Il marche très bien, mais cela fait un moment qu’il n’a pas joué les premières places en raison de ses blessures ».
Au sortir de cette parenthèse catalane, le peloton entrait ce jeudi dans la communauté valencienne avec une sixième étape très escarpée, dont le final incluait l’ascension du Puerto El Bartolo (9,5 km à 7%), qui comprenait une portion gravel très abrupte. « On savait qu’il y avait une possibilité pour l’échappée aujourd’hui, mais on sait aussi que c’est UAE qui a les cartes en main, relatait Benoît. Au final, ça n’a jamais débranché. L’échappée est partie après soixante-quinze kilomètres, mais UAE a immédiatement roulé et ça ne nous dérangeait pas tant que ça, puisque nous n’avions personne devant ». Bien que très active pendant les deux premières heures de course, la Groupama-FDJ United a manqué le bon wagon, qui n’a toutefois pu se forger un avantage suffisamment important avant l’ultime ascension. « C’était une journée très difficile et tout le monde est arrivé déjà bien entamé au pied de la dernière bosse », témoignait Clément Berthet, qui a pourtant brillamment répondu présent. S’il n’a logiquement pu accompagner Tadej Pogacar et ses principaux rivaux, il s’est en revanche fendu d’une belle ascension pour franchir le sommet aux côtés de Mattias Skjelmose, Oscar Onley ou encore Sepp Kuss. « Je suis plutôt content de la manière dont j’ai géré mon effort, disait-il. Je suis resté dans les roues dans la partie roulante et j’ai géré au mieux la partie gravel. Je me suis retrouvé dans un petit groupe et on a réussi à s’entendre jusqu’à l’arrivée ».
« Clément a été vraiment épatant », Benoît Vaugrenard
À l’issue d’une descente technique et de dix kilomètres de plat, Clément Berthet s’est finalement offert son premier top 10 sur cette Vuelta, arrachant la neuvième place à 1’38 du maillot rouge. « J’ai réussi à faire un sprint correct et je suis assez content de mon étape, confiait-il. C’est de bon augure pour la suite ». « Clément a été vraiment épatant, saluait Benoît. Terminer neuvième d’une belle étape comme celle-ci, c’est non seulement bien, mais c’est aussi encourageant pour lui et pour l’équipe. Cela présage de bonnes choses pour la suite, mais on va continuer à avancer tranquillement ». Ce jeudi soir, Clément Berthet occupe la treizième place du général, Guillaume Martin-Guyonnet apparaît lui en seizième position, mais un nouveau rendez-vous au sommet se profile dès vendredi avec l’arrivée à Aramón Valdelinares (10 km à 6%). « Ce pourrait enfin être une journée pour l’échappée », glissait également Benoît en guise de conclusion.